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Cours en ligne Maths en Maths Sup

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Corrigés: Raisonnement et récurrence

Résumé de cours Exercices Corrigés

Cours en ligne de Maths en Maths Sup

Corrigés- raisonnements et récurrence MPSI, PCSI

1. 1. Manipulation des assertions et quantificateurs

Exercice 1
Soit f une fonction de \mathbb{R} dans \mathbb{R}.
Traduire en termes de quantificateurs les phrases suivantes :

1/ f est majorée.

Corrigé : 

f est majorée ssi
\quad \exists\, M \in \mathbb{R}\,, \, \forall \, x \in \mathbb{R},\, f(x) \leq M.

2/ f n’est pas minorée

Corrigé :

\ast On écrit d’abord « f est minorée  » :
\exists \, m \in \mathbb{R}\, \, , \forall \, x \in \mathbb{R} , \, f(x) \geq m
\ast donc on obtient par négation :
f n’est pas minorée ssi
\forall \,m \in \mathbb{R},\, \exists \, x \in \, \mathbb{R} \,, \, f(x) < m.

3/ f est bornée.

Corrigé : 

f est bornée ssi
\exists \, M \in \mathbb{R}^{+}, \, \forall\, x \in \mathbb{R}\, , \, \vert f(x) \vert \leq M.
👍 On retiendra que cetet écriture est plus simple et plus maniable que l’écriture
\exists \, (m ,\, M) \in \mathbb{R}^2, \, \forall \, x \in \mathbb{R}, \, m \leq f(x) \leq M.
4/ f n’est ni paire ni impaire

Corrigé : 

\ast f paire se traduit par \forall \, x \in \mathbb{R} , \, f(x) = f( - x).

\ast f impaire se traduit par \forall \, x \in \mathbb{R} , \, f(x) = - f( - x).

\ast f n’est ni paire ni impaire se traduit par
\exists \, x \in \mathbb{R} \,, \, \vert f(x) \vert \neq \vert f(- x) \vert.

👍 cette affirmation est équivalente et plus concise que
il existe x \in \mathbb{R } tel que f(x) \neq f( - x)
ou
il existe x \in \mathbb{R} tel que f(x) \neq - f(-x).

5/ f ne s’annule jamais

Corrigé :

f ne s’annule jamais se traduit par \forall\, x \in \mathbb{R}, \, f(x) \neq 0.

6/ f est périodique

Corrigé : 

f est périodique se traduit par \exists\,  T \in \mathbb{R}^*, \forall\, x \in \mathbb{R}, f(x + T) = f(x).

7/ f est croissante

Corrigé : 

f est croissante se traduit par
\forall\, (x , y) \in \mathbb{R}^3,  (x < y \Rightarrow f(x) \leq f(y)).

8/  f est strictement décroissante

Corrigé : 

f est strictement décroissante se traduit par
\forall\, (x , y) \in \mathbb{R}^3, (x < y \Rightarrow f(x) >f(y)).

9/ f n’est pas monotone

Corrigé : 

f n’est pas monotone se traduit par
\exists\,  (x , y , z) \in \mathbb{R}^3, x < y < z, \quad (f(y) - f(x))(f(z) - f(y)) < 0
ce qui traduit le fait que f(y) - f(x) et f(z) - f(y) ne sont pas de même signe.
On peut aussi écrire
\exists \,(x , y , z) \in \mathbb{R}^3, x < y < z, \quad (f(y) - f(x))(f(z) - f(x)) < 0.

10/ f n’ est pas la fonction nulle

Corrigé :

f n’ est pas la fonction nulle se traduit par \exists \, a \in \mathbb{R}, \, f(a) \neq 0.

11/ f ne prend pas deux fois la même valeur

Corrigé : 

f ne prend pas deux fois la même valeur
se traduit par :
si (x , y) \in \mathbb{R}^2, \, (x \neq y \Rightarrow f(x) \neq f(y)).

👍 On dit que f est injective.

12/ f atteint toutes les valeurs de \mathbb{N}.

Corrigé : 

f prend toutes les valeurs de \mathbb{N} se traduit par
\forall \, n \in \mathbb{N},\, \exists \, x \in \mathbb{R},\,  f(x) = n.

 

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Exercice 2
Si A est une partie non vide de \mathbb{N}, traduire en français les propriétés suivantes :
Question 1
\forall\, (a , \, b) \in A ^2, \vert a - b \vert \neq 1.

Corrigé : 

A ne contient pas deux éléments consécutifs.

Question 2
A est une partie non vide de \mathbb{N} vérifiant \forall \, n \in A , \, n + 1 \in A.

Corrigé : 

Si n \in A, le suivant est dans A (ainsi que tous les entiers supérieurs à n).
Alors si a est le plus petit élément de A, A = \{ a + n , n \in \mathbb{N }\}.

(on admet que toute partie non vide de \mathbb{N} possède un plus petit élément).

Exercice 3
Que dire de f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} vérifiant
a) \forall\, x \in \mathbb{R}, \exists \, y \in \mathbb{R} , y = f(x)
b) \exists \, y \in \mathbb{R}, \, \forall \, x \in \mathbb{R}, \, y = f(x)  ?

Corrigé : 

On ne peut rien déduire de l’affirmation a puisque toute fonction f vérifie cette condition avec y = f(x).

Si f vérifie b), f est constante.

Exercice 4
Quelles sont les fonctions f : \mathbb{R} \to \mathbb{R} vérifiant
a) \exists \, a \in \mathbb{R},  \exists\, b \in \mathbb{R}, \quad \quad  \forall\, x \in \mathbb{R}, \,f(x) = a\,x + b
b) \forall\, x \in \mathbb{R}, \quad  \exists \, a \in \mathbb{R}, \exists\,  b \in \mathbb{R}, \, f(x) = a\, x + b

Corrigé : 

Les fonctions f vérifiant la condtion a) sont les fonctions affines.
Toute fonction f vérifie la condition b)
il suffit de prendre a = 0 et b = f(x).

Exercice 5
Soit n \in \mathbb{N}, n \geq 2 et
Traduire avec des quantificateurs
a) x _ 1\, , \, x_2 \, , \, \cdots \, , \, x_n sont n réels non nuls.
b) x _ 1\, , \, x_2 \, , \, \cdots \, , \, x_n sont n réels non tous nuls
c) (x _ 1\, , \, x_2 \, , \, \cdots \, , \, x_n ) est une famille de réels contenant au moins un 0
d) (x _ 1\, , \, x_2 \, , \, \cdots \, , \, x_n) est une famille de réels contenant un seul 0.

Corrigé : 

a) \forall \, k \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_k \in \mathbb{R}^*.

b) \forall \, k \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_k \in \mathbb{R}
et \exists\,  p \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_p \in \mathbb{R}^*.

c) \forall \, k \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_k \in \mathbb{R}
et \exists\, p \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_p = 0
ou
\forall \, k \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_k \in \mathbb{R}  et \displaystyle \prod_{k= 1} ^n x_k = 0.

d) \forall \, k \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_k \in \mathbb{R}
et \exists\,! \, p \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_p = 0\,.
ou
\forall \, k \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_k \in \mathbb{R}, \exists \, p \in [\![1 ,\, n]\!], \, x_p = 0
et \displaystyle \prod_{1 \leq k\leq n, k \neq p} x_k = 0.

Exercice 6
Traduire avec des quantificateurs :
Question 1
Certains réels sont strictement supérieurs à leur carré

Corrigé : 

\exists \, x \in \mathbb{R}, \, x > x ^2.
(c’est le cas pour les réels vérifiant x( 1 - x) > 0 soit les réels de ]0 \,, \, 1 [ ).

Question 2
Étant donnés trois réels non nuls, il y en a au moins deux de même signe

Corrigé : 

Il est plus simple de définir les trois réels par la même lettre x indexée.
Soient (x_1\, ,\, x_2 \, ,\, x_3 )\in (\mathbb{R}^*) ^3,
\exists \, (i , j ) \in \{1, 2 , 3\}^2, i \neq j, x_i \, x_j > 0.

Exercice 7 
Soient P et Q deux propriétés définies sur un ensemble E.
Les assertions
a) (\exists\,  x \in E ,\, P(x) et Q(x))
b) (\exists \, x \in E ,\, P(x)) et (\exists \, x \in E ,\,Q(x))
sont-elles équivalentes ?

Corrigé : 

Prendre E = \mathbb{N}, P « être pair »  et Q « être impair « .
L’affirmation
(\exists \, x \in E ,\, P(x)) et (\exists \,x \in E ,\,Q(x))
est vraie.
Par contre l’affirmation
\quad (\exists \, x \in E ,\, P(x) et Q(x))
est fausse car aucun entier n’est à la fois pair et impair.

Les propriétés a) et b) ne sont pas équivalentes. Mais la première propriété implique la deuxième.

 

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2. Raisonnement par récurrence en maths sup

Exercice 1 
Montrer que si n  \in \mathbb{N }, 3 divise 2 ^{2 n} - 1.

Corrigé : 

On établit le résultat par récurrence sur n. On note :
\quad si n \in \mathbb{N}, H _n : 3  divise    2 ^{2 n} - 1.

\bullet H_0 est vraie car 2 ^{2 n} - 1 = 1 - 1 = 0 est divisible par 3.

\bullet On suppose que H_n est vraie
2 ^{2 n + 2} - 1 = 4 . 2^{2 n } - 1 2 ^{2 n + 2} - 1 = 4 \left ( 2 ^{2 n} - 1 \right ) + 3
En utilisant H_n\,, il existe p \in \mathbb{N} tel que 2 ^{2 n } -1 = 3 \, p, on a donc prouvé que
2 ^{2 n + 2} - 1 = 3 (p + 1) est divisible par 3.
H_{n + 1} est vraie.

\bullet La propriété est établie par récurrence.

Exercice 2
u_ 0 = 0 et si n \in \mathbb{N}, u_{n + 1} = \displaystyle \frac 1 {2 - u_n}.
Conjecturer la valeur de u_n et le démontrer

Corrigé : 

u_1 = \displaystyle \frac 1 2 , u_2 =\displaystyle \frac 2 3 , u_3 = \displaystyle \frac 3 4 et u_4 = \displaystyle\frac 4 5
Ce qui doit suffire pour conjecturer !

Si n \in \mathbb{N}, on note H_n \, : u_n = \displaystyle \frac {n } {n + 1}.

\ast H_0 est vraie.
\ast On suppose que H_n est vraie
u_{n + 1} = \displaystyle \frac 1 {2 - u_n} = \frac {n + 1} {2(n + 1) - n }
u_{n + 1} = \displaystyle \frac {n + 1} {n + 2} ce qui prouve H_{n + 1}\,.

\ast La propriété est démontrée par récurrence sur n.

Exercice 3
Soit n \in \mathbb{N}^*.
Si f est croissante de [\![1 ,\, n]\!] dans [\![1, \, n]\!] il existe k \in [\![1 ,\, n]\!] tel que f(k) = k.

Corrigé : 

Si n \in \mathbb{N }^*, on note H_n : Si f est croissante de [\![1 \, , \, n]\!] dans [\![1 \,, \,  n]\!], il existe k \in [\![1 \, n]\!] tel que f(k) = k.

\bullet Pour n = 1, f est une fonction croissante de \{1\} dans lui même, donc f(1) = 1 et H_1 est prouvée.

\bullet On suppose que H_n est vraie.
Soit f croissante de [\![1 \, , \, n + 1 ]\!] dans [\![1 \,, \,  n + 1 ]\!].
\ast Si f( n + 1) = n + 1, le résultat est établi avec k = n + 1.
\ast Si f(n + 1) < n, f(n) \leq f(n + 1) \leq n.
La restriction g de f à [\![1\, , \, n ]\!] est une fonction croissante de [\![1 \, , \, n ]\!] dans lui-même, donc d’après H_n , il existe k \in [\![1 \,, \,  n ]\!] tel que g(k) = k, donc f(k) = k avec k \in [\![1 \, , \, n ]\!].

Par disjonction des cas, on a établi H_{n + 1}\,.

\bullet La propriété est démontrée par récurrence.

Exercice 4
Si x est un réel non nul tel que x + \displaystyle \frac 1 x  \in \mathbb{Z},  alors x ^n + \displaystyle \frac 1 {x^n} \in \mathbb{Z}.

Corrigé : 

On suppose que x est un réel non nul tel que x + \displaystyle \frac 1 x \in \mathbb{Z} et si n \in \mathbb{N}, on note  H_n : x ^n + \displaystyle \frac 1 {x^n} \in \mathbb{Z} et x ^{n + 1} + \displaystyle \frac 1 {x^{n + 1}}\in \mathbb{Z}.
\ast H_0 est vérifiée car : x ^0 + \displaystyle \frac 1 {x^0} = 2 \in \mathbb{Z} et x ^1 + \displaystyle \frac 1 {x^1} \in \mathbb{Z}.

\ast On suppose que H_n est vraie.
On note y_k = \displaystyle x^k + \frac {1} {x ^k}\,.
\displaystyle x ^{n + 2}+  \displaystyle \frac 1 {x^{n + 2}} \; = \displaystyle  \left ( x ^{n + 1} + \displaystyle \frac 1 {x^{n + 1}} \right ) \left ( x + \frac 1 x \right ) -\frac 1 {x ^{n }} - x^{n}
soit y_{n + 2} = y_{n + 1} \, y_1 - y _ n
comme y_{n + 1} \,,\, y _ n \; ,\;  y_1 sont dans \mathbb{Z}, y_{n + 1} \in \mathbb{Z}.
H_{n + 1} est vraie.

\ast La propriété est démontrée par récurrence.

Exercice 5
Tout entier n \geq 1 peut s’écrire comme somme de puissances de 2 toutes distinctes.

Corrigé : 

On va procéder par récurrence forte sur n.
Si n \in \mathbb{N}^*, on note H_n : pour tout entier k tel que 1 \leq k \leq n, k est somme de puissances de 2 toutes distinctes.

\bullet H_1 est vraie car 1 = 2 ^0.

\bullet Soit n\geq 1 tel que H_n soit vraie.
\ast Si n+1 est pair, alors n +1 = 2\, m avec 1 \leq m \leq n car 2 \leq n + 1, m s’écrit comme somme de puissances de 2 toutes distinctes,
\quad \quad \quad m = 2^{p_1} + \cdots \,+ \, 2 ^{p _ r}
avec p_1 < \cdots \, < p_r
donc n + 1 = 2^{p_1 + 1 } + \cdots \,+ \, 2 ^{p _ r + 1} est la somme de puissances de 2 toutes distinctes.

\ast Si n + 1 est impair, alors n= 2 \, m avec 1 \leq m \leq n, m s’écrit comme somme de puissances de 2
\quad \quad \quad m = 2^{p_1} + \cdots \,+ \, 2 ^{p _ r}
avec p_1 < \cdots \, < p_r\,,
2 \, m = 2^{p_1 + 1 } + \cdots \,+ \, 2 ^{p _ r + 1}
et n + 1 = 2 ^0 + 2^{p_1 + 1 } + \cdots \,+ \, 2 ^{p _ r + 1} est la somme de puissances de 2, 2 à 2 distinctes.
On a prouvé que H_{n + 1} est vraie.

\bullet La propriété est démontrée par récurrence.

Exercice 6
Trouver l’erreur dans le raisonnement par récurrence suivant.

Soit si n \in \mathbb{N}^*,  H_n  » dans toute partie de n entiers, tous les éléments ont même parité.  »
\ast H_1 est vraie de façon évidente.
\ast Soit n tel que H_n soit vraie.
Soit A une partie de n + 1 entiers que l’on range par ordre strictement croissant.
On note A_1 (resp A_2) la partie de A formée des n plus petits (resp. n plus grands) éléments de A.
D’après l’hypothèse H_n , les éléments de A_1 ont même parité ainsi que les éléments de A_2\,.
Or l’entier x numéro n est à la fois dans A_1 et A_2 , donc les éléments de A_1 et de A_2 ont la parité de x, donc tous les éléments de A ont même parité.
\ast Par récurrence, toute partie finie non vide de \mathbb {N} est formée d’éléments de même parité.

Corrigé :

La propriété est fausse car si n = 1, les ensembles A_1 et A_2 n’ont pas d’élément commun, ce n’est que pour n \geq 2, que l’on peut dire que le n -ième élément est à la fois dans A_1 et A _ 2\,.

Exercice 7
Soit pour n \in \mathbb{N},  H_n : 5 divise 6 ^n + 1
Question 1
La propriété H est héréditaire.

Corrigé : 

On suppose que H_n est vraie.
6 ^{n + 1} + 1 = 6 \,.  6 ^n + 1 6 ^{n + 1} + 1 = 6( 6^n + 1) - 6 + 1
comme 6 ^n + 1 = 5 \, N où N \in \mathbb{N},
6 ^{n + 1} + 1 = 30 \, N + 5 = 5 (6 \, N + 1) est divisible par 5.

La propriété H est héréditaire.

Question 2
H_n est vraie pour tout n \in \mathbb{N}.

Corrigé : 

Pour n = 0, 5 ne divise pas 6^0 + 1 = 2.
On peut démontrer que 5 ne divise jamais 6 ^n +1.
On démontre que le chiffre des unités de 6^n + 1 est 7 lorsque n \geq 1.
Si n \geq 1, on note H_n : il existe N \in \mathbb{N} tel que 6^n + 1 = 10\, N + 7.
H_1 est vraie car 6 ^1 + 1 = 7
On suppose que H_n est vraie, on écrit qu’il existe N \in \mathbb{N} tel que 6^n + 1 = 10\, N + 7 \Rightarrow 6 ^n = 10\, N + 6
6 ^{n + 1} + 1 = 6 . 6 ^n + 1 = 6(10 \, N + 6) + 1 6 ^{n + 1} + 1 = 10 \,(6\, N + 3 ) + 7.

Par récurrence, le chiffre des unités de 6 ^n + 1 est toujours un 7 ; donc 6 ^n + 1 n’est pas divisible par 5 pour tout n \geq 1.

⚠️ Il est important de ne pas oublier de vérifier correctement l’initialisation de la récurrence !

Exercice 8
Soit \forall \, n \in \mathbb{N}^* ,\, u_{n + 1} = u_{n } - u_{n - 1}
et u_0 = 0.
On note si n \in \mathbb{N}^*,
\quad \quad H_n : \forall \, k \in [\![0 , n]\!], \, u_k \in \mathbb{Q}.
Question 1
H est héréditaire.

Corrigé : 

On suppose que H_n est vraie avec n \geq 1, alors u_n et u_{n - 1} sont des rationnels, donc u_{n + 1} est rationnel par somme de rationnels.

Question 2
Si u_0 = 0, on a prouvé par récurrence forte que u_n est rationnel pour tout n \in \mathbb{N}

Corrigé : 

En choisissant u_1 = \sqrt{2} , il est alors évident que u_1 n’est pas rationnel.
Comme H_1 est fausse, la propriété n’est pas vraie par récurrence.

Conclusion 
⚠️ Il est conseillé pour ne pas se faire piéger par une telle erreur, de démontrer la propriété par récurrence double et non par récurrence forte (ce qui risque l’oubli de la vérification de  la propriété pour n = 1).

 

3. Sur la suite de Fibonacci en maths sup

On considère la suite (u_n)_n (suite de Fibonacci) définie par u_0=u_1=1 et, pour tout n\in \mathbb{N},\, u_{n+2}=u_n+u_{n+1}\,.
Question 1
La suite (u_n)_n vérifie :
\quad \quad \forall\, n\in \mathbb{N}^* ,\, n \geq 2, \, u_n \geq n - 1.

Corrigé : 

Si n \in \mathbb{N} et n \geq 2, on note \quad H_n : u_n \geq n, \, u_{n + 1} \geq n -1.
u_0 = 0, u_1 = u _ 2 = 1 , u_3 = 2.
\bullet u_2 = 1 \geq 2 - 1 et u_3 = 2 \geq 3 - 1, donc H_2 est vraie.

\bullet On suppose que H_n est vraie où n \in \mathbb{N} est fixé et vérifie n \geq 2.
u_{n + 2} = u_{n } + u_{n + 1} \geq (n - 1) + n
puis (2\, n - 1) - (n + 1) = n - 2 \geq 0, donc u_{n + 2} \geq 2\, n - 1 \geq n + 1.
On a établi H_{n + 1}\,.

La propriété est démontrée par récurrence sur n.

Question 2
La suite (u_n)_n vérifie :
\; \; \forall\, n\in \mathbb{N}, \, u_n\, u_{n+2} - u_{n + 1} ^2 =(-1)^n.

Corrigé : 

Pour tout n\in \mathbb{N}, on note
H_n : \, u_n\, u_{n+2} - u_{n + 1} ^2 =(-1)^{n + 1}.
et on note v_n = u_n\, u_{n+2} - u_{n + 1} ^2\,.

Dans cette question, il est inutile d’utiliser une hypothèse de récurrence double.
\bullet v_0 = u_0\, u_{2} - u_{1} ^2 = - 1 = (- 1) ^{0 + 1}
donc H_0 est vraie.

\bullet On suppose que H_n est vraie
v_{n + 1} = u_{n + 1} \, u_{n+3} - u_{n + 2} ^2
v_{n + 1} = u_{n + 1} \left ( u_{n+2} + u_{n+1} \right ) - u_{n + 2} ^2
v_{n + 1} = u_{n + 1} ^2 - u_{n+2}\left ( u_{n+2} -u_{n + 1} \right )
v_{n + 1} = u_{n + 1} ^2 - u_{n+2}\, u_{n}
v_{n + 1} = - v_{n} = (-1) ^{n + 2} en utilisant H_n\,.
H_{n + 1} est vraie, donc la propriété est démontrée par récurrence.

Question 3
La suite (u_n)_n vérifie pour tout (p \, , \, q) \in \mathbb{N}^* \times \mathbb{N},
\quad \quad \, u_p \, u_{q + 1} + u_{p - 1} \, u_q = u_{p + q}\,.

Corrigé : 

On fixe p \in \mathbb{N}^* et on utilise une récurrence double sur l’entier q.
Soit si q \in \mathbb{N} , H_q : u_p \, u_{q + 1} + u_{p - 1} \, u_q = u_{p + q}\, et u_p \, u_{q + 2} + u_{p - 1} \, u_{q + 1} = u_{p + q + 1}\,.

\bullet Pour q = 0, (u_0 = 0, u_1 = 1)
\ast u_p \, u_{q + 1} + u_{p - 1} \, u_q = u_p = u_{p + 0}\,
\ast u_p \, u_{q + 2} + u_{p - 1} \, u_{q + 1} = u_p + u_{p - 1}
u_p \, u_{q + 2} + u_{p - 1} \, u_{q + 1} = u_{p + 1}
u_p \, u_{q + 2} + u_{p - 1} \, u_{q + 1} = u_{p + q + 1}
donc H_0 est vraie.

\bullet On suppose que H_q est vraie.
Par somme des relations :
u_p \, u_{q + 1} + u_{p - 1} \, u_q = u_{p + q}\, et u_p \, u_{q + 2} + u_{p - 1} \, u_{q + 1} = u_{p + q + 1}\,,
on obtient
u_p ( u_{q + 1} + u_{q + 2}) + u_{p - 1} \,( u_q + u_{q + 1}) \quad \quad \quad  = u_{p + q} + u_{p + q + 1}\,
ce qui donne
u_p \, u_{q + 3} + u_{p - 1} \, u_{q + 2} = u_{p + q + 2}\,.
On a prouvé H_{q + 1}.

La propriété est démontrée par récurrence.

Question 4 
On note \varphi = \displaystyle \frac {1 + \sqrt{5}} 2 et \varphi ' = \displaystyle \frac {1 - \sqrt{5}} 2.
\forall\, n \in \mathbb{N}, \,\displaystyle u_n = \frac 1 {\sqrt{5}} \left ( \varphi ^n - {\varphi'}^n \right ).

Corrigé : 

On note \varphi = \displaystyle \frac {1 + \sqrt{5}} 2 et \varphi ' = \displaystyle \frac {1 -  \sqrt{5}} 2
\forall\, n \in \mathbb{N}, soit H_n : \displaystyle u_n = \frac 1 {\sqrt{5}} \left ( \varphi ^n - {\varphi'}^n \right )
et \displaystyle u_{n + 1} = \frac 1 {\sqrt{5}} \left ( \varphi ^{n + 1} - {\varphi'}^{n + 1} \right ).

\bullet Pour n = 0
\displaystyle \frac 1 {\sqrt{5}} \left ( \varphi ^0 - {\varphi'}^0 \right ) = 0 = u_0
\displaystyle \frac 1 {\sqrt{5}} \left ( \varphi - {\varphi'} \right ) = \frac 1 {\sqrt{5}} \, \sqrt{5} = 1 = u_1 \,.
On a prouvé que H_0 est vraie.

\bullet On suppose que H_n est vraie.
En utilisant la somme des deux relations

u_{n + 2} = u_{n} + u_{n + 1}
\sqrt{5}\; u_{n + 2} = \varphi ^n + \varphi ^{n + 1} -{\varphi'}^{n } - {\varphi'}^{n + 1}
Puis
\ast \varphi ^n + \varphi ^{n + 1} = \varphi ^n(1 + \varphi )
1 + \varphi = \displaystyle \frac {3 + \sqrt{5}} 2 =\frac {6 + 2\sqrt{5}} 4  = \varphi ^2
donc \varphi ^n + \varphi ^{n + 1} = \varphi ^{n + 2}.

\ast {\varphi'} ^n +{\varphi'}^{n + 1} = {\varphi'} ^n(1 + {\varphi'} )
1 + {\varphi'} = \displaystyle \frac {3 - \sqrt{5}} 2 =\frac {6 - 2\sqrt{5}} 4  = {\varphi '}^2
{\varphi'} ^n +{\varphi'}^{n + 1} = {\varphi'}^{n + 2}.

On a prouvé que
\quad \quad \sqrt{5}\, u_{n + 2} = \varphi ^{n + 2} -{\varphi'}^{n +2 }.
On a donc établi H_{n + 1}\,.

La propriété est établie par récurrence.

 

4. Autres types de raisonnements

Exercice 1
Démontrer que si n est la somme de deux carrés d’entiers, alors le reste de la division euclidienne de n par 4 est toujours différent de 3.

Corrigé : 

On écrit n = a ^2 + b ^2 où (a,\, b) \in \mathbb{N}^2, on raisonne par disjonction des cas.

\bullet a et b sont pairs, soit a = 2\, a' et b = 2 \, b' où (a' , \, b') \in \mathbb{N}^2.
n = 4 ({a'}^2 + {b'}^2).
Le reste de la division de n par 4 est nul.

\bullet L’un est pair et l’autre impair.
Par symétrie, on peut supposer que a est pair et b est impair et écrire a = 2\,  a', b = 2\,  b' + 1 où (a' ,\, b') \in \mathbb{N}^2.
n = 4 \, {a'} ^2 + 4\, {b'}^2 + 4\, b' + 1 n = 4 \left ( {a'} ^2 + {b'} ^2 + b'\right) + 1.
Le reste de la division de n par 4 est égal à 1.

\bullet a et b sont impairs, soit a = 2\, a' + 1 et b = 2 \, b' + 1 où (a', \, b') \in \mathbb{N}^2.
n = 4 ({a'}^2 + {b'}^2) + 4 (a' + b') + 2
n = 4 ({a'}^2 + {b'}^2 + a' + b') + 2
Le reste de la division de n par 4 est égal à 2.

Par disjonction des cas, le reste de la division de n par 4 n’est pas égal à 3.

Exercice 2
Pour tout n \in \mathbb{N}, n(n + 1)(2 \, n + 1) est divisible par 6

Corrigé : 

\bullet On remarque que n et n + 1 sont deux entiers consécutifs, l’un est pair et l’autre impair, donc n(n + 1) est pair, alors n (n + 1)(2\, n + 1) est divisible par 2.

\bullet On démontre que N = n(n + 1)(2 n + 1) est divisible par 3
\ast si n = 3 \, p où p \in \mathbb{N}, N est un multiple de n, donc est divisible par 3.

\ast n = 3 \, p + 1 où p \in \mathbb{N},
2 \, n + 1 = 6\, p + 3 est divisible par 3, donc N l’est aussi .

\ast n = 3 \, p + 2 où p \in \mathbb{N},
n + 1 = 3 \,p + 3 est divisible par 3, donc N l’est aussi .

Par disjonction des cas, N est divisible par 3.

N est divisible par 2 et 3, donc divisible par 6.

👍 Aviez vous pensé à démontrer la divisibilité par 2 puis par 3 (ce qui est plus rapide que de démontrer que la propriété est vraie par disjonction de 6 cas) ?

Exercice 3
Si x et y sont réels,
\; \; \max (x , \, y) = \displaystyle \frac 1 2 \left (x + y + \vert x - y \vert \right )
\; \; \min(x ,\, y) = \displaystyle \frac 1 2 \left (x + y - \vert x - y \vert \right ).

Corrigé : 

On raisonne par disjonction des cas :

\bullet Si x \geq y , \vert x - y \vert= x - y
\ast \displaystyle  x + y + \vert x - y \vert  =x + y + x - y  =2\,  x
soit \displaystyle \frac 1 2 \left (x + y + \vert x - y \vert \right ) = x =  \max(x ,\, y).
\ast \displaystyle x + y - \vert x - y \vert =x + y - x + y   =2 \, y
soit \displaystyle \frac 1 2 \left (x + y - \vert x - y \vert \right ) = y = \min(x ,\, y).

\bullet Si x < y , \vert x - y \vert = y - x
\ast \displaystyle x + y + \vert x - y \vert  =x + y + y - x  =2\,  y
soit \displaystyle \frac 1 2 \left (x + y + \vert x - y \vert \right ) = y = \max(x ,\, y).
\ast \displaystyle x + y - \vert x - y \vert = x + y + x - y = 2 \,x
soit \displaystyle \frac 1 2 \left (x + y - \vert x - y \vert \right ) = x = \min(x ,\, y).

On a établi les relations par disjonction des cas.

Exercice 4
Déterminer l’ensemble des fonctions f de \mathbb{N} dans \mathbb{N} telles que \forall\, (m , n) \in \mathbb{N} ^2 , f( m+n ) = f(m) \, f(n).

Corrigé : 

\bullet Analyse
Si f est solution, en prenant m = n = 0
f(0) = f ^2(0) donc f(0) = 0 ou f(0) = 1.
\ast Si f(0) = 0, \forall\, n \in \mathbb{N}, \, f(n ) = f(n + 0) = f(n) \, f(0) = 0 donc f = 0

\ast Si f(0) = 1, \forall\, n \in \mathbb{N}, \, f(n ) = f(n + 0) = f(n) f(0) donc f(n) = 1.
Il y a au plus deux solutions : les fonctions constantes égales à 0 et à 1.

\bullet Synthèse 
\ast Si f : m \mapsto 0,
\forall\, (m , n) \in \mathbb{N} ^2, \quad \quad \quad f( m+n )= 0 = f(m) \, f(n).
\ast Si f : m \mapsto 1,
\forall\, (m , n) \in \mathbb{N} ^2 , \quad \quad \quad f( m+n )= 1 = f(m) \, f(n).

Le problème admet exactement deux solutions.

Exercice 5
Déterminer les fonctions f telles que pour tout réel x, \quad \quad  f(x) + x f(1 - x) = 1 + x

Corrigé : 

On suppose que f est solution, en remplaçant x par 1 - x, pour tout réel x, f(1 - x) + (1 - x) f(x) = 2 - x
relation que l’on multiplie par x
x \, f(1 - x) + x (1 - x) f(x) = 2\, x - x^2
puis en utilisant la définition de f : x f(1 - x) = 1 + x - f(x)
on obtient 1 + x - f(x) + x (1 - x) f(x) = 2\, x - x^2
en réordonnant (1 - x + x^2) \, f(x) = 1 - x + x^2
sachant que pour tout réel x, 1 - x + x^2 \neq 0, on obtient f(x) = 1.

\bullet Synthèse Soit f : x \mapsto 1.
Pour tout réel x, \; \; f(x) + x\,  f(1 - x) = 1 + x. 1 = 1 + x
donc f est solution.

Le problème admet une unique solution, la fonction constante égale à 1.

Exercice 6
Déterminer toutes les fonctions f\, :\, \mathbb{R} \to \mathbb{R} telles que,
\forall\, (x \, , \, y) \in \mathbb{R}^2 , \quad \quad f(x). f(y) - f(x \, y)=x+y.

Corrigé : 

On va raisonner par analyse-synthèse en déterminant des conditions nécessaires sur f qui vérifie cette équation, puis en vérifiant que ces conditions sont suffisantes.

\bullet Analyse : soit f une fonction vérifiant cette condition.
\ast En choisissant x=y=0, on obtient f(0)^2 - f(0)=0, ce qui entraîne f(0)=0 ou f(0)=1.
\ast En choisissant ensuite x=1 et y=0, on a f(1)f(0)- f(0)=1, ce qui interdit f(0)=0. On a donc f(0)=1 (et aussi f(1)=2).
\ast Enfin, fixant y=0, on obtient que pour tout x\in \mathbb{R}, on a f(x)=x+1.
On a donc prouvé que si f est solution de l’équation, alors, pour tout réel x, f(x)=x+1.

\bullet Synthèse : Soit f : x \mapsto x + 1.
Alors, \forall\, (x \, , \, y) \in \mathbb{R}^2 , on a
f(x)\, f(y)=(x+1)(y+1) f(x) \, f(y) = x\, y+x+y+1
et f(x\, y)=x\, y+1
ce qui prouve bien que f est solution de l’équation.

En conclusion, l’équation admet une solution unique : la fonction f donnée par  f : x \mapsto x + 1.

 

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