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Problème I. Matrice, Polynome, Intégrale

Partie I : Étude d’un exemple

1/ La matrice A est triangulaire avec un 0 sur la diagonale donc elle n’est pas inversible. Elle a une colonne nulle et les deux autres ne sont pas proportionnelles donc son rang est 2.

2/ La matrice A est triangulaire donc ses valeurs propres sont les coefficients sur sa diagonale donc le spectre de la matrice A est \{0,2,6\}. Comme elle est dans \hbox{M}_{3}(\mathbb{R}) avec 3 valeurs propres, elle est diagonalisable dans \hbox{M}_{3}(\mathbb{R}) et ses sous-espaces propres sont de dimension 1.

3/ Il est immédiat que A\left(\begin{array}{ccc} 1\\0\\0\end{array}\right)=0\left(\begin{array}{ccc} 1\\0\\0\end{array}\right) donc \left(\begin{array}{ccc} 1\\0\\0\end{array}\right) qui est non nul est un vecteur propre de A associé à 0, il formera la première colonne de P.

Pour trouver un vecteur propre de A associé à 2, on résout A\left(\begin{array}{ccc} a\\b\\c\end{array}\right)=2\left(\begin{array}{ccc} a\\b\\c\end{array}\right) d’inconnues a,b,c dans \mathbb{R}. On obtient le système

    \[\left\{\begin{array}{l} -b=2a\\2b-4c=2b\\6c=2c\end{array}\right. \Longleftrightarrow \left\{\begin{array}{l} b=-2a\\c=0\end{array}\right.\Longleftrightarrow\left(\begin{array}{ccc} a\\b\\c\end{array}\right)=a\left(\begin{array}{ccc} 1\\-2\\0\end{array}\right).\]


Donc \left(\begin{array}{ccc} 1\\-2\\0\end{array}\right) qui est non nul est un vecteur propre de A associé à 2, il formera la deuxième colonne de P.

Pour trouver un vecteur propre de A associé à 6, on résout A\left(\begin{array}{ccc} a\\b\\c\end{array}\right)=6\left(\begin{array}{ccc} a\\b\\c\end{array}\right) d’inconnues a,b,c dans \R. On obtient le système :

    \[\left\{\begin{array}{l} -b=6a\\2b-4c=6b\\6c=6c\end{array}\right. \Longleftrightarrow \left\{\begin{array}{l} b=-6a\\c=-b\end{array}\right.\Longleftrightarrow\left(\begin{array}{ccc} a\\b\\c\end{array}\right)=a\left(\begin{array}{ccc} 1\\-6\\6\end{array}\right).\]


Donc \left(\begin{array}{ccc} 1\\-6\\6\end{array}\right) qui est non nul est un vecteur propre de A associé à 6, il formera la troisième colonne de P.

On pose

    \[\boxed{\text{$P=\left(\begin{array}{ccc} 1&1&1\\0&-2&-6\\0&0&6\end{array}\right)$ et $D=\left(\begin{array}{ccc} 0&0&0\\0&2&0\\0&0&6\end{array}\right)$}}\]

Le cours de maths assure que A=PDP^{-1}.

 

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Partie II : Étude d’un endomorphisme d’un espace de polynômes

4/ Pour tout polynôme P de E, \quad T(P)=(X(X-1)P')', donc T(P) est bien un polynôme comme dérivée d’un polynôme. De plus \hbox{deg}(P)\leqslant n donc \hbox{deg}(P')\leqslant n-1 donc \hbox{deg}(X(X-1)P')\leqslant n+1 car X(X-1) est de degré 2.
Donc \hbox{deg}((X(X-1)P')')\leqslant n donc T(P)\in E.

Montrons que T est linéaire. Soit \alpha \in \mathbb{R}, A\in E, B\in E. On utilise la linéarité de la dérivation ainsi

    \[T( \alpha A+B)=(X(X-1)( \alpha A+B)')'=(X(X-1)( \alpha A'+B'))'=(\alpha X(X-1)A'+X(X-1)B')'\]

    \[=\alpha( X(X-1)A')'+(X(X-1)B')'=\alpha T(A)+T(B).\]

Donc

    \[\boxed{\text{$T\in{\cal L}(E).$ }}\]

5/ On a T(1)=0. Pour k\in[\![1,n]\!],

    \[T(X^k)=(kX(X-1)X^{k-1})'=k(X^{k+1}-X^{k})'=k(k+1)X^k-k^2X^{k-1}.\]

La matrice M de T dans la base {\cal B} est donc triangulaire avec des termes diagonaux de la forme k(k+1) où k\in [\![0,n]\!]. Il y a deux termes non nuls sur chaque colonne sauf sur la première qui est nulle.

    \[M=\left(\begin{array}{ccccccc} 0&-1&\hdots&0&\hdots&\hdots&0\\0&2& \hdots &\hdots &\hdots&\hdots &\hdots\\0&\hdots & \ddots &-k^2 &\hdots&\hdots &\hdots\\0&\hdots & 0 &k(k+1) &\hdots&\hdots &\hdots\\0&\hdots & \hdots &0 &\hdots&\hdots &\hdots\\0&\hdots & \hdots & &\hdots&\hdots &0\\ 0&\hdots & \hdots &\hdots &\hdots&n(n-1) &-n^2\\0&\hdots & \hdots &\hdots &\hdots&0 &n(n+1) \end{array}\right).\]

6/ T n’est pas bijectif car son noyau contient 1. On sait que

\hbox{Im}(T)=\hbox{Vect}(T(1),T(X),...,T(X^n))
= \hbox{Vect}(0,-1+2X,...,k(k+1)X^k-k^2X^{k-1},...,n(n+1)X^n-n^2X^{n-1})
=\hbox{Vect}(-1+2X,...,k(k+1)X^k-k^2X^{k-1},...,n(n+1)X^n-n^2X^{n-1}).

    \[\boxed{\text{$\hbox{Im}(T)=\hbox{Vect}\left(\left(k(k+1)X^k-k^2X^{k-1}\right)_{1\leqslant k\leqslant n}\right).$}}\]

Ainsi la famille (-1+2X,...,k(k+1)X^k-k^2X^{k-1},...,n(n+1)X^n-n^2X^{n-1}) engendre \hbox{Im}(T), elle contient n polynômes non nuls et étagés en degrés donc elle est libre et forme une base de \hbox{Im}(T) qui est donc de rang n.

Le théorème du rang appliqué à T sur E de dimension finie n+1 indique alors que \hbox{Ker}(T) est de dimension 1 donc tout polynôme non nul de \hbox{Ker}(T) forme une base de \hbox{Ker}(T). Or le polynôme 1 est dans ce noyau donc (1) est une base de \hbox{Ker}(T).

Bilan :

    \[\boxed{\text{$\hbox{Ker}(T)$ est l'ensemble des polyn\^omes constants de $E.$}}\]

7/ La matrice M est triangulaire donc son spectre est formé des termes diagonaux c’est-à-dire \{k(k+1)\}_{0\leq k\leq n}. Comme la fonction g: x\mapsto x(x+1) est strictement croissante sur \mathbb{R}^+, elle est injective sur \mathbb{R}^+ donc l’ensemble \{k(k+1)\}_{0\leq k\leq n}=\{g(k)\}_{0\leq k\leq n} contient autant de termes que l’ensemble [\![0,n]\!] c’est-à-dire n+1.

Comme E est de dimension n+1, l’endomorphisme

    \[\boxed{\text{$T$ est diagonalisable.}}\]

Partie III : Équivalent de I\left( x\right) lorsque x tend vers +\infty

8/ Soit (P,Q,A)\in E^3 et \alpha\in\mathbb{R}.

\bullet \varphi(P,Q) existe et est à valeur réelle car c’est l’intégrale d’une fonction continue sur un segment.
\bullet La commutativité du produit dans \mathbb{R} assure que \varphi(P,Q)=\varphi(Q,P).
\bullet la linéarité de l’intégration assure que \varphi(\alpha A +P,Q)=\alpha\varphi(A,Q)+\varphi(P,Q).
\bullet On a \varphi(P,P)=\displaystyle\int_0^1P^2(x)\hbox{d}x\geq 0 car c’est l’intégrale d’une fonction positive avec des bornes dans l’ordre croissant.
\bullet Si P est le polynôme nul, alors \varphi(P,P)=\displaystyle\int_0^10\hbox{d}x= 0.
Réciproquement si \varphi(P,P)=0, alors \displaystyle\int_0^1P^2(x)\hbox{d}x= 0 comme P^2 est une fonction continue, positive et que 0\ne 1 on sait que P^2 est nulle sur [0,1] par stricte positivité de l’intégrale.

Donc P^2(X) a une infinité de racines donc c’est le polynôme nul, de même pour P(X).

Finalement \varphi est une forme bilinéaire symétrique définie positive sur E\times E donc c’est un produit scalaire sur E.

9/ Soit \displaystyle (P,Q)\in E^2, \quad \varphi(T(P),Q)=\int_0^1(X(X-1)P')'(t)Q(t)\hbox{d}t.

On fait une intégration par parties avec : 

u'(t)=(X(X-1)P')'(t), \: v(t)=Q(t), \: u(t)=(X(X-1)P')(t)=t(t-1)P'(t), \: v'(t)=Q'(t).

Les fonctions u,v sont polynomiales donc C^1 sur [0,1]. Ainsi

    \[\varphi(T(P),Q)=\left[t(t-1)P'(t)Q(t)\right]_0^1-\int_0^1t(t-1)P'(t)Q'(t)\hbox{d}t=-\int_0^1x(x-1)P'(x)Q'(x)\hbox{d}x.\]

10/ Vu les rôles symétriques de P' et Q' dans cette dernière expression, il est clair que T est un endomorphisme symétrique de E pour le produit scalaire \varphi.

En effet :

    \[\varphi(T(P),Q)=-\int_0^1x(x-1)P'(x)Q'(x)\hbox{d}x=\varphi(T(Q),P)=\varphi(P,T(Q)).\]

Donc

    \[\boxed{\text{$T$ est diagonalisable}}\]

car symétrique sur un \mathbb{R}-espace vectoriel.

11/ a/ Soit P\in E, \quad \varphi(T(P),P)=\int_0^1x(1-x)(P'(x))^2\hbox{d}x\geqslant 0 car (P'(x))^2 est positif sur [0,1] ainsi que x(1-x), c’est donc l’intégrale d’une fonction positive avec des bornes dans l’ordre croissant.

11/ b/ Soit P de E. On a

    \[\varphi(T(P),P)= 0\Longleftrightarrow \int_0^1x(1-x)(P'(x))^2\hbox{d}x= 0 \Longleftrightarrow \forall x\in[0,1], x(1-x)(P'(x))^2=0\]

car la fonction x\mapsto x(1-x)(P'(x))^2 est continue positive sur [0,1].

Cela équivaut à dire que le polynôme X(1-X)(P'(X))^2 a une infinité de racines c’est-à-dire qu’il est nul c’est-à-dire que P'(X) est le polynôme nul car X(X-1) n’est pas le polynôme nul.

Finalement :

    \[\boxed{\text{$\varphi(T(P),P)= 0$ si et seulement si $P$ est constant.}}\]

Partie IV : Retour sur l’exemple de la partie I 

12/ T(1)=0, T(X)=-1+2X, T(X^2)=-4X+6X^2 donc on obtient la matrice A.

13/ Avec la question 3 de la partie I, on sait que 
\bullet P_0=1 est vecteur propre de T associé à 0
\bullet P_2=1-2X est vecteur propre de T associé à 2
\bullet P_6=1-6X+6X^2 est vecteur propre de T associé à 6
Ces vecteurs propres sont deux à deux orthogonaux car T est symétrique pour \varphi et car les valeurs propres sont deux à deux distinctes.

Ils forment une base de E, il reste à les normer en les divisant par leurs normes respectives. On montre facilement que, pour tout k\in\mathbb{N},\displaystyle\int_0^1x^k\hbox{d}x=\frac{1}{k+1}.
\bullet P_0 est de norme 1 car \displaystyle\int_0^11\hbox{d}x=1.
\bullet Par ailleurs :

    \begin{eqnarray*} $$ \varphi(P_2)&=&\displaystyle\int_0^1(1-2x)^2\hbox{d}x \\&=&\int_0^1(1-4x+4x^2)\hbox{d}x \\ &=& 1-4\frac{1}{2}+4\frac13 \\ &=& \frac13.  $$ \end{eqnarray*}

 

Donc \Vert P_2\Vert=\sqrt{\frac13}.

Et

    \begin{eqnarray*} $$ \varphi(P_6) & =&\displaystyle\int_0^1\left(1-6x+6x^2\right)^2\hbox{d}x \\& =&\int_0^1\left(1+36x^2+36x^4-12x+12x^2-72x^3\right)\hbox{d}x \\ & =&\displaystyle\int_0^1\left(1+48x^2+36x^4-12x-72x^3\right)\hbox{d}x \\& =&1+\frac{48}{3}+\frac{36}{5}-\frac{12}{2}-\frac{72}{4} \\ & =&1+16+\frac{36}{5}-6-18=\frac{1}{5} \\ $$ \end{eqnarray*}

 

Donc \Vert P_6\Vert=\sqrt{\frac15}.

Donc on pose

    \[\boxed{\text{${\cal C}=\left(1, \sqrt{3}P_2,\sqrt{5}P_6\right).$}}\]

14/ La matrice de T dans {\cal C} est D=\left(\begin{array}{ccc} 0&0&0\\0&2&0\\0&0&6\end{array}\right).

On pose V\in {\cal L}(E) tel que

    \[\hbox{Mat}_{{\cal C}}(V)=\left(\begin{array}{ccc} 0&0&0\\0&\sqrt{2}&0\\0&0&\sqrt{6}\end{array}\right)\]


ainsi D=\hbox{Mat}_{{\cal C}}(V)^2=\hbox{Mat}_{{\cal C}}(V^2)=\hbox{Mat}_{{\cal C}}(T) donc V\circ V=T.

On utilise le fait que {\cal C} est une base orthonormale de E formées de vecteurs propres de V, on pose {\cal C}=(A_0,A_1,A_2) et P=a_0A_0+a_1A_1+a_2A_2\in E alors

    \begin{eqnarray*} \varphi(V(P),P)&=&\varphi(a_0V(A_0)+a_1V(A_1)+a_2V(A_2),a_0A_0+a_1A_1+a_2A_2) \\& = &\varphi(\sqrt{2}a_1A_1+\sqrt{6}a_2A_2,a_0A_0+a_1A_1+a_2A_2) \\ &=& \sqrt{2}a_1^2\varphi(A_1,A_1)+\sqrt{6}a_2^2\varphi(A_2,A_2)\geqslant 0. \\  \end{eqnarray*}

 

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Problème 2 : Limite d’une intégrale et suites de variables aléatoires

Partie I : Premières propriétés de la fonction H

1/ On pose, pour tout x\in I, f_x:t\mapsto \frac{1}{(1+t^2)^x}=e^{-x\ln(1+t^2)} sur \mathbb{R}^+. Comme t\mapsto 1+t^2 est polynomiale strictement positive sur \mathbb{R}^+, on peut composer par \ln et t\mapsto \ln(1+t^2) est C^0 (et aussi C^{\infty}) sur \mathbb{R}^+. On peut multiplier par -x et composer par exponentielle, la fonction f_x est positive et C^0 (et aussi C^{\infty}) sur \mathbb{R}^+.

On a \frac{1}{(1+t^2)^x}\underset{t\to +\infty}{\sim}\frac{1}{t^{2x}} car \frac{t^{2x}}{(1+t^2)^x}=\left(\frac{t^{2}}{1+t^2}\right)^x =\left(\frac{1}{1+\frac{1}{t^2}}\right)^x=e^{-x\ln\left(1+\frac{1}{t^2}\right)}\underset{t\to +\infty}{\to}1.

Comme \frac12<x, on a 1<2x, donc \displaystyle\int_1^{+\infty}\frac{1}{t^{2x}}\hbox{d}t converge donc par comparaison \displaystyle\int_1^{+\infty}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t converge.

Par continuité sur un segment, \displaystyle\int_0^{1}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t existe donc par somme H(x) converge.

Bilan :

    \[\boxed{\text{$H$ est d\'efinie sur $I.$}}\]

2/ Soit \frac12<x<y, on a -y<-x, pour tout t\in\mathbb{R}^+, \ln(1+t^2)\geq 0 donc -y\ln(1+t^2)\leq -x\ln(1+t^2). On compose par exponentielle qui est croissante sur \mathbb{R} ainsi e^{-y\ln(1+t^2)}\leq e^{-x\ln(1+t^2)}.

On intègre de 0 à +\infty avec des bornes dans l’ordre croissant, cela donne

    \[\displaystyle\operatorname{H}(y) =\int_0^{+\infty}\frac{1}{(1+t^2)^y}\hbox{d}t\leq \operatorname{H}(x)=\int_0^{+\infty}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t.\]

Bilan :

    \[\boxed{\text{$H$ est d\'ecroissante sur $I.$}}\]

3/ a/ Soit A>0,

    \[\int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^1}\hbox{d}t=\left[\hbox{Arctan}(t)\right]_0^A=\hbox{Arctan}(A)-\hbox{Arctan}(0)=\hbox{Arctan}(A)\underset{A\to +\infty}{\longrightarrow}\frac{\pi}{2}.\]

Bilan : H(1)=\frac{\pi}{2}.

3/ b/ Soit n\in\mathbb{N}^*. Soit A>0. On pose :

u'(t)=1, \: u(t)=t, \: v(t)=\frac{1}{(1+t^2)^n}, \: v'(t)=\frac{-n(2t)}{(1+t^2)^{n+1}}. Les fonctions u,v sont C^1 sur \mathbb{R}^+.

    \begin{eqnarray*} \int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^n}\hbox{d}t &=&\left[\frac{t}{(1+t^2)^n}\right]_0^A-\int_0^{A}\frac{-2nt^2}{(1+t^2)^{n+1}}\hbox{d}t \\&=& \frac{A}{(1+A^2)^n}+2n\int_0^{A}\frac{(t^2+1)-1}{(1+t^2)^{n+1}}\hbox{d}t \\&=&\frac{A}{(1+A^2)^n}+2n\int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^{n}}\hbox{d}t-2n\int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^{n+1}}\hbox{d}t. \\ \end{eqnarray*}

On a \frac{A}{(1+A^2)^n}\underset{A\to +\infty}{\sim}\frac{1}{A^{2n-1}}\underset{A\to +\infty}{\to}0 car 2n-1>0.

De sorte que, par passage à la limite, \displaystyle\int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^n}\hbox{d}t\underset{A\to +\infty}{\to}2nH(n)-2nH(n+1).

Bilan : \; \; H(n)=2n(H(n)-H(n+1)).

On développe et H(n)=2nH(n)-2nH(n+1) donc 2nH(n+1)=(2n-1)H(n) donc

    \[\hbox{\boxed{\text{$H(n+1)=\frac{2n-1}{2n}H(n)$}}}.\]

3/ c/

function H=emlyon17(n)
   H=pi/2
   for k=2:n ( H vaut H(k-1) )
        H=(2*(k-1)-1)*H/(2*(k-1)) // H vaut (2*(k-1)-1)*H(k-1)/(2*(k-1))=H(k)
   end ( en sortie H vaut H(n) car la dernière valeur de k est n )
endfunction

3/ d/ On pose :  \forall n\in\mathbb{N}^*,\; {\cal P}_n: \left(H(n)=\displaystyle \frac{(2n-2)!\pi}{2^{2n-1}\Big((n-1)!\Big)^2}\right).

\bullet Au rang 1, \displaystyle \frac{(0)!\pi}{2^{1}\Big(0!\Big)^2}=\frac{\pi}{2}=H(1). Donc {\cal P}_1 est vraie.

\bullet Supposons {\cal P}_n pour un n\in\mathbb{N}^*, on a

    \begin{eqnarray*} H(n+1)&=&\frac{2n-1}{2n}H(n) \\ & \underset{{\cal P}_n}{=}&\frac{2n-1}{2n}\times \frac{(2n-2)!\pi}{2^{2n-1}\Big((n-1)!\Big)^2} \\ &=&\frac{2n-1}{2n}\times\frac{2n}{2n}\times \frac{(2n-2)!\pi}{2^{2n-1}\Big((n-1)!\Big)^2} \\&=&\frac{(2(n+1)-2)!\pi}{2^{2n+1}\Big(n!\Big)^2} \\ &=&\frac{(2(n+1)-2)!\pi}{2^{2(n+1)-1}\Big(((n+1)-1)!\Big)^2}. \\ \end{eqnarray*}

Donc {\cal P}_{n+1} est vraie.

Bilan :

    \[\boxed{\text{$\forall n\in\mathbb{N}^*,\; {\cal P}_n$ est vraie.}}\]

Partie II : Étude de H(x) lorsque x tend vers \frac12

4/ a/ La fonction sinus hyperbolique \varphi:u\mapsto \displaystyle \frac{e^u-e^{-u}}{2} est une combinaison linéaire d’exponentielles de polynômes donc elle est dérivable sur \mathbb{R} et

    \[\forall u\in \mathbb{R}, \; \varphi'(u)=\frac{e^u+e^{-u}}{2}>0.\]

Donc \varphi est continue, strictement croissante sur \mathbb{R} donc elle est une bijection de \mathbb{R} vers \left]\lim\limits_{-\infty}(\varphi);\lim\limits_{+\infty}(\varphi)\right[.

Il est facile de voir que \lim\limits_{-\infty}(\varphi)=-\infty, \lim\limits_{+\infty}(\varphi)=+\infty

Bilan :

    \[\boxed{\text{$\varphi$ est une bijection de $\mathbb{R}$ sur $\mathbb{R}.$}}\]

Par réciprocité comme \varphi(0)=0, on a \varphi^{-1}(0)=0 et comme \lim\limits_{+\infty}(\varphi)=+\infty on a \lim\limits_{t\to +\infty}\varphi^{-1}(t)=+\infty.

4/ b/ Soit A>0. Le changement de variables t=\varphi(u), est de classe C^1 sur \mathbb{R}^+.
On l’applique sur \displaystyle \int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t, avec \hbox{d}t=\varphi'(u)\hbox{d}u=\frac{e^u+e^{-u}}{2}\hbox{d}u.

Ainsi

    \[\int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t=\int_{\varphi^{-1}(0)}^{\varphi^{-1}(A)}\frac{1}{(1+\varphi(u)^2)^x}\frac{e^u+e^{-u}}{2}\hbox{d}u=\int_{\varphi^{-1}(0)}^{\varphi^{-1}(A)}\frac{4^x}{(4+e^{2u}-2+e^{-2u})^x}\frac{e^u+e^{-u}}{2}\hbox{d}u\]


    \[=\int_{\varphi^{-1}(0)}^{\varphi^{-1}(A)}\frac{4^x}{(e^{2u}+2+e^{-2u})^x}\frac{e^u+e^{-u}}{2}\hbox{d}u=\int_{\varphi^{-1}(0)}^{\varphi^{-1}(A)}\frac{4^x}{(e^{u}+e^{-u})^{2x}}\frac{e^u+e^{-u}}{2}\hbox{d}u\]


    \[=\frac{4^x}{2}\int_{0}^{\varphi^{-1}(A)}\frac{1}{(e^u+e^{-u})^{2x-1}}\hbox{d} u.\]

On peut faire tendre A vers +\infty dans l’égalité

    \[\int_0^{A}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t=\frac{4^x}{2}\int_{0}^{\varphi^{-1}(A)}\frac{1}{(e^u+e^{-u})^{2x-1}}\hbox{d} u.\]

Bilan :

    \[\forall x\in I,\; H(x)=\frac{4^x}{2}\int_0^{+\infty}\frac{1}{(e^u+e^{-u})^{2x-1}}\hbox{d} u.\]

5/ a/ Soit u\in[0;+\infty[,\; e^u\leqslant e^u+e^{-u} car 0<e^{-u}.

Comme u est positif, on a -u\leq u donc e^{-u}\leqslant e^u.

Bilan :

    \[\boxed{\text{$0<e^u\leqslant e^u+e^{-u}\leqslant 2e^u$}}\]

5/ b/ La fonction inverse est décroissante sur \mathbb{R}^{+*}, donc, pour tout u\in[0;+\infty[,

    \[0<\frac{1}{2}e^{-u}\leqslant\frac{1}{e^u+e^{-u}}\leqslant e^{-u}.\]

Soit x>\frac12, on a 2x-1>0 donc la fonction t\mapsto t^{2x-1}=e^{(2x-1)\ln(t)} est croissante sur \mathbb{R}^{+*} donc

    \[0<\frac{1}{2^{2x-1}}e^{-u(2x-1)}\leqslant\frac{1}{(e^u+e^{-u})^{2x-1}}\leqslant e^{-u(2x-1)}.\]

On multiplie par \frac{4^x}{2}\geq 0 et on intègre selon u sur [0,+\infty[ avec des bornes dans l’ordre croissant.

Or \displaystyle\int_0^{A}e^{-u(2x-1)}\hbox{d} u=\left[\frac{e^{-u(2x-1)}}{-(2x-1)}\right]_0^A=\frac{e^{-A(2x-1)}-1}{-(2x-1)}\underset{A\to +\infty}{\to}\frac{1}{2x-1}.

Par conséquent

    \[\frac{4^x}{2^{2x}}\frac{1}{2x-1}=\frac{1}{2x-1}\leq H(x)\leq \frac{4^x}{2}\frac{1}{2x-1}.\]

Bilan :

    \[\boxed{\text{ $\displaystyle \forall x\in I,\; \frac{1}{2x-1}\leqslant H(x)\leqslant \frac{4^x}{2(2x-1)}.$}}\]

6/ On a 2x-1\underset{(\frac12)^+}{\to}0 (par valeurs positives) donc \frac{1}{2x-1}\underset{(\frac12)^+}{\to}+\infty. Donc par minoration H(x)\underset{(\frac12)^+}{\to}+\infty.

Avec x>\frac12 et 2x-1>0, on a aussi 1\leqslant (2x-1)H(x)\leqslant \frac{4^x}{2}= \frac{e^{x\ln(4)}}{2}=\frac{e^{2x\ln(2)}}{2}\underset{(\frac12)^+}{\to}1.

Dons par théorème des gendarmes (2x-1)H(x)\underset{(\frac12)^+}{\to}1.

Bilan :

    \[\boxed{\text{$H(x)\underset{(\frac12)^+}{\sim}\frac{1}{2x-1}.$}}\]

Partie III : Étude de H(x) lorsque x tend vers +\infty

7/ a/ On pose \forall t\in [0;1], h(t)=\ln(1+t), comme 1+t>0, la fonction h est C^1 sur [0,1].

Soit u\in]0,1], on peut appliquer l’égalité des accroissements finis sur [0,u]\subset [0,1]. Et il existe 0<c<u tel que h(u)-h(0)=h'(c)\times u=\frac{u}{1+c} or c<1 donc 0<1+c<2 et \frac12<\frac1{1+c} donc avec u positif on a \ln(1+u)\geq \frac{u}{2}.

Pour u=0, \ln(1+u)=0=\frac{u}{2}.

7/ b/ On rappelle que pour \mu\in \mathbb{R}, \sigma>0, une densité de loi {\cal N}(\mu,\sigma^2) est

    \[{\displaystyle f(t)={\tfrac {1}{\sigma {\sqrt {2\pi }}}}\;\;\mathrm {e} ^{-{\frac {1}{2}}\left({\frac {t-\mu }{\sigma }}\right)^{2}}.}\]

Ici on pose \mu=0,\sigma^2=\frac1x. On obtient \displaystyle f(t)=\tfrac {\sqrt {x}}{ \sqrt {2\pi }}\;\;\mathrm {e} ^{-\frac {xt^2}{2}}.

Comme l’intégrale sur \mathbb{R} de f vaut 1, \displaystyle\int_{-\infty}^{+\infty}e^{-xt^2/2}\hbox{d}t converge et vaut \displaystyle \sqrt {\frac{2\pi}{x}}.
Par parité de f, \displaystyle\int_{0}^{+\infty}e^{-xt^2/2}\hbox{d}t converge et vaut

    \[\boxed{\text{$\displaystyle\frac12\times \sqrt {\frac{2\pi}{x}}=\sqrt {\frac{\pi}{2x}}.$}}\]

7/ c/ Soit \displaystyle x\in I,t\in[0,1],\; 0\leqslant \frac{1}{(1+t^2)^x}=e^{-x\ln(1+t^2)}\leqslant e^{-xt^2/2} avec la question 7.a. avec t^2\in[0,1]. On intègre de 0 à 1 avec 0<1 selon t ces fonctions continues,

    \[0\leqslant \int_0^{1}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t\leqslant \int_0^{1}e^{-xt^2/2}\hbox{d}t\leqslant \int_0^{1}e^{-xt^2/2}\hbox{d}t+\underset{\geqslant 0}{\underbrace{\int_1^{+\infty}e^{-xt^2/2}\hbox{d}t}}=\sqrt{\frac{\pi}{2x}}.\]

7/ d/ Soit x\in I, t\geq 1, on a 0<t^2<1+t^2 donc 0\leq \frac{1}{1+t^2}\leq \frac{1}{t^2}, on compose par la fonction u\mapsto u^x croissante sur \mathbb{R}^+ puis on intègre selon t sur [1,+\infty[ avec des bornes dans l’ordre croissant. On peut le faire car on a reconnu une intégrale de Riemann convergente avec 2x>1. Ainsi

    \[0\leqslant \int_1^{+\infty}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t\leqslant \int_1^{+\infty}\frac{1}{t^{2x}}\hbox{d}t=\frac{1}{2x-1}.\]

Bilan :

    \[\boxed{\text{$\displaystyle\forall x\in I,\; 0\leqslant \int_1^{+\infty}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t\leqslant\frac{1}{2x-1}.$}}\]

7/ e/ Il est clair que \sqrt{\frac{\pi}{2x}}\underset{x\to +\infty}{\to}0 et \frac{1}{2x-1}\underset{x\to +\infty}{\to}0 donc par encadrement \displaystyle\int_1^{+\infty}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t\underset{x\to +\infty}{\to}0 et \displaystyle\int_0^{1}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t\underset{x\to +\infty}{\to}0.

Puis par somme de limites et relation de Chasles pour les intégrales convergentes,

    \[H(x)=\int_0^{+\infty}\frac{1}{(1+t^2)^x}\hbox{d}t\underset{x\to +\infty}{\to}0.\]

8/ On note, pour tout \displaystyle n\in\mathbb{N}^*,\; u_n=\ln\big(H(n)\big)+\frac{\ln(n)}{2}.

a/ Soit n\in\mathbb{N}^*,

    \[u_{n+1}-u_n= \ln\big(H(n+1)\big)+\frac{\ln(n+1)}{2}-\ln\big(H(n)\big)-\frac{\ln(n)}{2}=\ln\left(\frac{H(n+1)}{H(n)}\right)+\frac12\ln\left(\frac{n+1}{n}\right).\]


    \[=\underset{\hbox{Avec la question 3.b.}}{\underbrace{\ln\left(\frac{2n-1}{2n}\right)}}+\dfrac12\ln\left(1+\frac{1}{n}\right)=\ln\left(1-\frac{1}{2n}\right)+\frac12\ln\left(1+\frac{1}{n}\right).\]

On utilise \ln(1+u)\underset{0}{=}u-\frac{u^2}{2}+o(u^2), on peut le faire car \frac{1}{n}\underset{n\to +\infty}{\to}0.

Ainsi u_{n+1}-u_n\underset{n\to +\infty}{=}-\frac{1}{2n}-\frac{1}{8n^2}+\frac12\left(\frac{1}{n}-\frac{1}{2n^2}\right)+o\left(\frac{1}{n^2}\right)=-\frac{3}{8n^2}+o\left(\frac{1}{n^2}\right).

On en déduit que

    \[\boxed{\text{$u_{n+1}-u_n\underset{n\to +\infty}{\sim} -\frac{3}{8n^2}.$}}\]

b/ On a u_{n}-u_{n+1}\underset{n\to +\infty}{\sim} \frac{3}{8n^2}. Or la série de Riemann \sum \frac{1}{n^2} converge avec \alpha=2>1. Donc par comparaison des séries à terme général positif, la série \sum (u_{n}-u_{n+1}) converge donc \sum( u_{n+1}-u_{n}) converge.

Bilan :

    \[\boxed{\text{la s\'erie $\displaystyle\sum_{n\geqslant 1}(u_{n+1}-u_n)$ converge.}}\]

c/ Une série converge si et seulement si ses sommes partielles convergent or, pour tout N\in \mathbb{N}^*,

    \[\sum_{n=1}^N(u_{n+1}-u_n)=u_{N+1}-u_1 \hbox{ par t\'elescopage.}\]

Notons s la somme de \displaystyle\sum_{n\geqslant 1}(u_{n+1}-u_n), on a  alors u_{N+1}-u_1\underset{N\to +\infty}{\to}s donc la suite (u_n) converge. On note a sa limite, donc la suite (e^{u_n}) converge, on note K=e^a sa limite, elle est strictement positive. Or e^{u_n}=H_n\sqrt{n} en composant par exponentielle. Donc
H_n\sqrt{n} \underset{n\to +\infty}{\sim} K car K non nul.

Bilan :

    \[\boxed{\text{$\displaystyle H(n)\underset{n\to +\infty}{\sim}\frac{K}{\sqrt{n}}.$}}\]

9/ On a \frac{\sqrt{n+1}}{\sqrt{n}}=\sqrt{1+\frac1n}\underset{n\to +\infty}{\to}1 donc \sqrt{n+1}\sim \sqrt{n}. Pour tout x>1, on a 1\leqslant \lfloor{x}\rfloor\leqslant x\leqslant \lfloor{x\rfloor}+1 et H est décroissante donc H\left(\lfloor{x}\rfloor+1\right)\leqslant H(x)\leqslant H\left(\lfloor{x}\rfloor\right)

On multiplie par \frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{K}>0 et

    \[\frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{K}H\left(\lfloor{x}\rfloor+1\right)\leqslant \frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{K}H(x)\leqslant \frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{K}H\left(\lfloor{x}\rfloor\right)\]

Donc

    \[\frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{\sqrt{\lfloor{x}+1\rfloor}}\frac{\sqrt{\lfloor{x}+1\rfloor}}{K}H\left(\lfloor{x}\rfloor+1\right)\leqslant \frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{K}H(x)\leqslant \frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{K}H\left(\lfloor{x}\rfloor\right)\]

Comme \displaystyle H(\lfloor{x}\rfloor)\underset{x\to +\infty}{\sim}\frac{K}{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}, on a \frac{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}{K}H\left(\lfloor{x}\rfloor\right)\underset{x\to +\infty}{\to}1.

Ainsi par encadrement \displaystyle H(x)\underset{x\to +\infty}{\sim}\frac{K}{\sqrt{\lfloor{x}\rfloor}}\underset{x\to +\infty}{\sim}\frac{K}{\sqrt{x}} car x\underset{x\to +\infty}{\sim}\lfloor{x}\rfloor.

En effet 1\leqslant \frac{x}{\lfloor{x}\rfloor}\leqslant \frac{\lfloor{x}\rfloor+1}{\lfloor{x}\rfloor}\underset{x\to +\infty}{\to}1.

Partie IV : Étude d’une suite de variables aléatoires

10/ f est définie sur \mathbb{R}, elle y est positive, elle est continue sur \mathbb{R}^{-*} et sur [0;+\infty[. Comme f est nulle sur ]-\infty,0[, on a :

\displaystyle \int_{-\infty}^{+\infty}f(t)dt=\int_{0}^{+\infty}f(t)dt=\frac{2}{\pi}H(1)=1.

Donc \displaystyle \int_{-\infty}^{+\infty}f(t)dt converge et vaut 1.

Bilan :

    \[\boxed{\text{$f$ est une densit\'e.}}\]

11/ On considère une variable aléatoire X à densité, de densité f.

a/ Soit x<0, F_X(x)=0 car f nulle sur \mathbb{R}^{-*}.

Soit x\geqslant 0, \displaystyle F_X(x)=\int_{0}^{x}f(t)dt=\frac{2}{\pi}\hbox{Arctan}(x).

b/ X a pour densité f donc X a une espérance si et seulement si l’intégrale \displaystyle \int_{-\infty}^{+\infty}tf(t)dt converge.

Or tf(t)\underset{t\to +\infty}{\sim}\frac{2t}{\pi(1+t^2)}\underset{t\to +\infty}{\sim}\frac{2}{\pi t} et la fonction t\mapsto tf(t) est positive sur \mathbb{R}^+.

Comme l’intégrale \displaystyle \int_{1}^{+\infty}\frac{1}{t}dt diverge, X n’a pas d’espérance.

12/ On considère une suite de variables aléatoires réelles (X_n)_{n\in\mathbb{N}^*} à densité, à valeurs strictement positives, mutuellement indépendantes, dont chacune a pour densité f.

On définit, pour tout n\in\mathbb{N}^*, les variables aléatoires\quad M_n=\max(X_1,\cdots,X_n) et \displaystyle Z_n=\frac{n}{M_n}.

a/ Soit n de \mathbb{N}^*, x\leqslant 0 comme les X_k sont à valeurs strictement positives, on a
[M_n\leqslant x]=[\max(X_1,\cdots,X_n)\leqslant x]=\emptyset donc F_{M_n}(x)=\hbox{ P}(M_n\leqslant x)=0.

Soit x>0, [M_n\leqslant x]=[\max(X_1,\cdots,X_n)\leqslant x] est réalisé si et seulement si, pour tout k\in[\![1,n]\!], [X_k\leqslant x] est réalisé. Donc

    \[[M_n\leqslant x]=\bigcap\limits_{k=1}^n[X_k\leqslant x].\]

Par indépendance mutuelle des X_k, on obtient

    \[\hbox{P}\left(M_n\leqslant x\right)=\prod\limits_{k=1}^n\hbox{P}(X_k\leqslant x)=\left(F_X(x)\right)^n\hbox{ car il y a $n$ facteurs dans le produit}.\]

Bilan :

    \[\boxed{\text{$F_{M_n}(x)=0$ si $x\leqslant 0$ et $F_{M_n}(x)=\left(F_X(x)\right)^n$ si $x>0.$}}\]

b/ On pose \displaystyle\forall u\in ]0;+\infty[, g(u)=\hbox{Arctan}(u)+\hbox{Arctan}\left(\frac1u\right). La fonction inverse est dérivable sur ]0;+\infty[ et \hbox{Arctan} est dérivable sur \mathbb{R}. Donc par composition u\mapsto \hbox{Arctan}\left(\frac1u\right) est dérivable sur ]0;+\infty[.

Par somme, g est dérivable sur ]0;+\infty[ et, pour tout u\in ]0;+\infty[,

    \[g'(u)=\frac{1}{1+u^2}+\left(-\frac{1}{u^2}\right)\times \hbox{Arctan}'\left(\frac1u\right)=\frac{1}{1+u^2}+\left(-\frac{1}{u^2}\right)\times\frac{1}{1+(1/u)^2}=\frac{1}{1+u^2}-\frac{1}{1+u^2}=0.\]

Donc la fonction g est constante sur l’intervalle ]0;+\infty[.

Or g(1)=2\hbox{Arctan}(1)=\frac{\pi}{2}.

Finalement :

    \[\boxed{\text{$\displaystyle\forall u\in ]0;+\infty[, \hbox{Arctan}(u)+\hbox{Arctan}\left(\frac1u\right)=\frac{\pi}{2}.$}}\]

c/ Pour tout n de \mathbb{N}^*, \displaystyle x\in ]0;+\infty[,

    \[\begin{array}{rcl} \hbox{P}(Z_n\leqslant x)&=&\displaystyle \hbox{P}\left(\frac{n}{M_n}\leqslant x\right)\\&=& \displaystyle \hbox{P}\left(\frac{n}{x}\leqslant M_n\right)\hbox{ avec $x>0$ et $M_n$ forc\'ement strictement positif}\\&=&\displaystyle1-\hbox{P}\left( M_n\leqslant\frac{n}{x}\right)\hbox{ sachant que $M_n$ est \`a densit\'e}\\&=&\displaystyle1-F_{M_n}\left( \frac{n}{x}\right)\\ &=&\displaystyle1-\left(\frac{2}{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{n}{x}\right)\right)^n\hbox{ car $\frac{n}{x}>0$}\\ &=&\displaystyle 1-\left(1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\right)^n\hbox{ car si $u>0,$ alors $\hbox{Arctan}(u)+\hbox{Arctan}\left(\frac1u\right)=\frac{\pi}{2}$}\\ \end{array}\]

donc 1-\frac{2}{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac1u\right)=\frac{2}{\pi}\hbox{Arctan}\left(u\right)

d/ Pour tout n de \mathbb{N}^*, \displaystyle x\in ]0;+\infty[, on sait que 0<\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)<\frac{\pi}{2} donc 0<\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)<1

et 0<1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)<1 donc on pourra composer par \ln.

Par conséquent \displaystyle \left(1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\right)^n=\hbox{exp}\left(n\ln\left(1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\right)\right).

On sait que -\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\underset{n\to +\infty}{\to} 0 car \frac{x}{n}\underset{n\to +\infty}{\to} 0 donc avec \ln(1+u)\underset{u\to 0}{\sim}{u} on a

\ln\left(1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\right)\underset{n\to +\infty}{\sim}-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\underset{n\to +\infty}{\sim}-\frac{2x}{\pi n} car \frac{x}{n}\underset{n\to +\infty}{\to} 0 et \hbox{Arctan}(u)\underset{0}{\sim} u.

On en déduit que n\ln\left(1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\right)\underset{n\to +\infty}{\sim}-\frac{2x}{\pi } donc, sachant que -\frac{2x}{\pi } est indépendant de n, on a

    \[n\ln\left(1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\right)\underset{n\to +\infty}{\to} -\frac{2x}{\pi }.\]

On peut composer cette limite par exponentielle qui est continue en -\frac{2x}{\pi }.

Donc \displaystyle \left(1-\frac2{\pi}\hbox{Arctan}\left(\frac{x}{n}\right)\right)^n\underset{n\to +\infty}{\to} e^{-\frac{2x}{\pi }}.

On en déduit que

    \[\hbox{\boxed{\text{$\displaystyle{P}(Z_n\leqslant x)\underset{n\to +\infty}{\to} 1-e^{-\frac{2}{\pi }x}$.}}}\]

On reconnait la fonction de répartition d’une loi exponentielle de paramètre \frac{2}{\pi }.

Bilan : la suite de variables aléatoires (Z_n)_{n\in\mathbb{N}^*} converge en loi vers une variable suivant une loi exponentielle de paramètre \frac{2}{\pi }.

 

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