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Corrigé du sujet EDHEC Maths ECS 2017

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Exercice 1 : Scilab et variation de suite

1/ a/ On peut compléter le programme comme suit :

function y=f(x,n)
   y=sum(x.^(1:n))
endfunction

b/ Pour x\neq1, on a : \displaystyle f_n(x)=\frac{1-x^{n+1}}{1-x}-1 et pour x=1, f_n(x)=n. Le programme peut alors s’écrire :

function y=f(x,n)
   if x==1 then y=n
   else y=(1-x^(n+1))/(1-x)-1
endfunction

2/ f est continue et dérivable (c’est un polynôme) et sa dérivée, donnée par l’expression f'(x)=\sum\limits_{k=1}^{n}kx^{k-1}, est strictement positive sur [0,1]. f réalise donc une bijection croissante de [0,1] sur [f(0),f(1)]=[0,n]. Le nombre 1\in[0,n] possède donc un unique antécédent dans [0,1] par f.

Conclusion : Pour tout n\in\mathbb{N}^*, l’équation f_n(x)=1 possède une unique solution \alpha_n dans [0,1]

3/ a/ Pour tout n\in\mathbb{N}^*, on a :

    \[f_{n+1}(\alpha_n)=\sum\limits_{k=1}^{n+1}\alpha_n^k=f_n(\alpha_n)+\alpha_n^{n+1}=1+\alpha_n^{n+1}\]

Or, \alpha_n\in[0,1], donc f_{n+1}(\alpha_n)\geqslant1.

On a donc, pour tout n\in\mathbb{N}^*,

    \[f_{n+1}(\alpha_n)\geqslant f_{n+1}(\alpha_{n+1})=1\]

et comme f_{n+1} est strictement croissante, on peut alors conclure que : \alpha_n\geqslant\alpha_{n+1}.

Conclusion : La suite (\alpha_n)_{n\in\mathbb{N}^*} est décroissante.

b/ La suite (\alpha_n)_{n\in\mathbb{N}^*} est décroissante et minorée par 0.

Conclusion : La suite (\alpha_n)_{n\in\mathbb{N}^*} converge vers une limite \ell\in[0,1].

4/ a/ Par définition, \alpha_2 est l’unique solution de l’équation x+x^2=1 dans [0,1]. Un simple calcul de discriminant donne alors \alpha_2=\frac{-1+\sqrt{5}}{2}. De plus 1\leqslant\sqrt{5}<3 donne directement les inégalités demandées.

Conclusion : \alpha_2=\frac{-1+\sqrt{5}}{2} et on a bien 0\leqslant\alpha_2<1.

4/ b/ (\alpha_n)_{n\in\mathbb{N}^*} étant décroissante, on a pour tout entier n>1 :

    \[0\leqslant\alpha_n\leqslant\alpha_2<1\]

et donc :

    \[0\leqslant\alpha_n^{n+1}\leqslant\alpha_2^{n+1}<1\]


Or, puisque \alpha_2\in[0,1[, \lim\limits_{n\to+\infty}\alpha_2^{n+1}=0 et par encadrement \lim\limits_{n\to+\infty}\alpha_n^{n+1}=0.

Conclusion : \lim\limits_{n\to+\infty}\alpha_n^{n+1}=0.

4/ c/ D’après 1.(b), \alpha_n est l’unique solution, dans [0,1], de l’équation \frac{1-x^{n+1}}{1-x}-1=1. Donc, pour tout n\in\mathbb{N}^* :

    \[\frac{1-\alpha_n^{n+1}}{1-\alpha_n}=2\mbox{,\quad ou encore\quad:\quad }1-\alpha_n^{n+1}=2(1-\alpha_n)\]

Or, d’après les questions précédentes,

    \[\lim\limits_{n\to+\infty}\alpha_n^{n+1}=0\mbox{,\quad et \quad }\lim\limits_{n\to+\infty}\alpha_n=\ell\]


La limite \ell de la suite (\alpha_n)_{n\in\mathbb{N}^*} vérifie donc : 1=2(1-\ell) et donc \ell=\frac{1}{2}.

Conclusion : \lim\limits_{n\to+\infty}\alpha_n=\frac{1}{2}.

5/ Fixons n\in\mathbb{N}^*. On sait déjà que f_n est croissante sur [0,1] et f_n(0)=0. Le programme va alors tester toutes les valeurs de f_n(x) à partir de x=0 et avec un pas de 0,001 tant que f_n(x)<1. La valeur affichée par le programme est alors le premier de ces nombres pour lequel f_n(x)\geqslant1. Le résultat affiché est donc le plus petit nombre du type k\times0,001 (k\in\mathbb{N}) supérieur ou égal à \alpha_n.

Conclusion : Le résultat affiché est donc une valeur approchée par excès à 0,001 près de \alpha_n.

 

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Exercice 2 : Variable aléatoire et fonction de répartition

1/ a/ Soit x\in\mathbb{R}. Par indépendance des variables X_1,\dots,X_n, on a :

    \[F_{M_n}(x)=P\left(\bigcap\limits_{i=1}^{n}(X_i\leqslant x)\right)=\prod\limits_{i=1}^{n}P(X_i\leqslant x)=\left\{\begin{array}{ll}0 & \mbox{, si } x<0\\x^n & \mbox{, si } 0\leqslant x\leqslant 1\\1 & \mbox{, si } x> 1\\\end{array}\right.\]


Les limites à gauches et à droites de la fonction de répartition F_{M_n} en 0 et en 1 conïncident avec les valeurs de F_{M_n} en ces points, F_{M_n} est alors bien continue en 0 et en 1. La continuité ailleurs étant évidente, F_{M_n} est alors continue sur \mathbb{R}. De plus F_{M_n} est dérivable sauf peut être en 0 et en 1, M_n est donc bien une variable à densité.

Conclusion : M_n est une variable à densité et sa fonction de répartition est définie pour tout x\in\mathbb{R} par F_{M_n}(x)=\left\{\begin{array}{ll}0 & \mbox{, si } x<0\\x^n & \mbox{, si } 0\leqslant x\leqslant 1\\1 & \mbox{, si } x> 1\\\end{array}\right.

1/ b/ Une densité de f_{M_n} est alors obtenue en dérivant F_{M_n} là où elle est dérivable et en prenant des valeurs arbitraires en 0 et en 1.

Conclusion : Une densité f_{M_n} de M_n est définie pour tout x\in\mathbb{R} par : f_{M_n}(x)=\left\{\begin{array}{ll}0 & \mbox{, si } x<0\\nx^{n-1} & \mbox{, si } 0\leqslant x\leqslant 1\\0 & \mbox{, si } x> 1\\\end{array}\right.

1/ c/ Les intégrales suivantes sont absolument convergentes :

    \[\int_{-\infty}^{+\infty}xf_{M_n}(x)\mathrm{d}x\quad,\quad \int_{-\infty}^{+\infty}x^2f_{M_n}(x)\mathrm{d}x\]

car f_{M_n} est nulle en dehors de [0,1] et les intégrandes sont continues sur le segment [0,1]. M_n et M_n^2 admettent donc bien une espérance que l’on calcule :

    \[E(M_n)=\int_{0}^{1}nx^n\mathrm{d}x = \left[\frac{n}{n+1}x^{n+1}\right]_{0}^{1} = \frac{n}{n+1}\]

    \[E(M_n^2)=\int_{0}^{1}nx^{n+1}\mathrm{d}x = \left[\frac{n}{n+2}x^{n+2}\right]_{0}^{1} = \frac{n}{n+2}\]

Conclusion : M_n et M_n^2 admettent donc bien une espérance, E(M_n)= \frac{n}{n+1} et E(M_n)=\frac{n}{n+2}

1/ d/ M_n admettant un moment d’ordre 2, (M_n-1)^2 admet une espérance et est positive, on peut donc appliquer l’inégalité de Markov à (M_n-1)^2 :

    \[\forall\varepsilon>0,\quad P\left((M_n-1)^2\geqslant\varepsilon^2\right)\leqslant\frac{E\left((M_n-1)^2\right)}{\varepsilon^2}\]

Or, par linéarité de l’espérance,

    \[E\left((M_n-1)^2\right)=E(M_n^2)-2E(M_n)+1=\frac{n}{n+2}-\frac{2n}{n+1}+1=\frac{2}{(n+1)(n+2)}\]

Conclusion : \displaystyle\forall\varepsilon>0,\quad P\left((M_n-1)^2\geqslant\varepsilon^2\right)\leqslant\frac{2}{(n+1)(n+2)\varepsilon^2}

1/ e/ Pour tout \varepsilon>0, \displaystyle\lim\limits_{n\to+\infty}\frac{2}{(n+1)(n+2)\varepsilon^2}=0, donc par encadrement

    \[\boxed{\text{$\displaystyle\lim\limits_{n\to+\infty}P\left((M_n-1)^2\geqslant\varepsilon^2\right)=0$.}}\]

Or, ((M_n-1)^2\geqslant\varepsilon^2)=(|M_n-1|\geqslant\varepsilon), on peut donc conclure.

Conclusion : \displaystyle\lim\limits_{n\to+\infty}P\left(|M_n-1|\geqslant\varepsilon\right)=0 et ce résultat signifie que la suite (M_n)_{n\geqslant2} converge en probabilité vers la variable certaine égale à 1.

2/ a/ Dans le programme proposé, X est une réalisation de n variables indépendantes de loi uniforme sur [0,1]. M_n peut alors être simulée à l’aide de la fonction max :

function Y=f(n)
   X = grand(1,n,’unf’,0,1)
   Y = n*(1-max(X))
endfunction

2/ b/ Les deux histogrammes sont très proches, les simulations de Y_n sont donc prochent des simulations d’une loi exponentielle de paramètre 1.

Conclusion : On peut conjecturer que (Y_n) converge en loi vers une variable de loi exponentielle de paramètre 1.

3/ a/ Pour tout x\in\mathbb{R},

    \[F_{Y_n}(x)=P(Y_n\leqslant x)=P(n(1-M_n)\leqslant x)=P\left(M_n\geqslant 1-\frac{x}{n}\right)=1-F_{M_n}\left(1-\frac{x}{n}\right)\]

La dernière égalité étant vraie car M_n est à densité.

Et avec 1.(a), on conclut :
F_{Y_n}(x)=\left\{\begin{array}{ll}1 & \mbox{, si } 1-\frac{x}{n}<0 \Leftrightarrow x>n\\1-\left(1-\frac{x}{n}\right)^n & \mbox{, si } 0\leqslant 1-\frac{x}{n}\leqslant 1 \Leftrightarrow 0\leqslant x\leqslant n\\0 & \mbox{, si } 1-\frac{x}{n}> 1\Leftrightarrow x<0\\\end{array}\right.

3/ b/ Soit x\geqslant0. Pour n\geqslant x, on a d’après 3.(a),

    \[F_{Y_n}(x)=1-\left(1-\frac{x}{n}\right)^n\]

Or, \displaystyle\lim\limits_{n\to+\infty}\left(1-\frac{x}{n}\right)^n=e^{-x}. En effet, \ln\left(1-\frac{x}{n}\right)\underset{n\to+\infty}{\sim}-\frac{x}{n}, donc n\ln\left(1-\frac{x}{n}\right)\underset{n\to+\infty}{\sim}-x, ou encore \displaystyle\lim\limits_{n\to+\infty}\ln\left(\left(1-\frac{x}{n}\right)^n\right)=-x. Reste alors à utiliser la continuité de la fonction exponentielle pour obtenir ce qui était annoncé.

Conclusion : Pour tout x\geqslant0, \displaystyle\lim\limits_{n\to+\infty}F_{Y_n}(x)=1-e^{-x}.

3/ c/ Pour tout x<0, F_{Y_n}(x)=0 et avec 3.(b), on peut conclure que pour tout x\in\mathbb{R}, F_{Y_n}(x) tend, quand n\to+\infty, vers la fonction de répartition d’une loi exponentielle de paramètre 1.

Conclusion : (Y_n) converge en loi vers une variable de loi exponentielle de paramètre 1.

 

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Exercice 3 : Norme et algèbre bilinéaire

1/ a/ On a évidemment A=J-(n+1)I et donc, puisque I et J commutent :

    \[A^2=J^2-2(n+1)J+(n+1)^2I\]

Or, un calcul simple donne : J^2=nJ. Donc :

    \[A^2=nJ-2(n+1)J+(n+1)^2I=-(n+2)J+(n+1)^2I\]

Conclusion : \displaystyle A=J-(n+1)I et \displaystyle A^2=-(n+2)J+(n+1)^2I

1/ b/ Avec ce qui précède, on a :

    \[A^2+(n+2)A= (n+1)^2I-(n+1)(n+2)I=-(n+1)I\]


Donc :

    \[A^2+(n+2)A+(n+1)I=0_{\mathscr{M}_n(\mathbb{R})}\]

Et P(X)=X^2+(n+2)X+n+1=(X+1)(X+n+1) est un polynôme annulateur de A et les valeurs propres possibles de A sont les racines de P.

Conclusion : Un polynôme annulateur de A est P(X)=X^2+(n+2)X+n+1 et les valeurs propres possibles de A sont -1 et -(n+1).

1/ c/ 0 n’est pas une valeur propre possible.

Conclusion : A est inversible.

2/ On a : \displaystyle\|u\|=\frac{1}{\sqrt{n+1}}\left\|\sum\limits_{k=0}^n\varepsilon_k\right\| et (\varepsilon_0,\dots,\varepsilon_n) étant orthonormale, \left\|\sum\limits_{k=0}^n\varepsilon_k\right\|=\sqrt{\sum\limits_{k=0}^n1^2}=\sqrt{n+1}.

Conclusion : u est unitaire : \|u\|=1.

3/ a/ Soit i\in[\![0,n]\!]. Par linéarité du produit scalaire et (\varepsilon_0,\dots,\varepsilon_n) étant orthonormale,

    \[\langle\varepsilon_i,u\rangle=\frac{1}{\sqrt{n+1}}\sum\limits_{k=0}^n\langle\varepsilon_i,\varepsilon_k\rangle=\frac{1}{\sqrt{n+1}}\]

Donc,

    \[\|e_i\|=\sqrt{\frac{n+1}{n}}\left\|\varepsilon_i - \frac{1}{\sqrt{n+1}}u\right\|=\sqrt{\frac{n+1}{n}}\left\|\varepsilon_i - \frac{1}{n+1}\sum\limits_{k=0}^n\varepsilon_k\right\|\]


Ou encore :

    \[\|e_i\|=\sqrt{\frac{n+1}{n}}\left\|\frac{n}{n+1}\varepsilon_i - \frac{1}{n+1}\sum\limits_{\substack{0\leqslant k\leqslant n\\ k\neq i}}\varepsilon_k\right\|\]

et toujours avec (\varepsilon_0,\dots,\varepsilon_n) orthonormale,

    \[\|e_i\|=\sqrt{\frac{n+1}{n}}\times\sqrt{\left(\frac{n}{n+1}\right)^2 + n\times\frac{1}{(n+1)^2}} =\sqrt{\frac{n+1}{n}}\times\sqrt{\frac{n(n+1)}{(n+1)^2}}=1\]

Conclusion : Pour tout i\in[\![0,n]\!], on a : \|e_i\|=1.

3/ b/ Soient (i,j) un couple d’entiers distincts de [\![0,n]\!], on a :

    \[\langle e_i,e_j\rangle=\frac{n+1}{n}\langle \varepsilon_i -\langle\varepsilon_i,u \rangle u ,\; \varepsilon_j -\langle\varepsilon_j,u \rangle u\rangle\]

et par linéarité du produit scalaire :

    \[\langle e_i,e_j\rangle=\frac{n+1}{n}\left( \langle \varepsilon_i,\varepsilon_j\rangle -\langle \varepsilon_i,u\rangle\langle \varepsilon_j,u\rangle - \langle \varepsilon_i,u\rangle\langle u,\varepsilon_j\rangle + \langle \varepsilon_i,u\rangle\langle \varepsilon_j,u\rangle\|u\|^2\right)\]

Or, (\varepsilon_0,\dots,\varepsilon_n) est orthonormale et nous avons vu dans 3.(a) que, pour tout i\in[\![0,n]\!], \langle\varepsilon_i,u\rangle=\frac{1}{\sqrt{n+1}}, donc :

    \[\langle e_i,e_j\rangle=\frac{n+1}{n}\left( 0-\frac{1}{n+1}-\frac{1}{n+1}+\frac{1}{n+1}\right)=-\frac{1}{n}\]

Conclusion : Pour tout (i,j) un couple d’entiers distincts de [\![0,n]\!], on a : \langle e_i,e_j\rangle=-\frac{1}{n}

3/ c/ Montrons que, pour tout i\in[\![0,n]\!], \sqrt{\frac{n}{n+1}}e_i=\left(\varepsilon_i -\langle \varepsilon_i,u\rangle u\right)\in(\mathrm{Vect}(u))^{\perp}, on aura alors le résultat démandé.
Soit i\in[\![0,n]\!], on a :

    \[\langle \varepsilon_i -\langle \varepsilon_i,u\rangle u ,u\rangle = \langle \varepsilon_i,u\rangle -\langle \varepsilon_i,u\rangle \langle u ,u\rangle=0\mbox{ , car }\|u\|=1\]

Conclusion : Pour tout i\in[\![0,n]\!], e_i\in F=(\mathrm{Vect}(u))^{\perp}

3/ d/ On a : \mathrm{dim}(F)=\mathrm{dim}(E)-\mathrm{dim}(\mathrm{Vect}(u))=n (car u\neq0_E). Il suffit alors de montrer que les n vecteurs e_1,\dots,e_n de F forment une famille libre. Considérons une combinaison linéaire égale à 0_E :

    \[\alpha_1 e_1+\cdots+\alpha_n e_n=0_E\]

On a alors, pour tout j\in[\![1,n]\!] :

    \[\langle\sum\limits_{i=1}^{n}\alpha_i e_i,e_j\rangle=\sum\limits_{i=1}^{n}\alpha_i\langle e_i,e_j\rangle=0_E\]

Ou encore avec les conclusions de 3. (a) et (b) :

    \[\sum\limits_{\substack{1\leqslant i\leqslant n\\i\neq j}}\frac{-\alpha_i}{n}+\alpha_j=\frac{-1}{n}\left( \sum\limits_{\substack{1\leqslant i\leqslant n\\i\neq j}}\alpha_i -n\alpha_j\right)=0_E\]


Donc, pour tout j\in[\!1,n]\!] :

    \[\sum\limits_{\substack{1\leqslant i\leqslant n\\i\neq j}}\alpha_i -n\alpha_j=0_E\]


et \begin{pmatrix}\alpha_1 \\ \vdots \\ \alpha_n\end{pmatrix} est alors solution de l’équation matricielle AX=0, or d’après 1.(c), A est inversible, donc pour tout i\in[\!1,n]\!], \alpha_i=0 et la famille (e_1,\dots,e_n) est constituée de n vecteurs linéairement indépendants dans F, qui est de dimension n.

Conclusion : (e_1,\dots,e_n) est une base de F=(\mathrm{Vect}(u))^{\perp}.

4/ a/ Pour tout (x,y,z)\in F^3 et tout \lambda\in\mathbb{R}, on a :

f(x,y)\in\mathbb{R} et f(x,y)=f(y,x), f est donc une forme symétrique.

    \[f(\lambda x+y,z)=\sum\limits_{k=0}^{n} \langle \lambda x+y,e_k\rangle\langle z,e_k\rangle -\frac{n+1}{n}\langle \lambda x+y,z\rangle\]

    \[f(\lambda x+y,z)=\sum\limits_{k=0}^{n} \left(\lambda\langle x,e_k\rangle\langle z,e_k\rangle + \langle y,e_k\rangle\langle z,e_k\rangle\right) -\frac{n+1}{n}\left(\lambda\langle x,z\rangle+\langle y,z\rangle\right)\]

    \[f(\lambda x+y,z)=\lambda\left(\sum\limits_{k=0}^{n} \langle x,e_k\rangle\langle z,e_k\rangle -\frac{n+1}{n}\langle x,z\rangle\right) + \sum\limits_{k=0}^{n} \langle y,e_k\rangle\langle z,e_k\rangle -\frac{n+1}{n}\langle y,z\rangle\]

ou encore, \displaystyle f(\lambda x+y,z)=\lambda f(x,z)+f(y,z), et f étant symétrique, f est alors bien bilinéaire.

Conclusion : f est une forme bilinéaire et symétrique.

4/ b/ Pour tout (i,j)\in[\!1,n]\!]^2, \displaystyle f(e_i,e_j)=\sum\limits_{k=0}^{n}\langle e_i,e_k\rangle\langle e_j,e_k\rangle - \frac{n+1}{n}\langle e_i,e_j\rangle.
Or, d’après les questions précédentes, pour i\neq j, \langle e_i,e_j\rangle=-\frac{1}{n} et \langle e_i,e_i\rangle=1, donc :

D’une part avec i=j,

    \[f(e_i,e_i)=\langle e_i,e_i\rangle^2+\sum\limits_{\substack{0\leqslant k\leqslant n\\k\neq i}} \langle e_i,e_k\rangle^2- \frac{n+1}{n}\langle e_i,e_i\rangle\]


    \[f(e_i,e_i)=1+n\times\frac{1}{n^2}- \frac{n+1}{n} = 0\]

D’autre part avec i\neq j,

    \[f(e_i,e_j)=\langle e_i,e_i\rangle\langle e_j,e_i\rangle+\langle e_i,e_j\rangle\langle e_j,e_j\rangle+\sum\limits_{\substack{0\leqslant k\leqslant n\\k\neq i,k\neq j}} \langle e_i,e_k\rangle^2- \frac{n+1}{n}\langle e_i,e_j\rangle\]


    \[f(e_i,e_j)=\frac{-2}{n}+(n-1)\times\frac{1}{n^2}- \frac{n+1}{n}\times\frac{-1}{n}=0\]

Conclusion : Pour tout (i,j)\in[\![1,n]\!]^2, f(e_i,e_j)=0.

4/ c/ D’après 3.(d), (e_1,\dots,e_n) est une base de F et pour tout (i,j)\in[\!1,n]\!]^2, f(e_i,e_j)=0, donc f est nulle sur F\times F. Donc :

    \[\forall (x,y)\in F^2, f(x,y)=\sum\limits_{k=0}^{n}\langle x,e_k\rangle\langle y,e_k\rangle - \frac{n+1}{n}\langle x,y\rangle = 0\]

Conclusion : Pour tout (x,y)\in F^2, \displaystyle \sum\limits_{k=0}^{n}\langle x,e_k\rangle\langle y,e_k\rangle = \frac{n+1}{n}\langle x,y\rangle.

4/ d/ Soit x\in F. En appliquant la conclusion précédente avec y=x, on obtient :

    \[\frac{n+1}{n}\langle x,x\rangle=\sum\limits_{k=0}^{n}\langle x,e_k\rangle\langle x,e_k\rangle\]

Soit encore :

    \[\frac{n+1}{n}\|x\|^2=\sum\limits_{k=0}^{n}\langle x,e_k\rangle^2\]

Conclusion : Pour tout x\in F, \displaystyle \|x\|^2=\frac{n}{n+1}\sum\limits_{k=0}^{n}\langle x,e_k\rangle^2.

Problème 1 : Applications définies sur \mathbb{R}_n[ X ]

Partie 1 : Étude d’une application définie sur \mathbb{R}_n[ X ]

1/ Pour tout P\in\mathbb{R}_n[X] et tout k\in[\![0,n]\!], P^{(k)}\in\mathbb{R}_n[X], \varphi est donc bien une application de \mathbb{R}_n[X] dans \mathbb{R}_n[X]. De plus, pour tout (P,Q)\in(\mathbb{R}_n[X])^2 et tout \lambda\in\mathbb{R}, on a:

    \[\varphi(\lambda P+Q)=\sum\limits_{k=0}^{n}(\lambda P+Q)^{(k)}=\sum\limits_{k=0}^{n}\left(\lambda P^{(k)}+Q^{(k)}\right)=\lambda \sum\limits_{k=0}^{n}P^{(k)}+\sum\limits_{k=0}^{n}Q^{(k)}=\lambda\varphi(P)+\varphi(Q)\]

et \varphi est alors bien linéaire.

Conclusion : \varphi est un endomorphisme de \mathbb{R}_n[X].

2/ a/ e_0 est le polynôme constant égal à 1, donc pour tout k\geqslant1, (e_0)^{(k)} est nul. Donc :

    \[\varphi(e_0)=\sum\limits_{k=0}^{n}(e_0)^{(k)}=e_0\]

De plus, e_0 n’est pas le polynôme nul.

Conclusion : \varphi(e_0)=e_0 et 1 est une valeur propore de \varphi.

2/ b/ Soit j\in[\![1,n]\!]. On a :

    \[\varphi(e_j)-e_j=e_j+\sum\limits_{k=1}^{n}(e_j)^{(k)}-e_j=\sum\limits_{k=1}^{n}(e_j)^{(k)}\]


Or, e_j\in\mathbb{R}_j[X] avec j\geqslant1, donc pour tout entier k\geqslant1, (e_j)^{(k)} appartient à l’espace vectoriel \mathbb{R}_{j-1}[X].

Conclusion : \forall j\in[\![1,n]\!],\quad (\varphi(e_j)-e_j)\in\mathbb{R}_{j-1}[X].

2/ c/ D’après les questions précédentes, \varphi(e_0)=e_0 et pour tout j\in[\![1,n]\!], il existe Q_{j-1}\in\mathrm{Vect}(e_0,\dots,e_{j-1}) tel que \varphi(e_j)=Q_{j-1}+e_j. La matrice de \varphi dans la base \mathscr{B} s’écrit donc :

    \[\mathrm{Mat}_{\mathscr{B}}(\varphi)=\begin{pmatrix}1 & \times & \cdots & \times\\0 & \ddots & \ddots & \vdots\\\vdots & \ddots & \ddots & \times\\0 & \dots & 0 & 1\end{pmatrix}\]

Cette matrice étant triangulaire, les valeurs propres de \varphi sont alors les coeffcients diagonaux.

Conclusion : La matrice de \varphi dans la base \mathscr{B} est donc triangulaire supérieure, l’unique valeur propre de \varphi est 1.

2/ d/ \mathrm{Mat}_{\mathscr{B}}(\varphi) est triangulaire supérieure à coeffcients diagonaux non nul, elle est donc inversible et \varphi est alors un endomorphisme bijectif.

Conclusion: \varphi est un automorphisme de \mathbb{R}_n[X].

3/ a/ Soit P\in\mathbb{R}_n[X]. On a P'=P^{(1)}\in\mathbb{R}_n[X] et par télescopage :

    \[\varphi(P-P')=\sum\limits_{k=0}^{n}\left(P-P'\right)^{(k)}=\sum\limits_{k=0}^{n}\left(P^{(k)}-P^{(k+1)}\right)=P-P^{(n+1)}\]

Or, P\in\mathbb{R}_n[X], donc P^{(n+1)} est nul.

Conclusion : Pour tout P\in\mathbb{R}_n[X], \varphi(P-P')=P.

3/ b/ Posons \psi:\mathbb{R}_n[X]\rightarrow\mathbb{R}_n[X] définie pour tout P\in\mathbb{R}_n[X] par \psi(P)=P-P'. \psi est un endomorphisme de \mathbb{R}_n[X] et d’après la question précédente :

    \[\varphi\circ\psi=Id_{\mathbb{R}_n[X]} \: \text{et en composant par} \: \varphi^{-1}, \quad \psi=\varphi^{-1}\]

On a alors \varphi^{-1}(e_0)=e_0 et pour tout k\in[\![1,n]\!], \varphi^{-1}(e_k)=e_k-ke_{k-1}.

Conclusion : \varphi^{-1} est définie pour tout P\in\mathbb{R}_n[X] par \varphi^{-1}(P)=P-P' et la matrice de \varphi^{-1} dans la base \mathscr{B} est :

    \[\mathrm{Mat}_{\mathscr{B}}(\varphi^{-1})=\begin{pmatrix}1 & -1 & 0 &\cdots & 0\\0 & 1 & -2 & \ddots & \vdots\\\vdots & \ddots & \ddots & \ddots & 0\\\vdots & & \ddots & \ddots & -k\\0 & \dots & \dots & 0 & 1\end{pmatrix}\]

3/ c/ La deuxième ligne du programme crée M, la matrice identité d’ordre (n+1), puis la boucle change les coefficents au dessus de la diagonale pour que M soit égale à \mathrm{Mat}_{\mathscr{B}}(\varphi^{-1}). Pour obtenir A=\mathrm{Mat}_{\mathscr{B}}(\varphi) il suffit alors d’inverser M.

n=input(‘entrez la valeur de n : ‘)
M=eye(n+1,n+1)
for k=1:n
   M(k,k+1)=-k
end
A=inv(M)
disp(A)

Partie 2 : Étude d’une autre application définie sur \mathbb{R}_n[ X ]

4/ a/ Soit k\in\mathbb{N}. Par croissance comparée, \lim\limits_{t\to+\infty}t^{k}e^{-t}e^{t/2}=0 et donc t^ke^{-t}\underset{t\to+\infty}{=}o\left(e^{-t/2}\right). Or, pour tout x\in\mathbb{R}, \displaystyle\int_x^{+\infty}e^{-t/2}\mathrm{d}t converge et donc, par le critère de négligeabilité des intégrales de fonctions positives au voisinage de +\infty, \displaystyle\int_x^{+\infty}t^ke^{-t}\mathrm{d}t converge.

Conclusion : Pour tout k\in\mathbb{N} et tout x\in\mathbb{R}, \displaystyle\int_x^{+\infty}t^ke^{-t}\mathrm{d}t converge.

4/ b/ Si P\in\mathbb{R}_n[X] alors il existe (a_0,\dots,a_n)\in\mathbb{R}^{n+1} tel que P=\sum\limits_{k=0}^{n}a_kX^k.

Or, d’après (a), pour tout k\in\mathbb{N}, \int_x^{+\infty}t^ke^{-t}\mathrm{d}t converge, donc \int_x^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t converge comme combinaison linéaire d’intégrales convergentes.

Conclusion : Pour tout P\in\mathbb{R}_n[X] et tout x\in\mathbb{R}, \displaystyle\int_x^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t converge.

5/ a/ Calculons cette intégrale. Pour tout b>x, on a :

    \[\int_x^{b}e^{-t}\mathrm{d}t=\left[-e^{-t}\right]_{x}^{b}=e^{-x}-e^{-b}\]

Or, \lim\limits_{b\to+\infty}e^{-b}=0, donc l’intégrale converge et vaut e^{-x}.

Conclusion : Pour tout x\in\mathbb{R}, \displaystyle\int_x^{+\infty}e^{-t}\mathrm{d}t=e^{-x}.

5/ b/ Par récurrence sur k\in\mathbb{N}. Pour k=0 c’est la question précédente.
Supposons que, pour un certain rang k\in\mathbb{N} on ait : \displaystyle\int_x^{+\infty}t^ke^{-t}\mathrm{d}t=k!\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{x^i}{i!}e^{-x}. Effectuons alors une intégration par parties pour calculer \displaystyle\int_x^{+\infty}t^{k+1}e^{-t}\mathrm{d}t.

u:t\mapsto t^{k+1} et v:t\mapsto -e^{-t} sont bien de classe \mathscr{C}^1 sur \mathbb{R},
u':t\mapsto (k+1)t^{k} et v':t\mapsto e^{-t}, et pour tout b>x :

    \[\int_x^{b}t^{k+1}e^{-t}\mathrm{d}t=\left[-t^{k+1}e^{-t}\right]_{x}^{b} - \int_x^b-(k+1)t^ke^{-t}\mathrm{d}t\]


    \[\int_x^{b}t^{k+1}e^{-t}\mathrm{d}t=x^{k+1}e^{-x}-b^{k+1}e^{-b} + (k+1)\int_x^bt^ke^{-t}\mathrm{d}t\]

Or, par croissance comparée, \lim\limits_{b\to+\infty}b^{k+1}e^{-b}=0 et la convergence de l’intégrale étant déjà acquise, on en déduit :

    \[\int_x^{+\infty}t^{k+1}e^{-t}\mathrm{d}t=x^{k+1}e^{-x}+(k+1)\int_x^{\infty}t^ke^{-t}\mathrm{d}t\]

Soit encore, d’après l’hypothèse de récurrence :

    \[\int_x^{+\infty}t^{k+1}e^{-t}\mathrm{d}t=x^{k+1}e^{-x}+(k+1)k!\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{x^i}{i!}e^{-x}=(k+1)!\sum\limits_{i=0}^{k+1}\frac{x^i}{i!}e^{-x}\]

L’hypothèse étant initialisée pour k=0 et héréditaire, elle est alors vraie pour tout k\in\mathbb{N}.

Conclusion : Pour tout k\in\mathbb{N} et tout x\in\mathbb{R}, \displaystyle\int_x^{+\infty}t^{k}e^{-t}\mathrm{d}t=k!\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{x^i}{i!}e^{-x}.

6/ a/ D’après l’énoncé, p=prod(1:k) est égal à k!

k=input(‘entrez la valeur de k : ‘)
x=input(‘entrez la valeur de x : ‘)
p=prod(1:k)
u=x.^(1:k)./cumprod(1:k)
s=p*(1+sum(u))*exp(-x)
disp(s)

u est le vecteur dont les coordonnées sont \displaystyle\left(\frac{x^i}{i!}\right)_{1\leqslant i\leqslant k}

6/ b/ x étant fixé dans \mathbb{R}, posons u=t-x qui est bien un changement de variable de classe \mathscr{C}^1 sur [x,+\infty[. On a alors, pour b>x :

    \[\int_x^{b}t^{k}e^{-t}\mathrm{d}t=\int_0^{b-x}(u+x)^ke^{-x-u}\mathrm{d}u=e^{-x}\int_0^{b-x}(u+x)^ke^{-u}\mathrm{d}u\]

et la convergence quand b\to+\infty étant déjà acquise, on a bien le résultat demandé.

Conclusion : Pour tout x\in\mathbb{R}, \displaystyle\int_x^{+\infty}t^{k}e^{-t}\mathrm{d}t=e^{-x}\int_0^{+\infty}(u+x)^ke^{-u}\mathrm{d}u.

On sait, grâce au théorème de transfert et les intégrales étant convergentes, que : \int_0^{+\infty}(u+x)^ke^{-u}\mathrm{d}u est l’espérance d’une variable (Z+x)^k où Z suit la loi exponentielle de paramètre 1. Pour obtenir une valeur approchée de cette intégrale avec la méthode de Monte-Carlo, il suffit de simuler un grand nombre (ici 100\,000) de réalisations indépendantes de variables (Z+x) et donc :

x=input(‘entrez la valeur de x : ‘)
k=input(‘entrez la valeur de k : ‘)
Z=grand(1,100000,’exp’,1)
s=exp(-x)*mean((Z+x).^k)
disp(s)

7/ a/ Soient (P,Q)\in(\mathbb{R}_n[X])^2 et \lambda\in\mathbb{R}. (\lambda P+Q)\in\mathbb{R}_n[X] et donc, d’après 4.(b), les intégrales suivantes sont, pour tout x\in\mathbb{R}, toutes convergentes et :

    \[\int_x^{+\infty}(\lambda P+Q)(t)e^{-t}\mathrm{d}t=\lambda \int_x^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t + \int_x^{+\infty}Q(t)e^{-t}\mathrm{d}t\]

et donc, en multipliant par e^{x}, on obtient :

    \[\forall x\in\mathbb{R},\quad [\Psi(\lambda P+Q)](x) = \lambda[\Psi(P)](x)+[\Psi(Q)](x)\]

Autrement dit, \displaystyle\Psi(\lambda P+Q) = \lambda\Psi(P)+\Psi(Q) et \Psi est linéaire.

Montrons maintenant que, pour tout P\in\mathbb{R}_n[X], \Psi(P)\in\mathbb{R}_n[X]. Pour cela, il suffit de le vérifier pour les polynômes de la base canonique de \mathbb{R}_n[X], la linéarité fera le reste. Soit alors k\in[\![0,n]\!]. D’après 5.(b) et la définition de \Psi, pour tout x\in\mathbb{R} :

    \[[\Psi(X^k)](x) = e^x\times\left(k!\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{x^i}{i!}e^{-x}\right)=\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{k!}{i!}x^i \in \mathbb{R}_n[X]\]

et donc, par linéarité de \Psi, pour tout P=\sum\limits_{k=0}^{n}a_kX^k \in\mathbb{R}_n[X],\; \Psi(P)\in\mathbb{R}_n[X].

Conclusion : \Psi est un endomorphisme de \mathbb{R}_n[X].

7/ b/ D’après la question précédente, F est un polynôme et est donc bien de classe \mathscr{C}^1 sur \mathbb{R}. De plus, la convergence permet d’écrire la relation de Chasles, valable pour tout x\in\mathbb{R} :

    \[\int_{x}^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t = \int_{0}^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t - \int_{0}^{x}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t\]

\int_{0}^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t est alors une constante, donc de dérivée nulle par rapport à x et d’après le théorème fondamental du calcul, x\mapsto\int_{0}^{x}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t est dérivable de dérivée : x\mapsto P(x)e^{-x}.

En dérivant, par rapport à x la fonction produit x\mapsto F(x)=e^{x}\int_{x}^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t, on a :

    \[\forall x\in\mathbb{R},\quad F'(x)=F(x)+e^x(-P(x)e^{-x})=F(x)-P(x)\]

Conclusion : F est de classe \mathscr{C}^1 sur \mathbb{R} et F'=F-P.

7/ c/ Notons 0 le polynôme nul et soit P\in\mathrm{Ker}(\Psi). On a alors F=\Psi(P)=0. Donc F'=0 et d’après la question précédente : F-P=0, mais comme F=0 on a immédiatement P=0. On en déduit que \mathrm{Ker}(\Psi)\subset\{0\} et l’inclusion réciproque étant evidente, \mathrm{Ker}(\Psi)=\{0\} et \Psi est injective. De plus \mathbb{R}_n[X] est de dimension finie, l’endomorphisme \Psi est alors, par corollaire du théorème du rang, bijectif.

Conclusion : \Psi est un automorphisme de \mathbb{R}_n[X].

8/ a/ Avec les donnée de l’énoncé, on a F=\Psi(P)=\lambda P et, d’après 7.(b), F'=(\lambda P)'= F-P. Donc : \lambda P' = \lambda P-P=(\lambda-1)P. Reste alors à diviser par \lambda\neq0.

Conclusion : Pour P\neq0 vecteur propre associé à une valeur propre \lambda\neq0, on a : P'=\frac{\lambda-1}{\lambda}P.

8/ b/ Remarquons tout d’abord que 0 ne peut pas être valeur propre puisque \Psi est un automorphisme.

Posons \mathrm{deg}(P)=k\in[\![0,n]\!]. Si P est constant (k=0) alors P'=0=\frac{\lambda-1}{\lambda}P et comme P\neq0, on a \lambda=1. Si P n’est pas constant (k\in[\![1,n]\!]) alors \mathrm{deg}(P')=k-1=\mathrm{deg}\left(\frac{\lambda-1}{\lambda}P\right) ce qui est impossible car \mathrm{deg}\left(\frac{\lambda-1}{\lambda}P\right)=\left\{\begin{array}{ll}k & \box{ , si }\lambda\neq1\\-\infty & \mbox{ , si }\lambda=1\end{array} \right.

Conclusion : \lambda=1 est la seule valeur propre possible de \Psi.

8/ c/ D’après 5.(a), pour tout x\in\mathbb{R}, \int_x^{+\infty}e^{-t}\mathrm{d}t=e^{-x}. Donc, [\Psi(1)](x)=e^x\times e^{-x}=1. Autrement dit, \Psi(1)=1 et le polynôme constant égal à 1 est un vecteur propre de \Psi associé à la valeur propre 1. Avec la question précédente, on sait que c’est la seule.

Conclusion : 1 est la seule valeur propre de \Psi.

9/ a/ \Psi et \varphi sont tous les deux des automorphismes de \mathbb{R}_n[X]. Pour montrer que \Psi et \varphi sont égaux il suffit de montrer qu’ils coïncident sur la base canonique. Soit k\in[\![0,n]\!], on a :

D’une part

    \[(X^k)^{(i)}=\left\{\begin{array}{ll}k(k-1)\cdots(k-i+1)X^{k-i} & \mbox{, si } i\leqslant k\\0 & \mbox{, si } i>k\end{array}\right.\]


et donc :

    \[\varphi(X^k)=\sum\limits_{i=0}^{n}(X^k)^{(i)}=\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{k!}{(k-i)!}X^{k-i}=\sum\limits_{j=0}^{k}\frac{k!}{j!}X^{j}\]

La dernière éaglité étant obtenue par le renversement d’indice j=k-i.

D’autre part, d’après 5.(b),

    \[\Psi(X^k)=e^{x}\int_x^{+\infty}t^ke^{-t}\mathrm{d}t = e^x\left(k!\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{x^i}{i!}e^{-x}\right)=\sum\limits_{i=0}^{k}\frac{k!}{i!}x^{i}\]


Donc : \varphi(X^k)=\Psi(X^k) pour tout k\in[\![0,n]\!].

Conclusion : Les endomorphismes \varphi et \Psi sont égaux.

9/ b/ Soient P\in\mathbb{R}_n[X] et a\in\mathbb{R} tels que, pour tout x\geqslant a,\; P(x)\geqslant0. Dans ce cas, t\mapsto P(t)e^{-t} est positive sur [x,+\infty[ et par positivité de l’intégrale, on a :

    \[\forall x\geqslant a,\quad [\Psi(P)](x) = e^x\int_x^{+\infty}P(t)e^{-t}\mathrm{d}t \geqslant 0\]

Mais comme \varphi et \Psi sont égaux, on a alors :

    \[\forall x\geqslant a,\quad [\varphi(P)](x)\geqslant0\]

ce qui est exactement le résultat recherché.

Conclusion : \displaystyle\forall x\geqslant a,\quad \sum\limits_{i=0}^{n}P^{(i)}(x)\geqslant0

 

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