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Partie 1 : Convergence de suite

1. Soient x \in [-r,r] et k \in \mathbb{N}. Pour tout n \in \mathbb{N}, 0\leqslant n^k |a_n| |x|^n \leqslant n^k |a_n| r^n. Ceci implique la convergence de la série \sum_n n^k |a_n| |x|^n par comparaison à la série numérique \sum_n n^k |a_n|r^n, convergente ((a_n)_n \in A(r)).

Pour 0 < x = r'\leqslant r, le résultat au dessus montre que (a_n)_n \in A(r'). Tout ceci justifie l’inclusion A(r) \subset A(r').

2. Soient deux réels r et r’ tels que 0 < r' \leqslant r. Soit une suite (a_n)_n, l’inégalité de la question 1. écrite pour k = 0 et x = r' \in [-r, r] met en évidence que la convergence de (a_n r^n)_n vers 0 entraîne par encadrement celle de (a_n r'^n)_n vers 0, ce qui justifie la première inclusion B(r)\subset B(r').

Enfin, puisque la convergence de la série \sum_n n^k |a_n| r^n pour k = 0 entraîne la convergence de son terme général vers 0, on a l’inclusion A(r) \subset B(r).

3. Soit r > 0. La suite nulle appartient de manière évidente à A(r). Soient deux suites (a_n)_n, (b_n)_n \in A(r) et un réel \lambda, on a pour k \in \mathbb{N}:

\forall_n \in \mathbb{N}, 0\leqslant n^k |\lambda a_n+b_n|r^n

\leqslant |\lambda| n^k |a_n|r^n+ n^k |b_n| r^n,

de sorte que la série \sum_n n^k |\lambda a_n + b_n| r^n converge par comparaison aux séries convergentes \sum_n n^k |a_n| r^n et \sum_n |b_n| r^n: la suite \lambda(a_n)_n + (b_n)_n appartient donc à A(r). Ainsi A(r) est-il un sous-espace vectoriel de \mathbb{R}^\mathbb{N}.

4.a. Pour k \in \mathbb{N}, on a \forall_n \in \mathbb{N}, \dfrac{u_{n+1}(k)}{u_n(k)}= (1+\dfrac{1}{n})^{k+2} \dfrac{r}{n+1} \overrightarrow{n \longrightarrow \infty} 0<1, si bien qu’il existe un rang n_0 (dépendant de k) tel que pour tout n \geq n_0, \dfrac{u_{n+1}(k)}{u_n(k)} \leq \dfrac{1}{2} puis, par récurrence immédiate :

    \[\forall n \geq n_0, 0\leq u_n(k) \leq \dfrac{u_{n0}(k)}{2^{n-n_0}}\]

d’où l’on déduit par encadrement que u_n(k) = n^2 n^k \alpha_n r^n tend vers 0 lorsque n \longrightarrow \infty. Il en ressort que 0 \leq n^k |\alpha_n| r^n = \circ(\dfrac{1}{n^2}) lorsque n \longrightarrow \infty, et donc que la série \sum_n n^k |\alpha_n| r^n converge par comparaison à la série de Riemann convergente \sum_{n\geq 1} \dfrac{1}{n^2}. La suite \alpha appartient donc à A(r).

b. Soient deux réels \lambda, r > 0, la suite \beta(\lambda) appartient à B(r) si, et seulement si, la suite géométrique (\lambda^n r^n)_n converge vers 0 c’est-à-dire si, et seulement si, |\lambda_r|< 1 ou encore 0 < r < \dfrac{1}{\lambda}.

Lorsque 0 < r < \dfrac{1}{\lambda}, la suite (n^{k+2} \lambda^n r^n)_n converge vers 0 pour tout k \in \mathbb{N} par croissances comparées, et l’on en déduit comme en a. que la série \sum_n n^{k} \lambda^n r^n converge : la suite numérique \beta(\lambda) appartient alors à A(r).

Pour r \geq \dfrac{1}{\lambda} en revanche, la série \sum_n \lambda^n r^n est grossièrement divergente et la suite \beta(\lambda) n’appartient pas à A(r). En conclusion, la suite \beta(\lambda) appartient à A(r) si, et seulement si, 0 < r < \dfrac{1}{\lambda}.

5. Soit r \in ]0, \varrho[. Pour k \in \mathbb{N},

0\leq n^k |a_n|r^n

=|a_n| \varrho^n. n^k (\dfrac{r}{\varrho})^n

=\circ(n^k(\dfrac{r}{\varrho})^n), n\longrightarrow \infty

car le facteur |a_n| \varrho^n tend vers 0 lorsque n\longrightarrow \infty, d’où l’on déduit la convergence de la série \sum_n n^k |a_n|r^n par comparaison à la série \sum_n n^k (\dfrac{r}{\varrho})^n, convergente d’après 4.b. puisque0 < r <\varrho: la suite (a_n)_n appartient donc à A(r).

 

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Partie 2 : convergence de série

6. La série \sum_n a_n x^n est convergente pour x = 0. Pour x \in ]-R, R[ \setminus {0}, elle est absolument convergente d’après la question 5. appliquée à r = |x| < R sachant que (a_n) \in B(R) par hypothèse.

7.a. On applique sur [x, x+h] \subset [-r, r] l’inégalité des accroissements finis à la fonction \varphi_n: t\longrightarrow t^n, de classe \ell^1 sur [-r, r] telle que |\varphi'_n(t)| = n |t|^{n-1} \leq nr^{n-1} pour tout t \in [-r, r], on obtient

|(x + h)^n - x^n|

=|\varphi_n(x + h) -\varphi_n(x)| \leq nr^{n-1} |h|.

b. D’après a., pour x \in [-r, r] et h tel que x + h \in [-r, r],

    \[|f_a(x + h)- f_a(x)|\]

    \[=|\sum_{n=0}^{\infty} a_n((x + h)^n - x^n)|\]

    \[\leqslant \sum_{n=0}^{\infty} |a_n| |((x + h)^n - x^n)|\]


    \[\leqslant \sum_{n=0}^{\infty} |a_n| n r^{n-1}|h|\]

    \[=\dfrac{|h|}{r}\sum_{n=0}^{\infty} n|a_n|r^n,\]

toutes séries convergentes d’après la question 5..

c. De l’inégalité établie à la question 7.b., on déduit par encadrement que f_a(x + h) \longrightarrow f_a(x) lorsque h \longrightarrow 0 sous la contrainte x + h \in [-r, r]. Ainsi la restriction à [-r, r] de f_a est-elle continue^ 1.

Soit un réel x \in ]-R, R[, il existe alors r \in ]0, R[ tel que x \in ]-r, r[. Comme la continuité est une notion locale, la continuité de la restriction f_a|_[-r,r] au point intérieur x donne celle de la fonction f_a au même point, et l’on justifie ainsi que f_a est continue sur ]-R, R[.

8.a. Sachant que (a_n) \in B(R) et que 0 < \varrho < R, la question 5. assure que (a_n) \in A(\varrho). Il en résulte en particulier que la série \sum_n |a_n| \varrho^n converge et par conséquent que la suite (n |a_n| \varrho^n) converge vers 0 : la suite (n a_n)_n appartient donc à B(\varrho). D’après la remarque suivant la question 3., on peut alors appliquer les questions 6. et 7. à la suite ((n + 1)a_{n+1})_n, qui garantissent que la fonction

x\longrightarrow \sum_{n=0}^{\infty} (n+1)a_{n+1}x^n

= \sum_{n=0}^{\infty} n a_n x^{n-1}=g_a(x)

est bien définie et continue sur ]-\varrho, \varrho[. Puisque le réel \varrho est un élément quelconque de l’intervalle [r, R[, il en ressort par un raisonnement analogue à celui mené en 7.c. que g_a est bien définie et continue sur ]-R, R[.

b. Il s’agit d’une application directe du théorème fondamental à la fonction S_n, polynomiale donc de classe C^1 sur \mathhbb{R} : pour n \in \mathbb{N}^\ast,

S_n(x) = S_n(0) + \int^{x}_{0}S'_n(t)dt

=a_0+\int^{x}_{0}S'_n(t)dt

c. Pour n \in \mathbb{N}^\ast et x \in [0, r],

|\int^{x}_{0}g_a(t)-S'_n(t)dt|

=|\int^{x}_{0}(\sum_{k=n+1}^{\infty}ka_kt^{k-1})dt|

\leq\int^{x}_{0}|\sum_{k=n+1}^{\infty}ka_kt^{k-1}|dt

\leq \int^{x}_{0}(\sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| t^{k-1})dt

\leq \int^{x}_{0}(\sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| r^{k-1})dt

= x \sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| r^{k-1}

\leq \sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| r^k

Pour x \in [-r, 0], on procède de même après avoir pris soin de réordonner les bornes d’intégration par ordre croissant (derrière les valeurs absolues), afin de pouvoir utiliser l’inégalité triangulaire et la croissance de l’intégrale :

|\int^{x}_{0}(g_a(t)-S'_n(t)dt|

\leq\int^{x}_{0}(\sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| r^{k-1})dt

=|x| \sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| r^{k-1}

\leq \sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| r^k

d. D’après la question 8.c.

\forall n \in \mathbb{N}^\ast, |\int^{x}_{0}(g_a(t)-\int^{x}_{0} S'_n(t)dt|

\leq \sum_{k=n+1}^{\infty}k|a_k| r^k,

où le membre de droite converge vers 0 lorsque n \longrightarrow \infty comme reste d’une série convergente. Par encadrement, on en déduit que :

\int^{x}_{0}(g_a(t)

= \lim_{n\longrightarrow\infty}\int^{x}_{0}S'_n(t)dt

=\lim_{n\longrightarrow\infty} \sum_{k=1}^{n}\int^{x}_{0}ka_k t^{k-1}dt

=\lim_{n\longrightarrow \infty} \sum_{k=1}^{n} a_k x^{k}=f_a(x)-a_0,

e. Puisque la fonction g_a est continue sur ]-R, R[ d’après a., la fonction x \longrightarrow \int^{x}_{0}g_a(t)dt en est par théorème une primitive C^1. Vu la formule établie en d., la fonction f_a est donc de classe C^ 1 sur ]-R, R[, de dérivée g_a.

9.a. Pour k \in \mathbb{N},

\forall n\geq k, {\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}}

=\dfrac{n(n - 1)...(n- k + 1)}{k!} \sim \dfrac{n^k}{k!}, n\longrightarrow \infty

On a donc

0 \leq n^k |a_n| r^n \sim k!r^k.{\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}}|a_n|r^{n-k}, n \longrightarrow \infty

Par suite, les séries \sum_n n^k |a_n| r^n et \sum_n {\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}}|a_n| r^{n-k} sont de même nature. Dans ces conditions,la suite (a_n)_n appartient à A(r) si, et seulement si, la série \sum_n {\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}}|a_n| r^{n-k} converge pour tout k \in \mathbb{N}.

b. On montre par récurrence sur k \geqslant 0 que pour toute suite (a_n)_n \in B(R), la fonction f_a est de classe C^k sur ]-R, R[ avec :

\forall x \in ]-R, R[, f_a^{(k)}(x)

= k!\sum_{n=k}^{\infty} {\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}}a_n x^{n-k}

Le résultat a été établi au rang k = 0 dans la question 7.. S’il est prouvé à un rang k > 0 et si (a_n)_n est une suite de B(R) alors, d’après l’hypothèse de récurrence appliquée (cf. remarque suivant la question 3.) à la suite ((n+1)a_{n+1})_n, la fonction

g_a : x \longrightarrow \sum_{n=1}^{\infty}n a_n x^{n-1}

=\sum_{n=0}^{\infty}(n+1) a_{n+1} x^n

est de classe C^k sur ]-R, R[, avec :

\forall x\in ]-R, R[,g_a^{(k)}(x)

=k!\sum_{n=k}^{\infty} {\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}}(n+1)a_{n+1} x^{n-k}

=(k+1)!\sum_{n=k}^{\infty} {\begin{pmatrix} n+1\\ k+1 \end{pmatrix}}a_{n+1} x^{n-k}

=(k+1)!\sum_{n=k+1}^{\infty} {\begin{pmatrix} n\\ k+1 \end{pmatrix}}a_{n} x^{n-(k+1)},

d’où le résultat d’après 8.e. : f_a est de classe C^{k+1} sur ]-R, R[ avec f_a^{(k+1)} = g_a^{(k)}.

c. En évaluant en x = 0 la formule établie en b., on obtient :

    \[\forall k\in \mathbb{N}, a_k=\dfrac{f_a^{(k)}(0)}{k!}\]

10.a. On a :

    \[\forall x\in \mathbb{R}, f_\alpha(x)=\sum_{n=0}^{\infty}\dfrac{x^n}{n!}=e^x\]

et f_\alpha^{(k)}(1) = e pour tout k \in \mathbb{N}.

b. On a :

\forall k\in ]-\dfrac{1}{\lambda}, \dfrac{1}{\lambda}[ f_\beta(x)

=\sum_{n=0}^{\infty}\lambda^n x^n

=\dfrac{1}{1 -\lambda x}

Il apparaît que la fonction f_\beta est de classe C^\infty sur ]-\dfrac{1}{\lambda}, \dfrac{1}{\lambda}[ avec, par récurrence immédiate :

\forall x\in \mathbb{N}, \forall x\in ]-\dfrac{1}{\lambda}, \dfrac{1}{\lambda}[ f_\beta^(k) (x)

=\dfrac{k! \lambda^k}{(1 -\lambda x)^{k+1}}

En appliquant, pour 0 < \varrho < \dfrac{1}{\lambda}, la question 9.b. à la suite \beta \in B(\varrho), on obtient donc :

\forall x\in ]-\varrho, \varrho[, \sum_{n=k}^{\infty}{\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}} (\lambda x)^{n-k}

=\dfrac{f_\beta^(k) (x)}{k!\lambda^k}

=\dfrac{1}{(1-\lambda x)^{k+1}}

avec convergence de la série, puis le résultat s’étend à tout x \in ]-\dfrac{1}{\lambda}, \fdrac{1}{\lambda}[ puisque \varrho est quelconque dans ]0, \dfrac{1}{\lambda}[.

 

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Partie 3 : Formule de réciprocité

11.a. En appliquant la formule de Taylor avec reste intégral entre 1 et 0 à la fonction fa, de classe C^{\infty} sur ]-R, R[ avec R > 1 d’après 9.b., il vient pour N \in \mathbb{N} :

f_a(0)=\sum_{k=0}^{N} \dfrac{f_a^{(k)} (1)}{k!}(-1)^k+ \int^{0}_{1}\dfrac{(-t)^N}{N!}f_a^{(N+1)}(t)dt

=\sum_{k=0}^{N}(-1)^k b_k +(-1)^{N+1} \int^{1}_{0}\dfrac{t^N}{N!}f_a^{(N+1)} (t)dt

b. Toujours d’après la question 9.b., on a :

    \[\forall k\in \mathbb{N}, \forall x\in [0,R[, f_a^{(k)} (x)\]

    \[=k! \sum_{n=k}^{\infty} {\begin{pmatrix} n\\ k \end{pmatrix}}a_n x^{n-k}\geq 0\]

Par suite, les dérivées successives de f_a sont positives et croissantes sur [0, R[. Dès lors,

    \[\forall N\in \mathbb{N}, 0\leq \int^{1}_{0}\dfrac{t^N}{N!}f_a^{(N+1)} (t)dt \leq\]

    \[\int^{1}_{0}\dfrac{t^N}{N!}f_a^{(N+1)}(1)dt=\]

    \[\dfrac{f_a^{(N+1)}(1)}{(N+1)!}=\]

    \[b_{N+1}\leq b_{N+1}\varrho^{N+1}\]

où le membre de droite converge vers 0 lorsque N\longrightarrow \infty par hypothèse. Par conséquent,

    \[\lim_{N\longrightarrow \infty}\int^{1}_{0}\dfrac{t^N}{N!}f_a^{(N+1)} (t)dt=0\]

c. D’après les questions a. et b., la série \sum_k (-1)^k b_k converge avec :

    \[\sum_k ^{\infty}(-1)^k b_k=f_a(0)=a_0\]

12.a. Il s’agit là encore d’une application directe de la formule de Taylor avec reste intégral, comme en 11.a., cette fois-ci à la fonction f^(s)

b. Comme en 11.b., la positivité et la croissance de f_a ^{(N+s+1)} sur [0, R[ amènent :

\forall N\in \mathbb{N}, 0\leq \int^{1}_{0}\dfrac{t^N}{N!}f_a^{(N+s+1)} (t)dt

\leq \dfrac{f_a^{N+s+1}(1)}{(N+1)!}

=b_{N+s+1}\varrho^{N+s+1}\dfrac{(N+s+1)!}{(N+1)!}\dfrac{1}{\varrho^{N+s+1}}

c. Au second membre de l’inégalité établie en b., b_{N+s+1}\varrho^{N+s+1} tend vers 0 lorsque N \longrightarrow \infty par hypothèse, ainsi que

    \[\dfrac{(N+s+1)!}{(N+1)!}\dfrac{1}{\varrho^{N+s+1}}\]

    \[=\dfrac{(N + s + 1) .... (N + 2)}{\varrho^{N+s+1}}\]

    \[\sim \dfrac{N^s}{\varrho^{N+s+1}}, N \longrightarrow \infty\]

car \varrho > 1. Il en ressort par encadrement que

    \[\lim_{N\longrightarrow \infty}\int^{1}_{0}\dfrac{t^N}{N!}f_a^{(N+s+1)} (t)dt=0\]

d. Des questions a. et c., on déduit la convergence de la série de terme général

    \[(-1)^k \dfrac{f_a ^{(k+s)}(1)}{k!}=\]

    \[(-1)^k \dfrac{(k + s)!}{k!}b_{k+s}=\]

    \[s!(-1)^k {\begin{pmatrix} k+s\\ s \end{pmatrix}}b_{k+s}, k \geq 0\]

avec, d’après 9.c. :

    \[a_s=\dfrac{f_a ^{(s)}(0)}{s!}=\]

    \[\dfrac{1}{s!} \sum_{k=0}^{\infty}(-1)^k \dfrac{f_a ^{(k+s)}(1)}{k!}=\]

    \[\sum_{k=0}^{\infty}(-1)^k{\begin{pmatrix} k+s\\ s \end{pmatrix}}b_{k+s}=\]

    \[\sum_{n=s}^{\infty}(-1)^{n-s}{\begin{pmatrix} n\\ s \end{pmatrix}}b_n\]

13.a. Dans les conditions de l’énoncé, la fonction fa est polynomiale de degré inférieur ou égal à d.

b. D’après a., on a f_a ^{(n)}= 0 et donc b_n = 0 pour tout n \geq d+1, si bien que la condition (H) est réalisée : la suite (b_n \varrho^n)_n converge vers 0 pour tout réel \varrho > 1.

c. La formule de la question 12.d. s’applique donc et devient :

    \[\forall N\in [0,d], a_s=\]

    \[\sum_{n=s}^{d}(-1)^{n-s}{\begin{pmatrix} n\\ s \end{pmatrix}}b_n\]

 

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Partie 4 : Application aux variables aléatoires discrètes

14.a. La série \sum_{n} a_n =\sum_{n}P(X = n) étant convergente, son terme général converge vers 0 : la suite (a_n)_n appartient à B(1).

b. Dans ces conditions, la fonction G_X = f_a est de classe C^\infty sur ]-1, 1[ d’après la question 9.b.

15.a. On a :

    \[\forall x\in \mathbb{R}, G_X(x)= e^{-1}\sum_{n=0}^{\infty}\dfrac{x^n}{n!}\]

    \[=e^{x-1}\]

Il apparaît que la fonction G_X est de classe C^\infty sur R avec, pour tout s \in \mathbb{N}, G_X^{(s)}(x)=e^{x-1} pour tout x \in \mathbb{R} et en particulier G_X^{(s)} (1) = 1.

b. Dans les conditions de l’énoncé, on a b_n = \dfrac{1}{n!} pour tout n \in \mathbb{N} si bien que (b_n \varrho^n)_n converge vers 0 pour tout \varrho > 1 comme terme général d’une série exponentielle convergente : l’hypothèse (H) est donc satisfaite. Par suite, la formule de la question 12.d. s’applique et donne : 

    \[\forall s \in \mathbb{N}, P(X=s)=a_s\]

    \[= \sum_{n=s}^{\infty}{\begin{pmatrix} n\\ s \end{pmatrix}} \dfrac{1}{n!}\]

    \[=\sum_{n=s}^{\infty}\dfrac{(-1)^{n-s}}{s!(n-s)!}\]

    \[=\dfrac{1}{s!}\sum_{n=0}^{\infty}\dfrac{(-1)^{k}}{k!}\]

    \[=\dfrac{e^{-1}}{s!}\]

La variable X suit donc la loi de Poisson P(1).

16.a. Il vient pour tout n \in \mathbb{N}

a_n = P(X = n) = P(X + 1 = n + 1) = pq^n et :

    \[\forall x \in ]-\dfrac{1}{q}, \dfrac{1}{q}[, G_X(x)\]

    \[= p \sum_{n=0}^{\infty} q^n x^n\]

    \[= \dfrac{p}{1-qx}\]

Il apparaît que G_X est de classe C^\infty sur ]-\dfrac{1}{q}, \dfrac{1}{q}[ avec :

    \[\forall s \in \mathbb{N}, \forall x\in ]-\dfrac{1}{q}, \dfrac{1}{q}[,G_X^{(s)}(x)\]

    \[=\dfrac{pq^s s!}{(1-qx)^{s+1}}\]

En particulier, G_X^{(s)} (1) = s!(\dfrac{q}{p})^s pour tout s \in \mathbb{N}.

b. La fonction p \longrightarrow \dfrac{q}{p}=\dfrac{1}{p}-1 est décroissante sur ]0, 1[ si bien que pour p > \dfrac{1}{2}, on a \dfrac{q}{p}<\dfrac{1-\dfrac{1}{2}}{\dfrac{1}{2}}=1. Sous les conditions de l’énoncé, on a b_n =(\dfrac{q}{^p})^n pour tout n \in \mathbb{N}, si bien que (b_n\varrho^n)_n converge vers 0 pour tout \varrho tel que 1 < \varrho < \dfrac{p}{q}: l’hypothèse (H) est donc vérifiée. La question 12.d. s’applique alors et donne :

    \[\forall s \in \mathbb{N}, P(X=s)=a_s\]

    \[=\sum_{n=s}^{\infty}(-1)^{n-s}{\begin{pmatrix} n\\s \end{pmatrix}} (\dfrac{q}{p})^n\]

    \[=(\dfrac{q}{p})^s \sum_{n=s}^{\infty} {\begin{pmatrix} n\\s  \end{pmatrix}}(-\dfrac{q}{p})^{n-s}\]

    \[=(\dfrac{q}{p})^s \dfrac{1}{(1+\dfrac{q}{p})^{s+1}}= pq^s\]

d’après 10.b. sachant |\dfrac{q}{p}| < 1. Il en ressort comme en a. que X + 1 suit la loi géométrique G(p).

17. On note P_d le sous-espace vectoriel de R^R constitué des fonctions polynomiales de degré inférieur ou égal à d.

a. Les polynômes H_0, H_1, …. ,H_d sont non nuls et de degrés deux-à-deux distincts : ils forment donc une famille libre de P_d, formée de d + 1 = dim P_d vecteurs, c’est-à-dire une base de P_d.

b. C’est immédiat : \Delta est clairement linéaire sur P_d et à valeurs dans P_d.

c. On a bien sûr \Delta(H_0) = 0 et, pour s \in [1,d],

\forall x \in \mathbb{R}, \Delta(H_s)(x)

=\dfrac{(x + 1)x... (x- s + 2)}{s!}

- \dfrac{(x + 1)x... (x- s + 1)}{s!}

=\dfrac{(x - 1)x... (x- s + 2)}{s!}((x + 1)

- (x - s + 1))

= \dfrac{(x - 1)x... (x- s + 2)}{(s-1)!}

=H_{s-1}(x)

ainsi que H_s(0) = 0.

d. On commence par vérifier la formule pour un polynôme P = H_k, k \in [0, d]. Or, en itérant le résultat obtenu en c., il vient :

    \[\forall s\in[0, d], \Delta^s(H_k)\]

    \[=\begin{cases} H_{k-s} \qquad si \qquad s \leqslant k\\ 0 \qquad si \qquad s > k \end{cases}\]

si bien que

    \[\forall s\in[0, d], \Delta^s(H_k)(0)\]

    \[=\begin{cases} 1 \qquad si \qquad s = k\\ 0 \qquad sinon \end{cases}\]

d’où finalement

    \[\sum_{s=0}^{\infty}[\Delta^s(H_s)(0)]H_s=H_k\]

Puisque les applications P\longrightarrow P et P \longrightarrow \sum_{s=0}^{d}[\Delta^s(P)(0)]H_s sont linéaires sur P_d et coïncident comme on vient de le voir sur les vecteurs de la base (H_0,H_1,....,H_d), elles sont donc égales :

    \[\forall P\in P_d, P\]

    \[=\sum_{s=0}^{d} [\Delta^s(P)(0)]H_s\]

e. Il sufit d’appliquer la formule de la question d. au polynôme P=e_k

    \[\forall k \in [0, d],\quad \forall n \in \mathbb{N}, \quad n^k\]

    \[= e_k(n)\]

    \[= \sum_{s=0}^{d}[\Delta^s(e_k)(0)]H_s(n)\]

f. Pour k \in [0, d], il vient par transfert et d’après e.

E(X^k)=\sum_{s=0}^{d}n^k a_n

=\sum_{n=0}^{d}\sum_{s=0}^{d}[\Delta^s(e_k)(0)]H_s(n)a_n

=\sum_{n=0}^{d}[\Delta^s(e_k)(0)](\sum_{n=0}^{d}H_s(n)a_n)

où :

\forall s \in [0, d], \sum_{n=0}^{d}[\Delta^s(e_k)(0)](H_s(n)a_n)

=\sum_{n=0}^{d}\dfrac{n(n - 1)....(n - s + 1)}{s!}a_n

=\dfrac{G_X^(s)(1)}{s!}=b_s

ce qui conduit au résultat :

    \[E(X^k)=[\Delta^s(e_k)(0)]b_s\]

g. En calculant les valeurs de \Delta^s(e_k)(0), 0\leqslant k, s \leqslant 2, on explicite les relations de la question f. pour k \in \lbrace{0, 1, 2}\rbrace, qui permettent d’accéder aux valeurs de b_0, b_1, b_2 :

    \[\begin{cases} b_0=E(X^0)=1 \\ b_1=E(X)=1 \qquad \Leftrightarrow \\ b_1+2b_2=E(X^2)=\dfrac{3}{2} \end{cases}\]

    \[\begin{cases} b_0=1\\ b_1=1\\ b_2=\dfrac{1}{4} \end{cases}\]

Vu 13.b., on peut alors appliquer la formule obtenue en 13.c. pour obtenir :

    \[a_0 = b_0- b_1 + b_2\]

    \[=\dfrac{1}{4}\]

,

    \[\quad a_1=b_1- 2b_2=\dfrac{1}{2}\quad\]

et

    \[\quad a_2 = b_2 =\dfrac{1}{4}\]

ce qui met en évidence que X suit la loi binomiale B(2, \dfrac{1}{2}).

 

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