La procédure Parcoursup vise chaque année à répartir les élèves de terminale dans les différentes branches des études supérieures. Beaucoup d’étudiants, mais aussi bien évidemment de parents, sont attentifs au calendrier Parcoursup. Mais ils se posent aussi des questions sur l’algorithme Parcoursup, qui semble avoir un rôle si décisif sur leur avenir. Nous allons donc nous intéresser dans le détail à son fonctionnement, ses principes, afin de comprendre comment y faire face au mieux. Nous aurons ainsi à coeur de montrer que cet outil d’appariement, ne joue qu’un faible rôle dans l’orientation des lycéens vers l’enseignement supérieur.
Comment fonctionne l’algorithme Parcoursup ?
La procédure Parcoursup est fondée sur le principe des “mariages stables” théorisé par les informaticiens Gale et Shapley. Nous allons essayer de le résumer sans que vous n’ayez besoin de prendre de cours particuliers d’informatique. Et appliquons-le directement au principe de l’orientation après le bac.
La procédure d’affectation répond au principe des mariages stables, qui est le suivant. Le “mariage” entre une formation post-bac et un étudiant doit être stable. Cela signifie qu’un étudiant qui a classé un voeu X devant un voeu Y sera admis pour le premier si celui-ci l’a également choisi. De même, un étudiant qui a des résultats moins bons que vous ne sera pas prioritaire sur vous sur un voeu. Tout dépend de l’ordonnancement de vos vœux (aussi intitulé « ordre d’appel« )
Cela signifie qu’un étudiant X ne peut pas avoir un moins bon classement qu’un étudiant Y et être pris dans une meilleure formation.
Comment fonctionne cette procédure des mariages stables ? Chaque élève de terminale transmet ses vœux.
- Elève X : formation A > formation C > formation B
- Elève Y : formation A > formation B > formation C
- Elève Z : formation B > formation A > formation C
Voici les classements des élèves faits par les formations, différents en raison de critères qui varient. Les CPGE scientifiques vont privilégier des élèves bons en maths et en physique chimie par exemple, les prépa hypokhâgne vont privilégier les élèves bons en français et philosophie, etc. Pareil pour les BTS, les études de médecine (PASS ou LAS), les doubles-licences, les STAPS etc. Les filières non sélectives se fondent elles, sur d’autres critères, notamment l’académie d’origine.
- Formation A : Élève Z > Élève X > Élève Y
- Formation B : Élève X > Élève Y > Élève Z
- Formation C : Élève Z > Élève Y > Élève X
L’élève X et l’élève Y font donc une “proposition” à la formation A.
L’élève Z fait une proposition à la formation B.
Donc la formation A, qui préfère l’élève X par rapport à l’élève Y, fait dans un premier temps le choix de l’élève X tandis que la formation B choisit l’élève Z.
La formation C n’a été choisie par aucun élève de terminale.
L’élève Y est sans affectation.
Il y a ensuite un second tour :
Les élèves qui ne sont pas affectés proposent à l’école en deuxième position dans leurs vœux.
L’élève Y va donc proposer à son second vœu c’est à dire la formation B.
La formation B préfère l’élève Y à l’élève Z. Elle va donc l’accepter et rejeter l’élève Z, même s’il l’avait mise en premier vœu. C’est donc l’élève Z qui n’a maintenant plus d’affectation.
Troisième tour :
L’élève Z va faire une proposition à son second choix, c’est à dire la formation A. La formation A le préfère à l’élève X. Elle rejette donc l’élève X, qui se retrouve sans affectation.
Quatrième tour :
L’élève X propose à son second vœu, la formation C, qui accepte.
A l’issue du quatrième tour, chaque élève est donc affecté à une formation, en fonction de son classement et de ses préférences.
Attention il ne s’agit ici que d’un exemple ! Dans la réalité, il n’y a pas 3 élèves mais plus de 600 000 élèves de terminale. La procédure Partcoursup prend donc bien plus que 4 tours.

Quels critères sont utilisés par les formations sur Parcoursup ?
Sur Parcoursup, ce ne sont pas des algorithmes qui décident du sort des candidatures, mais des commissions d’examen des vœux composées principalement d’enseignants au sein de chaque formation. Ces commissions s’appuient sur un ensemble de critères qu’elles définissent elles-mêmes et dont le niveau d’importance varie d’une formation à l’autre.
Voici les critères analysés par les différentes formations du supérieur :
- les bulletins scolaires de première et de terminale (notes, appréciations, classement, réputation du lycée, etc.),
- les notes obtenues aux épreuves anticipées du bac en 1ère (français, maths)
- la fiche Avenir renseignée par le lycée,
- la lettre de motivation lorsqu’elle est demandée,
- la rubrique « Activités et centres d’intérêt ».
Certaines formations sélectives peuvent également organiser des épreuves écrites ou orales complémentaires. C’est le cas notamment des concours post bac des écoles d’ingénieurs (concours Avenir, Geipi Polytech) ou des écoles de commerce post bac (concours Sésame, Accès). Il est important de noter que chaque formation publie ses critères d’examen sur sa fiche Parcoursup, et qu’un rapport d’analyse des candidatures de la session précédente est mis à disposition pour permettre aux candidats de mieux comprendre les attentes.
On distingue ici les formations non sélectives (licences, PASS), qui acceptent tous les candidats dans la limite des places disponibles en les classant si nécessaire, et les formations sélectives (CPGE, BTS, BUT), qui peuvent refuser des candidatures. Dans les deux cas, des priorités légales s’appliquent ensuite, comme le taux de boursiers ou les quotas géographiques, avant que les propositions d’admission ne soient envoyées aux candidats.
Ordre d’appel Parcoursup : taux boursiers et quotas géographiques
Une fois que la commission d’examen des vœux de chaque formation post bac a établi son classement des candidatures, l’algorithme de Parcoursup intervient pour générer un ordre d’appel qui intègre des priorités légales qui visent à garantir l’équité d’accès à l’enseignement supérieur.
Trois mécanismes principaux entrent en jeu :
- taux minimum de boursiers : chaque formation se voit attribuer un pourcentage minimal de places réservées aux candidats boursiers, fixé par le recteur d’académie. Concrètement, si ce taux n’est pas atteint naturellement par le classement des professeurs, l’algorithme de Parcoursup remonte des candidats boursiers dans l’ordre d’appel afin de respecter cette obligation.
- quotas géographiques : ils s’appliquent principalement aux formations non sélectives (licences à l’université). Ces quotas visent à garantir qu’un pourcentage déterminé de places revient aux candidats issus de l’académie de la formation, pour préserver un accès de proximité.
- en BTS et en BUT, des priorités spécifiques existent également en faveur des bacheliers professionnels et technologiques respectivement.
C’est la combinaison du classement des formations réalisé par les enseignants et de ces correctifs légaux qui détermine l’ordre d’appel final, c’est-à-dire l’ordre dans lequel les propositions d’admission sont envoyées aux candidats lors de la phase d’admission au mois de juin.
Résultats et répondeur automatique : comment ça marche ?
Les élèves ne classent plus leurs voeux. Ils peuvent formuler jusqu’à 10 voeux et 20 sous-voeux pour les formatiosn regroupées (concours concours Avenir, Geipi Polytech, prépa MPSI, etc.). Les étudiants doivent alors transmette une fiche Avenir ainsi qu’un projet de formation motivé pour chacun des vœux. Le candidat peut néanmoins classer ses vœux en attente et activer un répondeur qui accepte automatiquement la meilleure proposition reçue. Il s’agit du mécanisme de répondeur automatique qui est devenu central sur la procédure.
L’algorithme Parcoursup ne simule pas les tours, puisque désormais chaque élève reçoit soit, un Oui des formations désirées soit une position sur liste d’attente (et éventuellement un Non pour les filières sélectives, prépa ECG, BTS, IUT, PASS ou LAS etc).
Les tours se déroulent donc “en direct”, et sont suivis par les élèves. Chaque formation classe les lycéens, et ceux-ci répondent aux propositions qui leurs sont faites. Les meilleures universités vont avoir tendance à prendre des élèves plus susceptibles de réussir la fac. Les élèves qui disent “Oui” à une formation libèrent alors des places dans les autres formations où ils ont également été acceptés et ainsi de suite. Les listes d’attentes mettent des mois pour se rétrécir progressivement.
Phase complémentaire et CAES : les solutions si vous n’avez pas de proposition
La procédure Parcoursup ne s’arrête pas à la phase principale d’admission : des dispositifs de rattrapage existent pour les candidats qui n’ont pas obtenu de proposition satisfaisante ou pas du tout de proposition (en cas de non validation des voeux par exemple).
La phase complémentaire, qui s’ouvre en juin, permet à tous les candidats, qu’ils aient reçu ou non des propositions en phase principale, de formuler jusqu’à 10 nouveaux vœux parmi les formations qui disposent encore de places disponibles. Ces formations sont consultables via le moteur de recherche Parcoursup, qui est régulièrement mis à jour au fil des désistements.
Les formations examinent les candidatures au fur et à mesure, dans un délai maximum de 8 jours, ce qui signifie que les réponses arrivent plus rapidement qu’en phase principale. Chaque année, plus de 80 000 candidats trouvent une place grâce à cette phase complémentaire.
Si, après la phase complémentaire, un candidat reste sans proposition, il peut solliciter à partir du mois de juillet la CAES (Commission d’Accès à l’Enseignement Supérieur) de son académie. Présidée par le recteur et composée d’enseignants, de responsables d’établissements secondaires et supérieurs et de conseillers d’orientation, cette commission analyse individuellement chaque dossier pour proposer une formation au plus près du projet de l’étudiant, en fonction des places encore disponibles.
La CAES peut également orienter les candidats vers un accompagnement en lien avec les acteurs de l’orientation et de l’insertion professionnelle. Il est important de noter que les candidats en situation de handicap, les sportifs de haut niveau ou ceux ayant une charge de famille peuvent aussi saisir la CAES pour un réexamen spécifique de leur dossier. Ce filet de sécurité garanti par l’État fait partie intégrante du fonctionnement de l’algorithme Parcoursup et vise à ce qu’aucun bachelier ne reste sans solution d’accès à l’enseignement supérieur.
Les avantages de cet algorithme Parcoursup
Tout d’abord, les élèves n’ayant pas à classer leurs voeux Parcoursup, ils ont plus de temps pour réfléchir à leurs préférences. Ils sont bien évidemment amenés, au bout d’un moment, à faire un choix. Lorsqu’ils ont plusieurs “Oui”, ils ont quelques jours pour n’en garder qu’un, afin de libérer des places pour les autres. Mais ils sont tout à fait libres de garder un “Oui” sans l’accepter, en espérant qu’une autre formation où ils sont encore en liste d’attente finisse par leur dire “Oui’.
Le second avantage est la transparence. Les élèves peuvent suivre en direct leur avancée dans les listes d’attente sur Parcoursup. Ce sont les élèves qui, par leurs choix, font avancer les listes d’attentes jusqu’à converger vers une affectation générale réussie. Enfin, en se basant sur des classements effectués par les formations, la procédure supprime le tirage au sort, qui pouvait se produire auparavant.
Les inconvénients de la procédure Parcoursup
Cette transparence de la procédure a un prix, et pas des moindres : le temps. Cette procédure prend en effet plusieurs mois. Et dans les faits, cette procédure est génératrice de stress et d’angoisse pour les lycéens sur liste d’attente. Ils seront amenés à regarder quotidiennement la plateforme et à scruter leur progression dans le classement de chaque formation. Cette attente les empêchera de mieux se projeter. Ils ne pourront pas s’organiser pour réussir leur rentrée, devront trouver au dernier moment leur logement étudiant à Paris ou ailleurs.
Et surtout, malheureusement, certains se décourageront inévitablement face à cet procédure trop lent, et renonceront à des vœux qu’ils auraient certainement fini par obtenir ! C’est ce qui explique que certaines des meilleures prépa ECG par exemple n’aient même pas réussi à remplir leurs effectifs. C’est pour cela qu’il y a eu une stagnation du nombre d’élèves en CPGE. Les élèves classés en liste d’attente ont renoncé, alors qu’ils auraient certainement pu réussir brillamment en prépa et qui sait peut être même majorer en prépa.
Retrouvez également sur notre blog, de nombreuses autres informations concernant Parcoursup, notamment les procédure d’inscription en écoles post-bac sur Parcoursup et la procédure d’inscription en prépa sur Parcoursup.
À lire aussi :
