Par Seda Biber · Publié le 13 novembre 2017, mis à jour le 15 octobre 2026
Stress en prépa : comment gérer la pression et éviter le coup de blues ?
Le stress fait partie du quotidien de la plupart des élèves de prépa : selon l’enquête menée par l’APLCPGE en octobre 2025 auprès de 5 697 étudiants de deuxième année, 68,6 % déclarent en ressentir. Un coup de blues après une mauvaise note ou un concours blanc raté est donc fréquent, et il passe le plus souvent. Pour le traverser, quatre leviers comptent plus que les autres : le sommeil, le sport, l’entourage et de vraies pauses dans la semaine. Si le mal-être dure plusieurs semaines, parlez-en à un adulte de confiance ou à un professionnel.
| Période | Ce qui peut déclencher le coup de blues | Ce qui aide |
| Septembre à novembre de sup | Premières notes de DS bien plus basses qu’au lycée, rythme des colles | Comparer sa note à la moyenne de la classe, demander un retour au professeur |
| Hiver de sup | Fatigue accumulée, choix de la filière de spé | Dormir, préparer son choix avec les professeurs |
| Concours blancs de spé ou de 2e année ECG | Classement, comparaison avec les autres | Suivre ses propres progrès, reprendre les sujets ratés |
| Semaines avant les écrits | Charge de révisions, peur de l’échec | Planning réaliste, sommeil, sport |
| Après les écrits et les résultats | Attente, déception, question de cuber | En parler, se renseigner sur toutes les options |
Pourquoi le stress est-il si présent en prépa ?

Le rythme de la prépa n’a rien à voir avec celui du lycée : cours toute la journée, DS presque chaque semaine, colles, DM à rendre, et les concours en ligne de mire. Les élèves le confirment. Dans l’enquête APLCPGE, 70 à 80 % des étudiants estiment que le stress ressenti en prépa est plus fort qu’au lycée.
Les causes citées par les étudiants sont la charge de travail, la peur de l’échec et le regard des professeurs. La part d’élèves stressés progresse : 68,6 % en 2025 contre 64 % lors de l’enquête précédente.
Le stress n’est pas réparti de la même façon partout. Il est plus élevé chez les filles et en filière ECG : 41 % des filles déclarent un niveau de stress très élevé, contre 17 % des garçons.
Ces chiffres ne disent pas que la prépa rend malheureux. 86,2 % des répondants referaient le même choix d’orientation. Le stress est réel, mais la grande majorité des élèves le traverse et ne regrette pas son choix.
Stress utile ou stress toxique : comment faire la différence ?
Un stress ponctuel avant une colle ou un DS aide à se concentrer. Il retombe une fois l’épreuve passée. Le stress devient un problème quand il ne redescend plus :
- vous n’arrivez plus à décrocher, même le dimanche ;
- vous dormez mal plusieurs nuits de suite ;
- une mauvaise note vous fait douter de toute votre orientation ;
- vous évitez vos amis et vos activités habituelles.
Le coup de blues se situe entre les deux : une baisse de moral nette, souvent après une note ou un classement, qui dure quelques jours. Il ne dit rien de votre capacité à réussir.
Comment gérer le stress et éviter le coup de blues en prépa ?

Dormir suffisamment, même avec un DM inachevé
Avec les DM, les DS, les colles et les révisions, le sommeil est souvent le premier sacrifié. C’est un mauvais calcul : fatigué, vous êtes moins concentré le lendemain et vous perdez le temps gagné la veille. Mieux vaut aller vous coucher avec un exercice non terminé et le reprendre reposé. Une courte sieste après le déjeuner peut aussi vous aider à tenir l’après-midi.
Garder une activité sportive
Le sport permet de vous vider la tête avant une colle ou après un DS difficile, et l’activité physique favorise la libération d’endorphines, liées à la sensation de bien-être. Une ou deux séances par semaine suffisent, de préférence en dehors de votre pièce de travail. En ECG, avoir gardé une pratique sportive vous donnera aussi de quoi parler lors des entretiens de personnalité.
Ne pas vous isoler
Quand le moral baisse, on a tendance à se replier sur son travail. C’est souvent ce qui entretient le malaise. Dans l’enquête APLCPGE, 56,3 % des étudiants citent l’amitié parmi ce qui les aide à se sentir bien [à vérifier]. Travailler en groupe, comparer ses méthodes, se tester mutuellement avant une colle : tout cela rend le travail plus efficace et moins pesant. Pendant les vacances, les stages intensifs en prépa scientifique offrent ce cadre, avec un professeur et un petit groupe d’élèves du même niveau.
S’accorder de vraies pauses chaque semaine
Gardez au moins deux moments par semaine sans travail : un repas avec des amis, une sortie, une activité que vous aimiez au lycée. Ces pauses ne sont pas du temps perdu. Le jour des concours, être en forme compte autant que les heures de révision accumulées, comme le rappellent nos conseils pour les dernières semaines avant les concours.
Relativiser les notes et garder votre objectif en tête
En prépa, les barèmes sont exigeants et un 6 en DS peut être une note correcte. Comparez vos résultats à la moyenne de la classe plutôt qu’à vos notes de terminale. Et pensez au but : une école d’ingénieurs après les concours Mines-Ponts, Centrale ou CCINP, ou une école de commerce après les épreuves de la BCE. Ne laissez pas une mauvaise semaine décider de deux années de travail.
Coup de blues, épuisement ou dépression : quand s’inquiéter ?
Un coup de blues passe en quelques jours. Si les signes suivants durent plusieurs semaines, il ne s’agit plus d’un simple passage à vide :
- tristesse ou perte d’intérêt pour presque tout ;
- troubles du sommeil ou de l’appétit ;
- épuisement qui ne disparaît pas avec le repos ;
- isolement, envie de tout arrêter.
Dans ce cas, parlez-en. Au lycée, l’infirmerie, le CPE ou votre professeur principal peuvent vous orienter. Votre médecin traitant aussi. Des services gratuits existent : Fil Santé Jeunes (0 800 235 236), Nightline, une ligne d’écoute tenue par des étudiants, et le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable à toute heure.
Faut-il arrêter la prépa ou cuber après un coup dur ?
Un trimestre difficile n’est pas une raison suffisante pour arrêter. Beaucoup d’élèves remontent après un début d’année compliqué.
Si la question se pose vraiment, sachez que plusieurs options existent :
- cuber, c’est-à-dire refaire sa deuxième année : l’élève qui redouble sa spé est appelé « 5/2 ». Nous détaillons les avantages et les risques dans notre article faut-il redoubler en prépa scientifique ? ;
- rejoindre l’université : les élèves de CPGE sont inscrits en parallèle dans une université, et les crédits ECTS validés en prépa permettent de poursuivre en licence ;
- changer de filière en fin de sup : notre article sur le choix entre PC, PSI, MPI et MP peut vous aider.
Prenez cette décision à froid, après en avoir parlé avec vos professeurs et votre famille, pas au lendemain d’un concours blanc.
Parents : comment aider votre enfant en prépa ?

Votre enfant vit peut-être sa première vraie difficulté scolaire. Quelques repères :
- écoutez sans comparer à ses résultats du lycée ;
- évitez de commenter chaque note : en prépa, un 8 peut être une bonne copie ;
- encouragez le sommeil, le sport et les sorties plutôt que des heures de travail en plus ;
- restez attentif aux signes qui durent plusieurs semaines, décrits plus haut.
Si votre enfant doit faire la transition entre terminale et prépa, notre article sur la préparation à la prépa scientifique durant l’été aide à aborder la rentrée plus sereinement.
Questions fréquentes sur le stress en prépa
Est-ce normal d’être stressé en prépa ?
Oui. Selon l’enquête menée par l’APLCPGE en octobre 2025, 68,6 % des étudiants de deuxième année de prépa déclarent ressentir du stress. Ce stress devient un problème quand il ne redescend plus, même en dehors des épreuves.
Que faire après une très mauvaise note en prépa ?
Comparez votre note à la moyenne de la classe plutôt qu’à vos notes de lycée, puis reprenez le sujet avec le corrigé dans la semaine pour identifier l’origine de vos erreurs : cours, méthode, rédaction ou gestion du temps.
Peut-on faire du sport en prépa ?
Oui, et c’est recommandé. Une ou deux séances par semaine aident à évacuer la tension et à travailler plus efficacement ensuite. En ECG, une pratique sportive régulière est aussi un sujet à valoriser lors des entretiens.
Que veut dire cuber en prépa ?
Cuber, c’est refaire sa deuxième année de prépa, généralement pour viser de meilleures écoles aux concours. L’élève qui redouble sa spé est appelé 5/2 (cinq demi).
Qui contacter si le moral ne remonte pas en prépa ?
L’infirmerie du lycée, le CPE, le professeur principal ou le médecin traitant peuvent vous orienter. Des lignes d’écoute gratuites existent aussi, comme Fil Santé Jeunes (0 800 235 236), Nightline ou le 3114.
Sources
- APLCPGE et Observatoire du bien-être du CEPREMAP, Résultats clés, enquête APLCPGE 2025, A. Martinez, M. Perona, C. Senik, 20 janvier 2026.
- A. Martinez, Classes prépas : préserver le positif, réduire les écarts, Observatoire du bien-être du CEPREMAP, n°2026-03, 5 février 2026.
- L’Étudiant, Classes préparatoires : un choix toujours plébiscité par la grande majorité des étudiants, 22 janvier 2026.
- Major Prépa, Enquête APLCPGE sur le bien-être en prépa, janvier 2026.
- Fil Santé Jeunes, Nightline France, 3114 : sites officiels.
