Passionnée par l’Histoire et l’Archéologie depuis mes 13 ans — depuis la lecture du Roman de la Momie de Théophile Gautier — je porte en moi ce désir d’explorer ce monde fascinant qu’est l’histoire des civilisations. En 1999, j’obtiens ma licence d’Histoire de l’Art et Archéologie, et je réalise un rêve en partant en Égypte. À mon retour en France en 2001, je poursuis ce fil : un Master I sur les Mamelouks, puis un DEA sur les mondes chrétiens et musulmans, avant de me lancer dans un doctorat d’Histoire médiévale en 2003. Mais le contexte politique rend l’accès aux sources orientales trop difficile, et je ne peux pas mener ce doctorat au bout.
Avec le recul, je comprends que cette étape fait écho à une autre histoire, plus intime : celle d’une élève passionnée… qui avait du mal à trouver sa place dans le cadre scolaire. En cours, il suffisait que le professeur parle pour qu’une image surgisse dans mon esprit, m’emporte ailleurs, et me fasse perdre le fil. L’école me semblait souvent trop stricte, trop rigide, trop peu propice à la liberté. Ce que j’aimais, en revanche, c’étaient les débats : en histoire, en philosophie, en littérature — ces moments où l’on questionne, où l’on relie les idées, où l’on apprend vraiment. J’ai même envisagé un temps de m’orienter vers le droit. Et puis, comme souvent, la vie est faite de virages inattendus.
Aujourd’hui, je sais que ne pas avoir eu le profil du “bon élève” est devenu ma force : cela m’aide à repérer rapidement ce qui bloque un élève (repères chronologiques fragiles, vocabulaire qui échappe, consignes mal comprises, méthode de rédaction à construire, confiance qui vacille). C’est là qu’est née ma vocation : transmettre autrement, avec une approche plus vivante, plus claire, plus humaine — pour aider les élèves à s’ouvrir au monde, à aiguiser leur esprit critique, et à trouver leur place, même s’ils ne rentrent pas dans le moule traditionnel.