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Cours en ligne ECS2

Chapitres Maths en ECS2

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Cours : Algèbre bilinéaire en ECS2

Résumé de cours Exercices Corrigés

Cours en ligne de Maths en ECS2

Formes bilinéaires, Produit scalaire, Orthogonalité & Espace euclidien

1. Formes bilinéaires

Méthode 1 : Qu’est-ce qu’une forme bilinéaire sur E ?

C’est une application \varphi: E\times E \to \mathbb{R} qui à un couple (x,y) d’éléments de E associe un réel, \varphi(x,y), qui vérifie les deux propriétés suivantes:

(i) pour x fixé dans E, l’application \varphi_{x}:E\to \mathbb{R} définie par: \forall y\in E, \varphi_{x}(y)=\varphi(x,y), est linéaire;

(ii) pour y fixé dans E, l’application \varphi_{y}:E\to \mathbb{R} définie par: \forall x\in E, \varphi_{y}(x)=\varphi(x,y), est linéaire.

La propriété (i) peut s’énoncer sous la forme: \varphi est linéaire par rapport à la deuxième variable, ou encore \varphi est linéaire à droite, et la propriété (ii) sous la forme: \varphi est linéaire par rapport à la première variable, ou \varphi est linéaire à gauche.

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Exemple : \varphi est-elle une forme bilinéaire sur \mathbb{R} si pour tout (x,y)\in\mathbb{R}\times\mathbb{R}:

(i) \varphi(x,y)=2x+3xy ?

(ii) \varphi(x,y)=3xy^{2}?

(iii) \varphi(x,y)=xy ?

Réponse :

(i) Non

(ii) Non

(iii) Oui

Méthode 2 : Quand E est de dimension finie et muni d’une base, comment calculer \varphi(x,y) si \varphi est bilinéaire?

Si (e_{1},\dots,e_{n}), n\geq 1, est une base de E, \varphi est complètement connue quand on connait les \varphi(e_{i},e_{j}):

si x_{1},\dots,x_{n} et y_{1},\dots,y_{n} sont les coordonnées de x et y dans cette base,

\varphi(x,y)=\displaystyle \sum_{1\leq i,j\leq n} a_{i,j}x_{i}y_{j} où a_{i,j}=\varphi(e_{i},e_{j}).

Exemple : E=\mathbb{R}^{2}, (e_{1},e_{2}) est la base canonique, \varphi est bilinéaire et \varphi(e_{i},e_{j})=2^{i}3^{j}. Donner l’expression de \varphi(x,y).

Réponse : \varphi(x,y)=6x_{1}x_{2}+18x_{1}y_{2}+12x_{2}y_{1}+36x_{2}y_{2}.

Méthode 3 : Comment définir et utiliser la matrice d’une forme bilinéaire ?

\bullet Si \varphi est une forme bilinéaire sur E, si \mathcal{B}=(e_{1},\dots,e_{n}) est une base de E, la matrice de \varphi dans \mathcal{B} est A=\displaystyle \left(\varphi(e_{i},e_{j})\right)_{1\leq i,j\leq n}.

\bullet Si X et Y sont les matrices de x et y dans \mathcal{B}, \varphi(x,y)=(^{t}X)AY.

Exemple : E=\mathbb{R}^{2} est muni de la base canonique. Dire si \varphi est une forme bilinéaire sur E et trouver sa matrice quand

(i) \varphi(x,y)=x_{1}^{2}y_{2}+x_{2}y_{1}^{2}

(ii) \varphi(x,y)=x_{1}y_{1}-x_{2}y_{1}+3y_{1}y_{2}

(iii) \varphi(x,y)=x_{1}y_{2}+4x_{2}y_{1}-x_{2}y_{2}.

Réponse :

(i) Non : l’expression de \varphi comporte des carrés de coordonnées.

(ii) Non : si on remplace y par 2y, le terme y_{1}y_{2} est multiplié par 4.

(iii) Oui : la matrice de \varphi est:\begin{pmatrix} 0& 1\\ 4& -1\end{pmatrix}.

Méthode 4 : Si E est de dimension n, n\geq 1, si \mathcal{B} et \mathcal{B}' sont deux bases de E, comment passer de l’expression de \varphi(x,y) dans \mathcal{B} à son expression dans \mathcal{B}'?

Si P est la matrice de passage de \mathcal{B} à \mathcal{B}', si x et y ont pour matrices X et Y dans \mathcal{B}, X' et Y' dans \mathcal{B}', si A est la matrice de \varphi dans \mathcal{B} et A' sa matrice dans \mathcal{B}', on a: X=PX', Y=PY', et \varphi(x,y)=(^{t}X)AY=(^{t}X')(^{t}P)APY', donc A'=(^{t}P)AP.

Exemple : \mathbb{R}^{2} est muni de la base canonique \mathcal{B}, \varphi(x,y)=2x_{1}y_{1}-3x_{2}y_{2}+x_{1}y_{2}+x_{2}y_{1}. Ecrire l’expression de \varphi à l’aide des coordonnées de x et y dans \mathcal{B}' où \mathcal{B}'=(e_{1}+e_{2},-e_{1}+e_{2}).

Réponse : A=\begin{pmatrix} 2& 1\\ 1& -3\end{pmatrix} et P=\begin{pmatrix} 1& -1\\ 1& 1\end{pmatrix}, donc A'=\begin{pmatrix} 1& -5\\ -5& -3\end{pmatrix}, d’où:

\varphi(x,y)=x'_{1}y'_{1}-3x'_{2}y'_{2}-5x'_{1}y'_{2}-5 x'_{2}y'_{1}.

2. Produit scalaire, norme associée

Méthode 5 :  Comment savoir si une application \varphi:E\times E\to \mathbb{R} est un produit scalaire?

Pour que \varphi soit un produit scalaire, il faut et il suffit qu’elle soit: \bullet bilinéaire \bullet symétrique : \forall (x,y)\in E\times E, \varphi(x,y)=\varphi(y,x) \bullet définie positive : \forall x\in E, \varphi(x,x)\geq 0, et si \varphi(x,x)=0, alors x=0.

Méthode 6 : Comment définir et utiliser le produit scalaire canonique dans \mathbb{R}^{n}?

On note (e_{1},\dots,e_{n}) la base canonique de \mathbb{R}^{n}. Le produit scalaire canonique est défini par : si x,y appartiennent à \mathbb{R}^{n}, \displaystyle x=\sum_{i=1}^{n}x_{i}e_{i}, \ \displaystyle y=\sum_{j=1}^{n}y_{j}e_{j}, alors

<x,y>=\displaystyle \sum_{i=1}^{n}x_{i}y_{i}.   Les matrices de x et y dans la base canonique sont X=\begin{pmatrix}x_{1}\\ \vdots\\x_{n} \end{pmatrix} et Y=\begin{pmatrix} y_{1}\\ \vdots\\ y_{n}\end{pmatrix}. L’expression matricielle du produit scalaire canonique est donc:
<x,y>=(^{t}X)Y.
La matrice du produit scalaire canonique dans la base canonique est I_{n}.
Exemple :

Dans \mathbb{R}^{3}: x=(-1,2,3) et y=(4,-1,2). Le produit scalaire (canonique) de x et y est :

(i) 4

(ii) 6

(iii) 0

Réponse : On a: 0\leq X\leq Y, donc \mathbb{E}(X) existe et 0\leq \mathbb{E}(X)\leq \mathbb{E}(Y).

 

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Méthode 7 :  Y a-t-il d’autres produits scalaires usuels que des produits scalaires définis sur \mathbb{R}^{n}?

Oui. Par exemple, si E=C^{0}([a,b]) est l’espace vectoriel des fonctions définies et continues sur l’intervalle [a,b], à valeurs réelles, on définit un produit scalaire sur E en posant, pour f et g dans E,

<f,g>=\displaystyle \int_{a}^{b}f(t)g(t)dt.

Exemple :

En posant f,g=\displaystyle \int_{0}^{1}f(t)g(t)dt, on définit un produit scalaire sur : (i) E=\{f:[0,1]\to\mathbb{R}\}?

(ii) E=\{f:[0,1]\to\mathbb{R} |\: f est dérivable sur [0,1]\}?

Réponse :

(i) Non : en prenant f(t)=0 si t\neq 1/2 et f(1/2)=1, on a <f,f>=0, mais f\neq 0;

(ii) Oui : les fonctions dérivables sur [0,1] sont continues sur [0,1].

Méthode  8 : Comment calculer la norme d’un vecteur? Quelles sont les propriétés de la norme?

\bullet Si E est muni d’un produit scalaire, la norme associée au produit scalaire est définie par : ||x||=\sqrt{<x,x>}.

Elle vérifie les propriétés caractéristiques d’une norme, à savoir : pour tout x de E, ||x||\geq 0, et si |x||=0, alors x=0; pour tout x de E, et tout \lambda de \mathbb{R}, ||\lambda x||=|\lambda|\ ||x||; pour tous x,y de E, ||x+y||\leq ||x||+||y|| (inégalité triangulaire).
\bullet Si \mathbb{R}^{n} est muni du produit scalaire canonique, si x=(x_{1},\dots,x_{n}), ||x||^{2}=\displaystyle \sum_{i=1}^{n}x_{i}^{2}=(^{t}X)X.
Exemple : Dans \mathbb{R}^{3}, x=(1,0,-2) et y=(2,b,4) où b>0. La norme de x+y est 5.  Quelle est la valeur de b ? Réponse : 2\sqrt{3} Méthode 9 :  Quelles sont les relations d’égalité ou d’inégalité à connaître entre produit scalaire et norme? \bullet <x,y>=\dfrac{1}{2}\left(||x+y||^{2}-||x||^{2}-||y||^{2}\right). Cette relation permet de retrouver le produit scalaire à l’aide de la norme. \bullet |<x,y>|\leq \dfrac{1}{2}(||x||^{2}+||y||^{2}). Cette relation découle de ||x+y||^{2}\geq 0 et ||x-y||^{2}\geq 0. \bullet Inégalité de Cauchy-Schwarz: |<x,y>|\leq ||x||\ ||y||. Les cas où l’égalité est obtenue dans cette inégalité sont: <x,y>=||x||\ ||y|| si et seulement si x=0 ou y=\lambda x, \lambda\geq 0; <x,y>=-||x||\ ||y|| si et seulement si x=0 ou y=\lambda x, \lambda\leq 0. Exemple : Si E=C^{0}([a,b]) est muni du produit scalaire <f,g>=\displaystyle \int_{a}^{b}f(t)g(t)dt, alors on a: (i) : \displaystyle \int_{a}^{b}f(t)g(t)dt \leq \int_{a}^{b}f^{2}(t)dt \int_{a}^{b}g^{2}(t)dt ? (ii) : \displaystyle \int_{a}^{b}f(t)g(t)dt \leq\dfrac{1}{2}\left(\int_{a}^{b}f^{2}(t)dt+\int_{a}^{b}g^{2}(t)dt\right) ? (iii) : \displaystyle \int_{a}^{b}f(t)g(t)dt \leq \dfrac{1}{2}\left(\sqrt{\int_{a}^{b}f^{2}(t)dt}+\sqrt{\int_{a}^{b}g^{2}(t)dt}\right) ? (iv) : \displaystyle \int_{a}^{b}f(t)g(t)dt \leq\sqrt{\int_{a}^{b}f^{2}(t)dt}\ \sqrt{\int_{a}^{b}g^{2}(t)dt} ?

3. Orthogonalité

Méthode 10 :  E est muni d’un produit scalaire. Quand peut-on parler d’orthogonalité entre éléments ou parties de E? \bullet Si x et y sont deux vecteurs de E, on calcule <x,y>: si <x,y>=0, on dira que x et y sont orthogonaux (ou que x est orthogonal à y, ou que y est orthogonal à x), et on notera x\perp y; sinon, x et y ne sont pas orthogonaux. \bullet Si x est un vecteur de E et si A est une partie de E ou une famille de vecteurs de E, on dira que x est orthogonal à A si x est orthogonal à tout vecteur de A, et on notera x\perp A. En particulier, si F est un sous-espace vectoriel de E, si A=(y_{1},\dots,y_{p}) est une famille génératrice de F, x est orthogonal à F si et seulement si x est orthogonal à A. \bullet Si A et B sont deux parties de E, on dira que A et B sont orthogonales (ou que A est orthogonale à B) si tout vecteur de A est orthogonal à tout vecteur de B (ou si tout vecteur de A est orthogonal à B), et on notera alors A\perp B. En particulier, si F et G sont deux sous-espaces vectoriels de E, si A=(x_{1},\dots,x_{k}) est une famille génératrice de F et B=(y_{1},\dots,y_{p}) est une famille génératrice de G, F et G sont orthogonaux si et seulement si A et B sont orthogonales. Exemple : E=C^{0}([-\pi,\pi]) est muni du produit scalaire <f,g>=\displaystyle \int_{-\pi}^{\pi}f(t)g(t)dt, F=\{t\to a\sin^{2}(t)+b\cos^{2}(t)|a,b\in\mathbb{R}\}, et G=\{t\to \lambda t^{k}|\lambda\in\mathbb{R}\}, où k\in \mathbb{N}. Pour quelles valeurs de k a-t-on F\perp G ? Méthode 11 :  E est muni d’un produit scalaire. Quel est l’ensemble des vecteurs orthogonaux à un vecteur donné? à une partie donnée? \bullet Si x\in E, l’ensemble des vecteurs de E orthogonaux à x est un sous-espace vectoriel de E appelé l’orthogonal de x et noté x^{\perp}: x^{\perp}=\{y\in E|<x,y>=0\}. En particulier 0^{\perp}=E. Pour tout x de E, on a: x\perp x^{\perp}, et si A est une partie de E, x\perp A équivaut à A\subset x^{\perp}. \bullet Si A est une partie de E, l’ensemble des vecteurs de E orhogonaux à A est un sous-espace vectoriel de E appelé l’orthogonal de A et noté A^{\perp}. En particulier E^{\perp}=\{0\}. On a encore A\perp A^{\perp}, et si A et B sont deux parties de E, A\perp B équivaut à A\subset B^{\perp} (ou à B\subset A^{\perp}). En prenant B=A^{\perp}, on obtient A\subset (A^{\perp})^{\perp}. \bullet Si A est une partie finie, A=\{x_{1},\dots,x_{k}\}, alors A^{\perp}=(\textrm{Vect}(x_{1},\dots,x_{k}))^{\perp}. Exemple : \mathbb{R}^{3} est muni du produit scalaire canonique, u=(2, -3,1). Quelle est l’équation de u^{\perp} ? Réponse :  2x-3y+z=0 Méthode 12 :  E est muni d’un produit scalaire. Qu’est-ce qu’une famille orthogonale? une famille orthonormale? Une famille (x_{1},\dots,x_{k}) de vecteurs de E est \bullet orthogonale si pour 1\leq i<j\leq k, \ x_{i} est orthogonal à x_{j}; \bullet orthonormale si elle est orthogonale et si tous les vecteurs de la famille sont unitaires (c’est-à-dire de norme 1). Une famille orthogonale formée de vecteurs tous non nuls est libre. Une famille orthonormale est libre. Exemple : E=C^{0}([0,\pi]) est muni du produit scalaire f,g=\displaystyle \int_{0}^{\pi}f(t)g(t)dt. La famille (t\to a\sin(t), t\to b\cos(t)) est orthonormale si et seulement si: (i) a=\pi/2 et b=-\pi/2? (ii) a=b=\sqrt{2/\pi}? (iii) a^{2}+b^{2}=1? Réponse : (ii)
Méthode 13 :  E est muni d’un produit scalaire. Comment exploiter l’orthogonalité? \bullet Pour montrer qu’un vecteur de E est nul, on peut montrer qu’il est orthogonal à tous les vecteurs de E. \bullet Pour montrer qu’une famille est libre, on peut vérifier que les vecteurs qui la composent sont non nuls, et montrer qu’elle est orthogonale. \bullet Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels de E orthogonaux, F\cap G=\{0\}, la somme F+G est directe. \bullet Si (e_{1},\dots,e_{k}) est une famille orthonormale de E, pour tout x de E, \displaystyle x-\sum_{i=1}^{k}<x,e_{i}>e_{i} est orthogonal à \textrm{Vect}(e_{1},\dots,e_{k}). Exemple : E=\{f:[0,1]\to\mathbb{R}| f est polynomiale à coefficients réels.\} On suppose que u\in E et que \forall k\in \mathbb{N}, \displaystyle \int_{0}^{1}t^{k}u(t)dt=0. A-t-on u=0 ? Réponse : Oui, on munit E du produit scalaire défini par: <f,g>=\displaystyle \int_{0}^{1}f(t)g(t)dt; u est orthogonale à toutes les fonctions de E, donc u=0 . Méthode 14 :  Comment relier l’orthogonalité à la norme? En utilisant le théorème de Pythagore: x et y sont orthogonaux si et seulement si ||x+y||^{2}=||x||^{2}+||y||^{2}. Exemple : E est muni d’un produit scalaire, F est un sous-espace vectoriel de E, u un vecteur de E, et v_{0} un vecteur de F tel que: u-v_{0}\perp F. Montrer que, pour tout vecteur v de F, ||u-v||\geq ||u-v_{0}||. Réponse : si v\in F, v_{0}-v\in F, donc u-v_{0}\perp v_{0}-v; en remarquant que u-v=(u-v_{0})+(v_{0}-v) et en utilisant le théorème de Pythagore, ||u-v||^{2}=||u-v_{0}||^{2}+||v_{0}-v||^{2}, donc ||u-v||^{2}\geq||u-v_{0}||^{2}.

4. Espaces euclidiens

Méthode 15 :  Qu’est-ce qu’un espace euclidien? Quelle en est la principale propriété?

C’est un espace vectoriel sur \mathbb{R} de dimension finie, muni d’un produit scalaire.

Dans un espace euclidien différent de \{0\}, il existe des bases orthonormées (ou orthonormales).
Exemple :  \mathbb{R}^{n}, n\geq 1, est un espace euclidien.
La base canonique de \mathbb{R}^{n} est-elle orthonormée pour le produit scalaire canonique ?

Réponse : Oui

Méthode 16 :  Si E est euclidien, comment savoir qu’une famille de vecteurs de E est une b.o.n. (base orthonormée ou base orthonormale) de E?

Si \textrm{dim}(E)=n, il suffit de vérifier que la famille a n éléments et qu’elle est orthonormale.

Exemple : E est un espace euclidien F et G sont deux sous-espaces vectoriels de E,distincts de \{0\}, supplémentaires: E=F\oplus G. (x_{1},\dots,x_{k}) est une b.o.n. de F, (y_{1},\dots,y_{p}) est une b.o.n. de G. Alors: (i) (x_{1},\dots,x_{k},y_{1},\dots,y_{p}) est une b.o.n. de E ? (ii) (x_{1},\dots,x_{k},y_{1},\dots,y_{p}) est une b.o.n. de E si et seulement si k+p=n ? (iii) (x_{1},\dots,x_{k},y_{1},\dots,y_{p}) est une b.o.n. de E si et seulement si F\perp G ?

Réponse : (iii) La famille a k+p éléments et k+p=n puisque E=F\oplus G, tous les vecteurs sont de norme 1, et elle est orthogonale si et seulement si \textrm{Vect}(x_{1},\dots,x_{k}) est orthogonal à \textrm{Vect}(y_{1},\dots,y_{p}).

Méthode 17 :  Si E est euclidien, comment construire une b.o.n. de E?

\bullet Si E est de dimension n, n\geq 1, si (u_{1},\dots,u_{n}) est une base de E, on peut construire la b.o.n. (e_{1},\dots,e_{n}) déduite de (u_{1},\dots,u_{n}) par le procédé de Schmidt:

e_{1}=\dfrac{1}{||u_{1}||}u_{1} et, pour 0\leq k\leq n-1, si

v_{k+1}=\displaystyle u_{k+1}-\sum_{i=1}^{k}u_{k+1},e_{i}e_{i}\, e_{k+1}=\dfrac{1}{||v_{k+1}||}v_{k+1}.

C’est l’unique b.o.n. de E telle que, pour tout k tel que 1\leq k\leq n, on ait:

\textrm{Vect}(e_{1},\dots,e_{k})=\textrm{Vect}(u_{1},\dots,u_{k}) et e_{k},u_{k}0.

\bullet Si E est de dimension n, n\geq 2, si (e_{1},\dots,e_{k}), kn, est une famille orthonormale de E, on peut la compléter en une base orthonormée (e_{1},\dots,e_{k},\dots,e_{n}) de E.

Exemple :

Dans \mathbb{R}^{3} muni du produit scalaire canonique, on donne les vecteurs u_{1}=\begin{pmatrix} 1\\ 0\\ -1\end{pmatrix}, u_{2}=\begin{pmatrix} 1\\ 1\\ 1\end{pmatrix}, u_{3}=\begin{pmatrix} 0\\1 \\1\end{pmatrix}, qui forment une base \mathcal{B} de \mathbb{R}^{3}.

La b.o.n. (v_{1},v_{2},v_{3}) déduite de \mathcal{B} par le procédé de Schmidt est: (i) \dfrac{1}{\sqrt{2}}\begin{pmatrix} 1\\ 0\\-1\end{pmatrix}, \dfrac{1}{\sqrt{3}}\begin{pmatrix} 1\\-1\\ 1\end{pmatrix}, \dfrac{1}{\sqrt{6}}\begin{pmatrix} 1\\ 2\\ -1\end{pmatrix} ? (ii) \dfrac{1}{\sqrt{2}}\begin{pmatrix}1\\ 0\\-1\end{pmatrix}, \dfrac{1}{\sqrt{3}}\begin{pmatrix}1 \\1 \\1\end{pmatrix}, \dfrac{1}{\sqrt{6}}\begin{pmatrix}-1 \\2 \\-1\end{pmatrix} ?

Réponse : (ii)

 

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Méthode 18 :  Comment utilise-t-on les bases orthonormées?

Si (e_{1},\dots,e_{n}) est une base orthonormée de E,

\bullet si x\in E, \displaystyle x=\sum_{i=1}^{n}<x,e_{i}>e_{i} et ||x||^{2}=\displaystyle \sum_{i=1}^{n}<x,e_{i}>^{2};
\bullet si x,y\in E, si X,Y sont les matrices de x et y dans la base (e_{1},\dots,e_{n}), alors
<x,y>=(^{t}X)Y et ||x||^{2}=(^{t}X)X; \bullet si f\in \mathcal{L}(E), la matrice M=(m_{i,j})_{1\leq i,j\leq n} de f dans la base (e_{1},\dots,e_{n}) est donnée par
m_{i,j}=<f(e_{j}),e_{i}>.

Exemple : \mathbb{R}^{2} est muni du produit scalaire canonique. Si v_{1}=\dfrac{1}{\sqrt{5}}\begin{pmatrix} 1\\ 2\end{pmatrix} et v_{2}=\dfrac{1}{\sqrt{5}}\begin{pmatrix} -2\\ 1\end{pmatrix}, \mathcal{B}=(v_{1},v_{2}) est une b.o.n. de \mathbb{R}^{2}. Si x=(x_{1}, x_{2}), les coordonnées de x dans \mathcal{B} sont: (i) (\sqrt{5}(2x_{1}+x_{2}), \sqrt{5}(x_{1}+2x_{2}) ? (ii) \dfrac{1}{\sqrt{5}}(x_{1}+2x_{2}), \dfrac{1}{\sqrt{5}}(-2x_{1}+x_{2}) ?

Réponse : (ii)

Méthode 19 :  Dans un espace euclidien, comment changer de b.o.n.? Qu’est-ce qu’une matrice orthogonale?

\bullet Si \mathcal{B}=(e_{1},\dots,e_{n}) et \mathcal{B}'=(e'_{1},\dots,e'_{n}) sont deux b.o.n. de E, si P=(p_{i,j})_{1\leq i,j\leq n} est la matrice de passage de \mathcal{B} à \mathcal{B}', alors p_{i,j}=e'_{j},e_{i}. On a donc P^{-1}=^{t}\!\!P.

\bullet Une matrice carrée inversible P qui vérifie P^{-1}=^{t}\!\!P est une matrice orthogonale.

\bullet Si P est une matrice orthogonale, si \mathcal{B} est une b.o.n. de E, P est la matrice de passage de \mathcal{B} à une base \mathcal{B}' de E; alors, \mathcal{B}' est une base orthonormée de E.

\bullet Une matrice est orthogonale si et seulement si c’est une matrice de passage entre deux b.o.n. de E.

Exemple : 

P=\begin{pmatrix} 1/\sqrt{2}& 1/\sqrt{3}& -1/\sqrt{6}\\ 0& 1/\sqrt{3}& 2/\sqrt{6}\\ 1/\sqrt{2}& -1/\sqrt{3}& \lambda\end{pmatrix}. (i) P est orthogonale si et seulement si \lambda=1/\sqrt{6} ? (ii) P est orthogonale si et seulement si \lambda=-1/\sqrt{6} ? (iii) P n’est orthogonale pour aucun \lambda ?

Réponse : (i)

Méthode 20 :  Dans un espace euclidien, quelles sont les propriétés des sous-espaces orthogonaux?

\bullet Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels orthogonaux d’un espace euclidien E, alors: (i) \textrm{dim}(F)+\textrm{dim}(G)\leq \textrm{dim}(E); (ii) si \textrm{dim}(F)+\textrm{dim}(G)=\textrm{dim}(E), alors E=F\oplus G;

\bullet (i) Si F est un sous-espace vectoriel de E, alors E=F\oplus F^{\perp}; (ii) Si F\perp G et E=F\oplus G, alors G=F^{\perp}: F^{\perp} est le supplémentaire orthogonal de F.

Exemple : E est un espace euclidien de dimension 2n, n\geq 2, muni d’une b.o.n. (e_{1},\dots,e_{2n}). F=\textrm{Vect}(e_{2k})_{1\leq k\leq n}. Trouver F^{\perp}.

Réponse : Si G=\textrm{Vect}(e_{2k+1})_{0\leq k\leq n-1}, on a E=F\oplus G et F\perp G, donc F^{\perp}=G.

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