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Cours en ligne ECS2

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Couples et n-uplets de Variables Aléatoires Réelles
Introduction aux Fonctions de n Variables
Calcul Différentiel
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Cours : Introductions aux fonctions de n variables en ECS2

Résumé de cours Exercices Corrigés

Cours en ligne de Maths en ECS2

Ce cours en ligne gratuits sur les couples les introductions de n variables en ECS2 vous aidera à améliorer votre niveau en maths. Vous êtes encouragé à renforcer votre apprentissage en associant nos cours gratuits en ligne à nos cours de maths particuliers.

Vecteurs dans l’espace, Ligne de niveau et Continuité

1. Points et vecteurs dans l’espace \mathbb{R}^{n}

Méthode 1 : Comment utiliser l’espace vectoriel \mathbb{R}^{n} muni de sa structure euclidienne canonique pour des études de fonctions ?

Le produit scalaire canonique sur \mathbb{R}^{n} est défini par :

si x=(x_{1},\dots,x_{n}) et y=(y_{1},\dots,y_{n}), < x,y >=x_{1}y_{1}+\dots+x_{n}y_{n}.

La norme euclidienne associée à ce produit scalaire est définie par: \Vert x\Vert=\sqrt{< x,x >}=\sqrt{x_{1}^{2}+\dots+x_{n}^{2}}.

La base canonique de \mathbb{R}^{n} est orthonormée pour le produit scalaire canonique.

Si n=1, \Vert x\Vert=|x|. On se servira de la norme euclidienne canonique dans \mathbb{R}^{n} comme on se sert de la valeur absolue dans \mathbb{R}.

Exemple : On dira qu’un sous-ensemble E de \mathbb{R}^{n}, n\geq 2, est borné si …

(i) il existe des réels A et B tels que, pour tout x de E, B\leq x\leq A ?

(ii) il existe un réel positif A tel que, pour tout x de E, ||x||\leq A ?

Réponse :

(i) Non : l’inégalité écrite n’a pas de sens puisque x=(x_1,\dots,x_{n}) et n\geq 2.

(ii) Oui : un sous-ensemble E de \mathbb{R} est borné s’il existe un réel positif A tel que pour tout x de E, |x|\leq A; cette définition peut être généralisée
en remplaçant la valeur absolue par la norme.

Méthode 2 : Quelles sont les inégalités faisant intervenir des normes qui sont utiles à connaître ?

\bullet L’inégalité triangulaire dit: pour tous x et y de \mathbb{R}^{n}, \Vert x+y\Vert \leq \Vert x\Vert+\Vert y\Vert, et on a égalité dans cette inégalité si et seulement si x et y sont liés et de même sens: x=0 ou y=\lambda x, \lambda\geq 0.

\bullet On en déduit: pour tous x et y de \mathbb{R}^{n}, |\ \Vert x\Vert -\Vert y \Vert\ |\leq \Vert x+y\Vert, et comme pour tout t réel, |t|=\textrm{max}(t,-t), \Vert x\Vert-\Vert y\Vert\leq \Vert x+y\Vert et -\Vert x\Vert +\Vert y\Vert\leq \Vert x+y\Vert.

\bullet L’inégalité de Cauchy-Schwarz s’écrit: |< x,y >|\leq \Vert x \Vert\ \Vert y\Vert, et on a égalité dans cette inégalité si et seulement x et y sont liés.

\bullet Si x=(x_{1},x_{2}), |x_{1}x_{2}|\leq\frac{1}{2}(x_{1}^{2}+x_{2}^{2}), c’est-à-dire, |x_{1}x_{2}|\leq \frac{1}{2} \Vert x\Vert^{2}.

Exemple : Si x=(x_{1},x_{2}), on a égalité dans l’inégalité |x_{1}x_{2}|\leq \frac{1}{2}\Vert x\Vert^{2} si et seulement si …

(i) x_{1}=x_{2}

(ii) x_{1}=-x_{2}

(iii) |x_{1}|=|x_{2}|

Réponse : (iii)

L’égalité équivaut à (|x_{1}|-|x_{2}|)^{2}=0, c’est-à-dire à |x_{1}|=|x_{2}|, soit x_{1}=x_{2} ou x_{1}=-x_{2}.

Méthode 3 : Comment utiliser \mathbb{R}^{n} comme un ensemble de points ?

Si (e_{1},\dots,e_{n}) est la base canonique (orthonormée) de l’espace vectoriel \mathbb{R}^{n}, on munit \mathbb{R}^{n} du repère cartésien orthonormé(O,e_{1},\dots,e_{n}), où O est un point choisi comme origine.

Si x=(x_{1},\dots,x_{n}) appartient à \mathbb{R}^{n}, (x_{1},\dots x_{n}) peut être la liste des coordonnées d’un vecteur x de \mathbb{R}^{n} dans la base canonique de \mathbb{R}^{n}, ou la liste des coordonnées d’un point M dans le repère (O,e_{1},\dots,e_{n}).

O est alors le point de coordonnées (0,\dots,0), et on écrira: x=\overrightarrow{OM}.

Si A est le point de coordonnées (a_{1},\dots,a_{n}) et B le point de coordonnées (b_{1},\dots,b_{n}), le vecteur \overrightarrow{AB} est le vecteur de coordonnées (b_{1}-a_{1},\dots,b_{n}-a_{n}); on peut le représenter par le vecteur \overrightarrow{OK}, où K est le point de coordonnées (b_{1}-a_{1},\dots,b_{n}-a_{n}), ou par une flèche d’origine A et d’extrémité B.

On a alors \overrightarrow{BA}=-\overrightarrow{AB}, et pour tout point C de \mathbb{R}^{n}, \overrightarrow{AC}=\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}: c’est la relation de Chasles.

Enfin, il n’y a pas d’inconvénient à écrire: \overrightarrow{AB}=B-A.

Exemple : \mathbb{R}^{n}, n\geq 2, est muni du repère orthonormé (O,e_{1},\dots,e_{n}). K est le point de coordonnées (1,2,\dots,n).

Si A a pour coordonnées (a_{1},a_{2},\dots,a_{n}), quelles sont les coordonnées de A dans le repère cartésien (K,e_{1},e_{2},\dots,e_{n}) ?

Réponse : (a_{1}-1,a_{2}-2,\dots,a_{n}-n).

En effet, \overrightarrow{KA}=\overrightarrow{OA}-\overrightarrow{OK}, donc \overrightarrow{KA}=A-K=(a_{1}-1,a_{2}-2,\dots,a_{n}-n).

Méthode 4 : Comment définir la distance entre deux points de \mathbb{R}^{n} ? 

Si A et B sont deux points de \mathbb{R}^{n}, la distance de A à B est: d(A,B)=\Vert\overrightarrow{AB}\Vert. On a alors :
— pour tous points A et B, d(A,B)\geq 0, et d(A,B)=0 si et seulement si A=B;
— pour tous points A et B, d(A,B)=d(B,A);
— pour tous points A,B,C, d(A,C)\leq d(A,B)+d(B,C).

Ex: Dans le plan muni d’un repère orthonormé (O,\vec{i},\vec{j}), on donne les points A,B,C de coordonnées respectives (2,0), (0,4),(6,2).

Il existe un unique point I équidistant de A,B et C dont les coordonnées sont … ?

Réponse : (3,3)

Méthode 5 : Si A et B sont deux points de \mathbb{R}^{n}, comment définir la droite (AB)? la demi-droite d’origine A contenant B? le segment [AB] ?

La droite (AB) est l’ensemble des points M tels que \overrightarrow{AM}=\lambda \overrightarrow{AB}, \lambda\in \mathbb{R}.

La demi-droite d’origine A contenant B est l’ensemble des points M tels que \overrightarrow{AM}=\lambda\overrightarrow{AB}, \lambda\geq 0.

Le segment [AB] est l’ensemble des points M tels que \overrightarrow{AM}=\lambda\overrightarrow{AB}, \lambda\in[0,1], c’est-à-dire tels que: \\il existe un réel \lambda appartenant à [0,1] tel que \overrightarrow{OM}=(1-\lambda) \overrightarrow{OA}+\lambda \overrightarrow{OB}.
On peut dire aussi: [AB]=\{(1-\lambda) A+\lambda B|\lambda\in[0,1]\}.

Exemple : Dans \mathbb{R}^{2} muni du repère orthonormé (O,\vec{i},\vec{j}), on donne le point A de coordonnées (3,2). La courbe (L) formée de la demi-droite d’origine A dirigée par le vecteur de coordonnées (1,2) et de la demi-droite d’origine A dirigée par le vecteur (1,-2) est la courbe de la fonction f définie par :

(i) f(x)=-2|x-3|+2 ?

(ii) f(x)=2|3-x|-2 ?

(iii) f(x)=-2(|3-x|+1) ?

Réponse : (i)

(L) est l’ensemble des points M de coordonnées (x,y) tels que si x\leq 3, y=2(x-3)+2, et si x\geq 3, y=-2(x-3)+2.

Méthode 6 : Qu’est-ce qu’un hyperplan de \mathbb{R}^{n}? Quelle en est l’équation ?

\bullet Dans l’espace vectoriel \mathbb{R}^{n}, un hyperplan vectoriel est un sous-espace vectoriel de dimension n-1: dans \mathbb{R}^{2}, c’est une droite vectorielle, dans \mathbb{R}^{3}, c’est un plan vectoriel.

\bullet L’équation d’un hyperplan vectoriel de \mathbb{R}^{n} est de la forme
a_{1}x_{1}+\dots +a_{n}x_{n}=0, où (a_{1},\dots,a_{n})\neq (0,\dots,0).

\bullet Dans \mathbb{R}^{n} muni du repère (O,e_{1},\dots,e_{n}), un hyperplan (H) est un ensemble d’équation
a_{1}x_{1}+\dots+a_{n}x_{n}=c, où (a_{1},\dots,a_{n})\neq (0,\dots,0).

Il est dirigé par l’hyperplan vectoriel (H_{0}), d’équation a_{1}x_{1}+\dots +a_{n}x_{n}=0:

si A\in (H), si M est un point de \mathbb{R}^{n}, M\in (H) si et seulement si \overrightarrow{AM}\in (H_{0}).

Exemple : \mathbb{R}^{3} est muni du repère orthonormé (O,\vec{i},\vec{j},\vec{k}). Le plan d’équation 2x+3y-z+1=0 est le plan

(i) passant par A=(-1,0,-1) dirigé par \textrm{Vect}(\vec{i}-\vec{j}-\vec{k}, \vec{j}+3\vec{k}) ?
(ii) passant par A=(-1,0,-1), B=(1,-1,0) et C=(3,-2,1) ?
(iii) passant par A=(-1,0,-1) et B=(-1,1,1) et dirigé par le plan vectoriel d’équation 2x+3y-z=0 ?

Réponse : (i)

(ii) Les trois points A,B,C appartiennent au plan, mais ils sont alignés; il existe donc une infinité de plans qui contiennent ces trois points.
(iii) Les coordonnées de B ne vérifient pas l’équation du plan.

 

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2. Fonctions de plusieurs variables: définition et exemples

Méthode 7 : Comment comprendre le terme: fonction de plusieurs variables ?

Ce terme intervient dans l’étude des fonctions f:\mathbb{R}^{n}\to\mathbb{R} où n\geq 2.

A tout x=(x_{1},\dots,x_{n}) de \mathbb{R}^{n}, on associe le réel f(x). On peut écrire f(x)=f((x_{1},\dots,x_{n})), et par abus, f(x)=f(x_{1},\dots,x_{n}).

f est fonction du n-uplet (x_{1},\dots,x_{n}), ou des n variables x_{1},\dots,x_{n}.

Exemple : Si f est une fonction de \mathbb{R}^{3} dans \mathbb{R}, si x=(x_{1},x_{2},x_{3}), peut-on dire …

(i) f(2x_{1},x_{2},2x_{3})=f(2x) ?

(ii) f(2x_{1},x_{2},2x_{3})=2f(x) ?

Réponse :

(i) Non, car 2x=(2x_{1},2x_{2},2x_{3})

(ii) Non, car 2f(x)=2f(x_{1},x_{2},x_{3}).

Méthode 8 : Quelles sont les fonctions f:\mathbb{R}^{n}\to\mathbb{R} qui sont linéaires ?

Ce sont les fonctions définies par: si x=(x_{1},\dots,x_{n}), f(x)=a_{1}x_{1}+\dots+a_{n}x_{n} où a_{1},\dots,a_{n} sont des réels donnés indépendants de x.

Exemple : \lambda est un nombre réel, et f est définie par: f(x_{1},x_{2},x_{3})=2x_{1}-x_{2}+5(1-\lambda x_{1})x_{3}. Alors :

(i) f est linéaire, quelque soit la valeur de \lambda ?
(ii) f est linéaire si et seulement si \lambda=0 ?
(iii) f n’est pas linéaire, quelque soit la valeur de \lambda ?

Réponse : Seule (ii) est vraie.

Méthode 9 : Qu’est-ce qu’une fonction affine de n variables ?

Si n=1, f est affine si pour tout x réel, f(x)=ax+b où a et b sont deux réels, indépendants de x.

En général, f est affine si f(x_{1},\dots,x_{n})=a_{1}x_{1}+\dots+a_{n}x_{n}+b, où a_{1},\dots,a_{n},b sont des réels indépendants de x_{1},\dots,x_{n}.

Exemple : Peut-on dire:

(i) une fonction affine de n variables est toujours linéaire?
(ii) une fonction linéaire de n variables est toujours affine?

Méthode 10 : Qu’est-ce qu’une fonction polynomiale de n variables ? 

Une fonction f des n variables x_{1},\dots,x_{n} est polynomiale si f(x_{1},\dots,x_{n}) s’écrit comme combinaison linéaire à coefficients réels (indépendants de x_{1},\dots,x_{n}), de termes de la forme x_{1}^{k_{1}}\dots x_{n}^{k_{n}}, où k_{1},\dots,k_{n} appartiennent à \mathbb{N}.

Une somme ou un produit de fonctions polynomiales est une fonction polynomiale.

Exemple : La fonction f définie par f(x_{1},x_{2},x_{3})=2x_{1}^{2}x_{3}+(|x_{1}|+3)x_{2}^{4}+1 est-elle polynomiale ?

Réponse : Non

3. Graphes et lignes de niveau

Méthode 11 : Comment trouver le graphe d’une fonction de n variables et son équation ?

\bullet Si n=1, si f:\mathbb{R}\to\mathbb{R}, le graphe de f est le sous-ensemble G_{f} de \mathbb{R}^{2} défini par:

G_{f}=\{(x_{1},x_{2})\in \mathbb{R}^{2}|x_{2}=f(x_{1})\}. L’équation du graphe de f est x_{2}=f(x_{1}).

\bullet En général, si f:\mathbb{R}^{n}\to\mathbb{R}, le graphe G_{f} de f est le sous-ensemble de \mathbb{R}^{n+1} défini par:

G_{f}=\{(x_{1},\dots,x_{n},x_{n+1}) \in \mathbb{R}^{n+1}|x_{n+1}=f(x_{1},\dots,x_{n})\}. L’équation de G_{f} est x_{n+1}=f(x_{1},\dots,x_{n}).

Exemple : On note (x,y,z) les coordonnées d’un point de \mathbb{R}^{3}.

Alors le sous-ensemble de \mathbb{R}^{3} d’équation x^{2}-y+3z=2 est le graphe de la fonction f définie par:

(i) f(x,z)=x^{2}+3z-2 ?

(ii) f(x,y,z)=x^{2}-y+3z ?

(iii) f(x,y)=\dfrac{1}{3}(2+y-x^{2}) ?

Réponse : (iii)

(i) Non : l’équation du graphe de f est de la forme z=f(x,y).
(ii) Non : un sous-ensemble de \mathbb{R}^{3} est le graphe d’une fonction de deux variables.

Méthode 12 : Que peut-on dire du graphe de f quand f est affine ? 

Si f estune fonction affine des n variables x_{1},\dots,x_{n}: f(x_{1},\dots,x_{n})=a_{1}x_{1}+\dots+a_{n}x_{n}+b, le graphe de f est l’hyperplan de \mathbb{R}^{n+1} d’équation x_{n+1}=a_{1}x_{1}+\dots+a_{n}x_{n}+b.

Exemple : Dans \mathbb{R}^{2} muni du repère (O,\vec{i},\vec{j}), on donne les points A de coordonnées (1,2) et B de coordonnées (m,3), où m est un nombre réel.

Alors la droite (AB) :

(i) est le graphe d’une fonction affine pour tout réel m?
(ii) est le graphe d’une fonction affine si et seulement si m\neq 1?
(iii) est le graphe d’une fonction f, mais f n’est affine que si m\neq 1?

Méthode 13 : Qu’est-ce qu’une ligne de niveau d’une fonction de deux variables ?

Le plan est rapporté au repère orthonormé (O,\vec{i},\vec{j}).

Si f est la fonction qui à tout (x,y) de \mathbb{R}^{2} associe f(x,y), si k est un réel, la ligne de niveau k de f est l’ensemble L_{k}(f) des points M de coordonnées (x,y) tels que f(x,y)=k.

Exemple : On donne la fonction f qui à tout (x,y) associe x^{2}+y^{2}.
Trouver, pour tout réel k, la ligne de niveau k de f.

Réponse : Pour tout (x,y), f(x,y)\geq 0, donc si k<0, L_{k}(f)=\emptyset; si k=0, f(x,y)=0 équivaut à x=y=0, donc L_{0}(f)=\{O\}; si k>0, L_{k}(f) est l’ensemble des points M du plan tels que d(O,M)^{2}=k: c’est le cercle de centre O, de rayon \sqrt{k}.

 

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4. Continuité

Méthode 14 : Comment montrer qu’une fonction de \mathbb{R}^{n} dans \mathbb{R} est continue en un point a de \mathbb{R}^{n}? sur \mathbb{R}^{n} ?

\bullet La fonction f:\mathbb{R}^{n}\to \mathbb{R} est continue au point a de \mathbb{R}^{n} si, pour tout \epsilon>0, il existe un \alpha>0 tel que pour tout x de \mathbb{R}^{n} tel que \Vert x-a\Vert\leq \alpha, on ait |f(x)-f(a)|\leq\epsilon.

On peut dire aussi: f est continue au point a si f(x)\to f(a) quand \Vert x-a\Vert\to 0.

Pour montrer que f est continue en a, on peut essayer d’écrire |f(x)-f(a)|\leq g(\Vert x-a\Vert) où g est une fonction de \mathbb{R} dans \mathbb{R} telle que g(t)\to 0 quand t\to0.

\bullet La fonction f est continue sur \mathbb{R}^{n} si elle est continue en tout point a de \mathbb{R}^{n}.

Exemple : Montrer que la fonction x\to \Vert x\Vert est continue sur \mathbb{R}^{n}.

Réponse : Pour tous a et x de \mathbb{R}^{n}, on a: |\ \Vert x\Vert -\Vert a\Vert\ |\leq \Vert x-a\Vert. Quand \Vert x-a\Vert\to 0, par encadrement, \Vert x\Vert -\Vert a\Vert \to 0.

Méthode 15 : Comment montrer qu’une fonction est continue sans revenir à la définition ?

\bullet Pour 1\leq i\leq n, la i^{\textrm{ème}} fonction coordonnée, qui à (x_{1},\dots,x_{n}) associe x_{i}, est continue sur \mathbb{R}^{n}.

\bullet La somme ou le produit de deux fonctions continues en a (ou sur \mathbb{R}^{n}) est une fonction continue en a (ou sur \mathbb{R}^{n}).

\bullet Les fonctions polynomiales sont continues sur \mathbb{R}^{n}.

\bullet Si f et g sont continues en a et si g(a)\neq 0, f/g est continue en a; si f et g sont continues sur \mathbb{R}^{n} et si g(\mathbb{R}^{n})\subset \mathbb{R}^{*}, f/g est continue sur \mathbb{R}^{n}.

\bullet Les fonctions rationnelles (f(x)=P(x)/Q(x) où P et Q sont des polynômes) qui sont définies sur \mathbb{R}^{n} sont continues sur \mathbb{R}^{n}.

\bullet Si f:\mathbb{R}^{n}\to I, où I est un intervalle de \mathbb{R}, est continue sur \mathbb{R}^{n} et si g:I\to \mathbb{R} est continue sur I, alors g\circ f est continue sur \mathbb{R}^{n}.

\bullet Si u_{1},\dots,u_{n} sont des fonctions continues sur un intervalle I de \mathbb{R}, à valeurs réelles, et si f est continue sur \mathbb{R}^{n}, la fonction t\mapsto f(u_{1}(t),\dots,u_{n}(t)) est continue sur I.

\bullet Si u_{1},\dots,u_{n} sont des fonctions continues sur \mathbb{R}^{p}, p\in \mathbb{N}^{*}, à valeurs réelles, et si f est continue sur \mathbb{R}^{n}, la fonction de \mathbb{R}^{p} dans \mathbb{R} qui à t=(t_{1},\dots,t_{p}) associe f(u_{1}(t),\dots,u_{n}(t)) est continue sur \mathbb{R}^{p}.

Exemple : La fonction f est définie par: f(x,y)=(x^{2}+y^{2}+1)^{1/2}. On peut dire que f est continue sur \mathbb{R}^{2} parce que

(i) f est polynomiale ?
(ii)f=h\circ g où g(x,y)=x^{2}+y^{2} et h(t)=\sqrt{t}+1 ?
(iii) f=h\circ g où g(x,y)=x^{2}+y^{2} et h(t)=\sqrt{t+1} ?

Réponse : (iii)

(i) Non: la puissance 1/2 n’est pas un entier naturel.

(ii) Non: il faut prendre h(t)=\sqrt{t+1}.
5. Fonctions majorées, minorées, extrema

Méthode 16 : Quand peut-on dire qu’une fonction de \mathbb{R}^{n} dans \mathbb{R} est majorée ? minorée? bornée ?

Les définitions connues pour une fonction de \mathbb{R} dans \mathbb{R} restent valables:

Une fonction f de \mathbb{R}^{n} dans \mathbb{R} est majorée s’il existe un réel M tel que, pour tout x de \mathbb{R}^{n}, f(x)\leq M; M est alors un majorant de f.

Une fonction f de \mathbb{R}^{n} dans \mathbb{R} est minorée s’il existe un réel m tel que, pour tout x de \mathbb{R}^{n}, f(x)\geq m; m est alors un minorant de f.

La fonction f est bornée si elle est majorée et minorée.

Exemple : On peut dire

(i) f est majorée si et seulement |f| est majorée ?
(ii) f est bornée si et seulement si |f| est bornée ?
(iii) f est minorée si et seulement |f| est minorée ?

Méthode 17 : Quand peut-on dire qu’une fonction de \mathbb{R}^{n} dans \mathbb{R} admet un maximum ? un minimum ?

La fonction f:\mathbb{R}^{n}\to \mathbb{R} admet un maximum en un point a de \mathbb{R}^{n} si, pour tout x de \mathbb{R}^{n}, f(x)\leq f(a).

Elle admet un minimum en a si, pour tout x de \mathbb{R}^{n}, f(x)\geq f(a).

Exemple : On définit la fonction f par f(x,y)=x^{2}+2xy+3y^{2}+2. Alors :

(i) f n’est pas minorée ?
(ii) f admet un minimum obtenu en (-1/2,0) ?
(iii) f admet un minimum égal à 2 obtenu en un seul point ?

Réponse : (iii) car f(x,y)=(x+y)^{2}+2y^{2}+2, donc f(x,y)\geq 2, et f(x,y)=2 si et seulement si (x,y)=(0,0).

(i) Non : 2|xy|\leq x^{2}+y^{2}, donc 2xy\geq -x^{2}-y^{2}, donc f(x,y)\geq 2 y^{2}+2\geq 2.

(ii) Non : f(-1/2,0)=(1/4)+2 et f(0,0)=2.

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