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Thème culture générale prepa ECG : programme en ECG 2

Tout sur le thème de culture générale en prepa ECG : l’humanité

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En seconde année de prépa ECG, les cours de culture générale s’organisent autour d’un thème spécifique. Ce thème de culture générale en prepa ECG est identique en ECG 2 et ECT 2 et est différent du programme de culture générale en ECG 1. Ce thème est généralement publié autour du mois d’avril – mai pour l’année suivante. 

Le thème de culture générale de l’année 2026-2027 est « L’humanité ». Il remplace « Juger », thème de la session 2026. C’est donc sur cette notion que porteront les dissertations des concours 2027, pour les ECG 2 comme pour les ECT 2.

À première vue, le sujet paraît confortable : tout le monde croit savoir ce qu’est l’humanité. C’est précisément le piège. Le mot recouvre au moins trois choses différentes, une espèce biologique, une qualité morale et une communauté universelle, et c’est du frottement entre ces trois sens que naissent les vrais problèmes de dissertation. Les copies qui échouent sur ce type de thème ne manquent presque jamais de références, elles manquent de problème.

Ce que prévoit le programme de culture générale en ECG 2 et ECT 2

L’intitulé officiel de la matière est « lettres et philosophie », assuré par deux professeurs à parts égales, six heures par semaine. En seconde année, le programme de première année laisse place à l’étude d’un thème unique, renouvelé chaque année par arrêté conjoint du ministre chargé de l’éducation et du ministre chargé de l’enseignement supérieur.

Aucune œuvre n’est imposée. Le texte réglementaire laisse chaque enseignant déterminer librement les références littéraires, philosophiques et artistiques qu’il juge nécessaires. Deux classes voisines peuvent donc travailler « L’humanité » avec des corpus entièrement différents sans qu’aucune ne soit hors programme, ce qui change tout par rapport aux prépas scientifiques où trois œuvres sont fixées nationalement. La bibliographie distribuée à la rentrée par vos deux professeurs prime sur n’importe quelle liste trouvée en ligne, la présente page comprise.

Pour le détail du socle de première année, sur lequel le thème vient s’appuyer, voir le programme de culture générale en ECG 1.

Pourquoi l’humanité est un thème plus difficile qu’il n’y paraît ?

Trois sens cohabitent dans le mot. L’humanité désigne d’abord l’espèce, l’ensemble des êtres biologiquement humains. Elle désigne ensuite une qualité morale, celle qu’on invoque en disant d’un geste qu’il manque d’humanité. Elle désigne enfin une communauté, le genre humain pris comme totalité, celui auquel on attribue des droits ou un patrimoine.

Ces trois sens ne se recouvrent pas. Un individu peut appartenir à l’espèce sans être traité comme membre de la communauté, l’histoire coloniale et les génocides du vingtième siècle en fournissent la démonstration. Un être peut relever de la communauté morale sans appartenir à l’espèce, c’est la question posée par l’animal, puis par la machine. Toute copie qui se contente d’un seul sens du mot produit un devoir plat.

Trois pièges reviennent chaque année sur ce type de notion. Le premier est le catalogue historique, qui déroule Athènes, la Renaissance, les Lumières et Auschwitz sans jamais poser de question. Le deuxième est le développement édifiant, où l’on plaide pour la fraternité universelle avec conviction mais sans argument. Le troisième est la réduction biologique, qui traite l’humanité comme un fait de nature alors que le sujet est précisément de savoir si c’en est un.

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Les grands axes du thème de l’humanité en culture générale ECG 2

L’humanité comme espèce : qu’est-ce qui sépare l’homme du reste du vivant ?

La tradition a multiplié les critères de démarcation. L’homme est l’animal politique d’Aristote, celui qui vit dans la cité et non dans le troupeau (Politiques, I, 2). Il est le seul à rire chez Rabelais, le seul à disposer du langage articulé chez Descartes, qui refuse aux bêtes autre chose qu’un mécanisme (Discours de la méthode, cinquième partie). Il est chez Rousseau l’être perfectible, capable de se transformer lui-même là où l’animal reste ce que la nature en a fait (Discours sur l’origine de l’inégalité). Chez Pascal, il tient sa dignité de sa faiblesse même, roseau mais roseau pensant.

L’intérêt du thème commence quand on observe que chacun de ces critères s’effondre à l’examen. Montaigne le fait dès l’Apologie de Raymond Sebond, où la présomption humaine est décrite comme une maladie plutôt que comme un privilège. Darwin achève le travail en réinscrivant l’espèce dans une continuité, et l’éthologie contemporaine retire un à un les propres de l’homme, outil, culture, transmission, conscience de la mort. Vercors en tire une fable très utile dans Les Animaux dénaturés : dès qu’un être se situe exactement à la frontière, aucun tribunal ne sait plus dire s’il faut le protéger ou l’exploiter.

Le problème à formuler est donc moins « qu’est-ce que l’homme ? » que : pourquoi avons-nous besoin de tracer cette frontière, et qui profite de l’endroit où elle passe ?

L’humanité comme valeur, et son envers

L’autre sens du mot est normatif. Pic de la Mirandole fait de l’homme un être sans nature fixée, libre de se façonner, ce qui fonde sa dignité (De la dignité de l’homme). Kant en donne la formulation décisive : il faut traiter l’humanité, en sa propre personne comme en celle d’autrui, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen. L’humanité cesse alors d’être un fait constatable pour devenir une exigence.

Cette exigence rend possible son contraire. La notion juridique de crime contre l’humanité, introduite par le statut du tribunal de Nuremberg en 1945, dit exactement cela : certains actes n’atteignent pas seulement des victimes, ils attaquent l’appartenance commune. Primo Levi construit Si c’est un homme autour de cette question posée au lecteur plutôt qu’au déporté. Robert Antelme, dans L’Espèce humaine, soutient une thèse qui reste l’une des plus fortes du corpus : le bourreau n’a pas réussi à faire sortir sa victime de l’espèce, et c’est justement pour cela qu’il a échoué. Hannah Arendt déplace encore le problème en montrant, avec Eichmann, que l’inhumanité la plus massive peut être l’œuvre d’un homme banal.

L’axe se resserre ainsi : l’inhumain n’est pas extérieur à l’humanité, il en est un possible permanent. Camus en tire dans L’Homme révolté la formule qui sert de contrepoint, la révolte contre l’injustice faisant apparaître un nous là où il n’y avait qu’un moi.

L’humanité comme communauté : un universel contesté

Térence a donné à cet axe sa devise, rien de ce qui est humain ne m’est étranger. L’histoire réelle de la notion est beaucoup moins accueillante. La controverse de Valladolid, en 1550 et 1551, oppose Las Casas à Sepúlveda sur une question qui devrait n’en être pas une, celle de savoir si les Indiens relèvent pleinement du genre humain. Montaigne, dans Des cannibales, retourne le procédé en montrant que la barbarie est toujours celle du voisin. Lévi-Strauss en fait une loi de fonctionnement dans Race et histoire : l’ethnocentrisme consiste à faire de sa propre culture la mesure de l’humain.

La Déclaration de 1789 proclame les droits de l’homme, et Olympe de Gouges doit écrire deux ans plus tard une déclaration des droits de la femme pour rappeler que l’universel proclamé ne l’était pas. Fanon montre dans Peau noire, masques blancs que le colonisé n’accède pas à l’universel proposé, il se voit assigné une place. Ces textes ne réfutent pas l’idée d’humanité commune, ils obligent à demander qui la définit et à quelles conditions elle inclut.

L’axe se prolonge vers le cosmopolitisme kantien de Vers la paix perpétuelle, puis vers ses traductions institutionnelles, tribunaux internationaux, patrimoine commun de l’humanité, dont l’efficacité fait un excellent matériau de troisième partie.

H3. Les frontières de l’humain : technique, machine, vivant

Le dernier axe est celui où le thème rejoint l’actualité, à manier avec prudence car il attire les copies bavardes. Frankenstein de Mary Shelley pose la matrice, la créature réclame une place dans la communauté et se la voit refuser. Günther Anders décrit dans L’Obsolescence de l’homme un être devenu inférieur aux machines qu’il produit. Hans Jonas, avec Le Principe responsabilité, invente une obligation nouvelle, celle que nous devons à une humanité future qui ne peut rien exiger de nous. Philip K. Dick fait de l’empathie le seul test disponible, et le rend défaillant.

Foucault donne enfin la position la plus radicale : dans Les Mots et les choses, l’homme est une invention récente du savoir occidental, et rien n’interdit qu’elle s’efface. L’intelligence artificielle et l’Anthropocène remettent la question sous une forme neuve. Se demander si une machine pense revient à se demander ce que nous croyons être seuls à faire, et parler d’ère anthropocène revient à faire de l’espèce une force géologique, donc à la penser comme totalité responsable.

Sujets possibles au concours

Les énoncés tombent sous trois formes, la question, le groupe nominal sec et l’énoncé à deux termes. S’entraîner sur les trois est indispensable, un groupe nominal ne se problématise pas comme une question fermée.

  • Y a-t-il une nature humaine ?
  • L’humanité s’apprend-elle ?
  • Qu’est-ce que traiter quelqu’un comme un homme ?
  • Les frontières de l’humain
  • Peut-on parler au nom de l’humanité ?
  • L’humanité a-t-elle une histoire ?
  • Devons-nous quelque chose à l’humanité future ?
  • Le monstre et l’homme
  • L’humanité se juge-t-elle à la façon dont elle traite ce qui n’est pas elle ?
  • Une humanité sans hommes
  • Qui décide de ce qui est humain ?
  • L’inhumain est-il humain ?

Où le thème tombe-t-il aux concours ?

Seule la dissertation porte sur le thème de l’année. C’est un point que beaucoup de candidats découvrent trop tard : l’étude et synthèse de textes de la BCE ainsi que le résumé de texte d’Ecricome reposent sur des corpus sans rapport avec lui, et l’oral de culture et sciences humaines de HEC Paris interroge la culture générale du candidat en dehors du thème. Le travail de première année continue donc de servir jusqu’aux oraux de juillet.

Le calendrier laisse peu de marge. Les écrits Ecricome se tiennent à la mi-avril, la dissertation de culture générale occupant une matinée de quatre heures, et les écrits BCE suivent à la fin du mois, ouverts par cette même dissertation. Entre la publication du thème en mai et la première épreuve, il reste onze mois, dont deux d’été.

Les coefficients se vérifient école par école sur les sites de la BCE et d’Ecricome, chaque établissement appliquant les siens. Le détail des épreuves et des pondérations figure sur la page consacrée au programme de culture générale en ECG 1.

Comment travailler le thème sur l’année ?

L’été sert à lire, pas à couvrir. Deux ou trois œuvres complètes valent mieux que quinze résumés, parce qu’une référence de seconde main s’entend immédiatement en colle et se voit encore mieux dans une copie. Un roman, un texte philosophique et un essai contemporain suffisent à entrer dans le thème avec de la matière propre.

Le réflexe qui change tout à partir de septembre consiste à ficher par notion plutôt que par auteur. En première année, le classement par auteur était efficace. Sur un thème unique, il devient inutilisable le jour du concours, parce qu’un sujet ne demande jamais Kant, il demande la dignité, l’universel ou la responsabilité. Un même passage doit donc pouvoir être rangé sous deux ou trois entrées différentes.

Le carnet de citations se constitue en parallèle, avec une règle simple, aucune citation sans son contexte d’énonciation. Une formule sortie de son argument produit un contresens que les correcteurs relèvent systématiquement.

Reste l’entraînement écrit, le seul point sur lequel personne ne triche. La dissertation ne s’apprend pas en lisant des copies notées 20 mais en rédigeant des introductions, une par semaine si possible, jusqu’à ce que problématiser cesse de prendre une heure. Ceux qui bloquent sur ce passage du savoir au problème gagnent souvent plus en quelques séances de cours de culture générale ou de cours particuliers de philosophie qu’en trois lectures supplémentaires, parce que le blocage porte sur la méthode et non sur les connaissances. Un stage de intensif en prépa ECG 2 pendant les vacances poursuit le même objectif sur un format resserré, en repartant des copies déjà rendues plutôt que de reprendre le cours à zéro.

Un mot enfin sur les fiches produites par une intelligence artificielle. Elles donnent l’illusion d’avancer et coûtent cher à l’écrit, parce qu’elles produisent des références lisses, souvent inexactes dans le détail et immédiatement reconnaissables par un correcteur qui lit trois cents copies sur le même thème.

Questions fréquentes sur le programme de la culture générale en ECG2

Quel est le thème de culture générale en ECG 2 en 2026-2027 ?

Le thème est « L’humanité ». Il a été fixé par l’arrêté du 22 avril 2026, publié au Bulletin officiel n° 21 du 21 mai 2026, et il remplace « Juger », thème de l’année 2025-2026. C’est donc le thème du concours 2027, pour les étudiants qui entrent en deuxième année en septembre 2026.

Le thème de culture générale est-il le même en ECG 2 et en ECT 2 ?

Oui, l’arrêté fixe un thème unique pour les deux voies. Les sujets tombés aux concours ne sont en revanche pas les mêmes. À la BCE, les ECG et les ECT ont des énoncés distincts et plusieurs sujets circulent selon les groupes d’écoles. À Ecricome, l’épreuve est mutualisée entre les cinq écoles de la banque. Le thème est donc commun, le sujet non.

Le thème de l'année tombe-t-il à toutes les épreuves de culture générale ?

Non, et la confusion est fréquente. Seule la dissertation porte sur le thème. L’étude et synthèse de textes de la BCE ainsi que le résumé de texte d’Ecricome reposent sur des corpus sans lien avec lui. L’oral de culture et sciences humaines de HEC Paris interroge lui aussi la culture générale du candidat en dehors du thème. Les lectures de première année servent donc jusqu’aux oraux de juillet.

Y a-t-il des œuvres imposées sur le thème de l'humanité ?

Non. Le programme officiel laisse chaque professeur déterminer librement les textes littéraires, philosophiques ou artistiques qu’il juge nécessaires. Deux classes voisines peuvent traiter le même thème avec des corpus entièrement différents sans qu’aucune ne soit hors programme. C’est la différence majeure avec les prépas scientifiques, où trois œuvres sont fixées nationalement. La bibliographie remise à la rentrée par vos deux professeurs reste la seule référence qui compte.

Comment travailler le thème pendant l'été avant l'ECG 2 ?

Deux ou trois œuvres lues en entier valent mieux que quinze résumés. L’objectif n’est pas de couvrir le thème mais d’avoir de la matière personnelle à mettre en tension dès les premières colles de septembre. Le réflexe utile consiste à ficher par notion plutôt que par auteur, puisqu’un sujet de concours ne demande jamais un auteur mais une notion comme la dignité, l’universel ou la responsabilité.

Quand connaîtra-t-on le thème de culture générale de la session suivante ?

Le calendrier est stable d’une année sur l’autre. Le thème passe devant le Conseil supérieur de l’éducation fin mars, l’arrêté est signé en avril et la publication au Bulletin officiel intervient en mai. Des noms circulent souvent dès le mois de mars dans les milieux de la prépa, mais rien n’est acquis avant la parution de l’arrêté, qui a déjà démenti des rumeurs par le passé.

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